Le livre de poche

ALLAIS Alphonse – A la une

Réf: rf-ldp1601
1,50 € TTC
 En stock
Ajouter au panier
Description
Avis

Choix de 43 contes avec les illustrations de Siné

Extrait 1 de « La vérité sur l’homme coupé en morceaux dévoilée par l’assassin lui-même »

   En quel trouble me jeta la lettre que voici, de quelle perplexité s’agite, à ces confidences, mon esprit désemparé, les gens de cœur, les gens d’élite qui forment la clientèle du Journal le concevront sans peine.

« A Monsieur Alphonse Allais, principal rédacteur du Journal, 100 rue Richelieu, Paris.

   « Monsieur le rédacteur,

   « La lecture de vos écrits m’a souvent révélé l’étroite intimité qui vous lie à la personne de M. Lépine, le bien connu chef de la police parisienne.

   « Aussi ne saurais-je m’adresser à meilleur intermédiaire que vous, monsieur le rédacteur, pour projeter sur l’affaire dite de l’»Homme coupé en morceaux » la lueur destinée à en dissiper les soi-disant épaisses ténèbres.

   « Peu de jours après la découverte des funèbres débris que vous savez, et devant l’impuissance policière, certains plaisantins d’esprit facile rééditèrent l’antique facétie : « Ne cherchez pas le ou les assassins. Ce garçon-là s’est suicidé. »

   « Eh bien, cher monsieur, pour une fois, comme dit Kistmaeckers, les plaisantins d’esprit facile avaient raison : « Ne cherchez pas le ou les assassins. Ce garçon-là s’est suicidé. »

   « Il s’est suicidé, c’est-à-dire – précisons – qu’il est mort, de sa propre volonté, à l’exacte minute qu’il désirait.

   « Si ce n’est pas là du suicide, alors monsieur le rédacteur, qu’est-ce qu’il vous faut ?

   « Comme instrument de son trépas, il ne choisit aucun des stratagèmes personnels jusqu’à aujourd’hui d’usage en telle fin : il préféra la main d’un ami.

   « Ce mot exige, et au plus tôt, une explication.

 

Extrait 2 de « Le mardi à travers les âges »

   Hier matin, quand ma petite bonne eut cargué les jalousies de mes fenêtres, je demandai :

   « Dites-moi, Lucie, quel jour est-ce aujourd’hui ?

   - C’est aujourd’hui mardi », me répondit-elle de son petit air effronté qui commence à me déplaire singulièrement.

   Mardi ! C’était aujourd’hui Mardi ! Et tout en m’habillant, je ne savais me défaire d’un trouble étrange, d’une mystérieuse mardipathie qui me faisait dire et mille fois répéter : C’est aujourd’hui Mardi !

   Mardi ! Quel monde de souvenir, quel océan d’espoirs n’évoque-t-il pas, ce simple mot : MARDI.

   Vous ne trouvez pas ? Moi, si !

   L’institution du Mardi remonte aux temps les plus reculés.

   Quand le Bon Dieu, qui ne se contente pas d’être le Grand Architecte de l’Univers que l’on sait, mais qui est encore un remarquable chimiste, un physicien qui connaît son affaire et un astronome de réel mérite ; quand le Bon Dieu, dis-je, eut enfin mis un peu d’ordre dans cette anarchie du chaos et que, par des procédés tenus secret jusqu’à présent, il eut séparé les matières solides de l’élément liquide (électrolyse, sans doute), il adopta le système qui consiste à alterner, sept fois par semaine, la lumière et les ténèbres.

 

Extrait 3 de « Une petite femme bien moderne »

   Il y avait une fois une petite femme rudement gentille et qui avait oublié d’être bête, je vous en fiche mon billet.

   Son mari, lui était laid comme un pou, et bête comme un cochon.

   Les sentiments que la petite femme nourrissait à l’égard de son mari n’auraient pas suffi (pour ce qui est de la température) à faire fondre seulement deux liards de beurre, cependant que lui se serait, pour sa petite femme, précipité dans les flammes ou dans l’eau, sur un signe d’icelle.

   Des faits de telle nature sont, d’ailleurs, fréquemment constatables en maint ménage contemporain.

   Cette gentille petite dame et ce vilain homme croupissaient dans une indigence fâcheuse. L’or ne foisonnait pas dans leur coffre-fort ; et même, ils n’avaient pas de coffre-fort.

   L’homme lui, s’en serait fichu pas mal, d’être pauvre avec quatre sous de charcuterie et un veston d’alpaga, il se trouvait heureux – mais pour sa jolie petite épouse, il souffrait de cette pauvreté et des voisins l’entendirent souvent répéter :

   « Mon Dieu, c’est-y embêtant d’être aussi nécessiteux. »

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 1601 de 1972, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 192 pages

 



Aucun avis n'a encore été laissé sur ce produit, soyez le premier à laisser votre avis.
Produits pouvant vous intéresser