Fleuve Noir

ARNAUD G.-J. – Un amiral pour le Commandeur

Réf: esp-fne784
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Description
Avis

Extraits

1/   A chaque visite, le commandeur Serge Kovask retrouvait son chef encore vieilli, le visage ravagé, le corps accablé. Un mal implacable rongeait les forces du commodore Gary Rice et le patron du service action de l’ONI, service secret de la marine américaine, semblait se cramponner, lutter avec une énergie désespérée. L’officier supérieur appréhendait l’instant de la retraite. Il savait que beaucoup de gens souhaitaient son départ, son remplacement par un homme plus souple, acceptant de se soumettre à certaines obligations. En fait son ennemi principal, demeurait la CIA. Le vieux marin avait organisé son service pour lutter contre l’influence écrasante de l’agence dans tous les milieux, et en des années de lutte acharnée et souvent cruelle avait grignoté son terrain de manœuvre, lui arrachant notamment les questions concernant la Marine US, par extension la surveillance des bases maritimes à l’étranger. Du contre-espionnage actif, le commodore avait débordé le renseignement extérieur, remportant des succès plus qu’honorables. Sous Kennedy son service avait reçu le soutien de la Maison Blanche, où l’on venait de découvrir avec inquiétude la trop grande puissance de la CIA. Depuis ce soutien était devenu plus discret, mais se maintenait en dépit des vents et marées.

   Ce matin-là, le commander Serge Kovask eut l’impression que c’était le commencement de la fin pour son chef. Visiblement à bout de forces, le commodore l’avait accueilli d’un sourire chaleureux mais fatigué. Seul le regard gardait toute sa jeunesse.

   - Asseyez-vous, Serge. Vous pouvez fumer… Le système d’épuration d’air fonctionne bien. En pleine forme ?

   Le commander inclina la tête.

   - Tant mieux, se réjouit le commodore. L’affaire qui nous préoccupe aujourd’hui est d’une importance capitale. Si nous pouvons apporter le dossier complet sur la table du président, notre service n’aura plus besoin de faire ses preuves pendant longtemps. Il sera enfin reconnu comme l’un des meilleurs.

   - Un sourire crispé tordit ses lèvres.

   - Après, je pourrai me faire opérer… Il paraît que ça presse… On ne m’accorde qu’une semaine de sursis… Après trois mois d’absence… Enfin si tout va bien. Sinon…

 

2/   Malgré toutes les précautions prises, la nouvelle se répandit en ville, atteignit le port vers le soir. Un marin de l’Utah qui comprenait le russe la ramena de l’un des restaurants des quais. Kovask et Longwood, qui tuaient le temps en jouant aux échecs, apprirent donc qu’un officier supérieur de la marine avait été trouvé mort dans son bureau. On parlait de crise cardiaque.

   Sans autre précision sur l’identité du disparu, ils se demandèrent s’il ne s’agissait pas de leur homme.

   - Un seul moyen de le savoir, dit Kovask. Irina Romina et son amant doivent dîner ce soir à la Maison de l’Ukraine.

   - Leur absence ne prouvera rien, rétorqua Longwood. En raison de la mort de son collègue, l’amiral qui nous intéresse peut s’abstenir de se montrer dans les lieux publics.

   - De toute façon, nous irons dîner là-bas.

   - Pensez-vous qu’il s’agisse d’un suicide ? Dans ce cas, l’amant d’Irina Romina risque d’être très impressionné et d’accepter de filer se mettre à l’abri.

   Kovask pensait que l’événement ne pouvait que précipiter les choses. Au cas où cette mort la toucherait de près, Irina ne songerait plus qu’à se venger et leur livrerait les documents promis.

   Les deux agents de l’ONI étudièrent avec soin les photographies que leur avait remises le commodore Gary Rice avant leur départ. Il s’agissait de documents reproduisant d’anciennes coupures de presse. Ainsi, il y avait Pennsylvania Avenue, des milliers de clichés représentant les marins russes de quelque importance.

   La Maison d’Ukraine était certainement l’endroit chaud de la vie nocturne. Le folklore de la grande république y était abondamment représenté. Dès l’entrée, on se débarrassait de ses vêtements d’extérieur auprès d’une solide fille aux nattes blondes, vêtue d’un corsage brodé, d’un tablier de tapisserie recouvrant la jupe et de bottes de cuir souple. Une couronne de fleurs ornait sa tête, mais marguerites et boutons d’or n’étaient qu’une imitation en plastique.

   La salle était immense et comportait près de cent tables disposées sans ordre, contrairement à ce que Kovask avait pu voir dans les grands restaurants de Moscou. Il gardait le souvenir de files impeccables, d’une atmosphère guindée, très formaliste.

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir Espionnage 784 année 1970, état général correct, couverture souple tranche et dos moyennement marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,7 cm, 256 pages.



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