Fleuve Noir
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ARNO Marc – La mort en forêt

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Description
Avis

Extraits

1/   Pete Gibbs considéra Barclay d’un air éminemment soupçonneux.

   - Tu ne crois quand même pas que je vais avaler ça ? ironisa-t-il.

   - Je n’ai aucune raison de te raconter des histoires, répliqua Barclay. C’est bien comme ça que cela s’est passé. Il n’y a rien à ajouter de plus.

   Pete Gibbs fronça le nez avec un bref ricanement sarcastique.

   - Avoue plutôt que la fille était à ton goût et que tu as voulu batifoler un tout petit peu avec elle ! Manque de chance, un de ses copains est arrivé au mauvais moment…

   Barclay poussa un soupir. On est toujours victime de sa réputation !

   - Depuis le temps, je commence à te connaître, poursuivit Pete d’un ton sardonique. Dès qu’un jupon pas trop mal rempli se profile à l’horizon, tu crois que c’est arrivé ! Personnellement, je suis ravi que tu te sois cassé le nez pour une fois. Cela te servira de leçon…

   Arès ça, faites confiance aux amis pour vous plaindre !

   Tandis que Pete embrayait sur une des tirades aussi hautement moralisatrices qu’édifiantes dont il possédait le secret, Barclay renonça à défendre sa cause. Dès qu’il s’agissait d’histoire de filles, Pete était désespérément rétrograde et vertueusement réprobateur.

   Inutile de chercher à l’interrompre quand il s’embarquait sur ce sujet. Barclay entreprit donc de subir en silence un sermon que n’aurait sûrement pas désavoué le pasteur le plus rigidement puritain s’adressant du haut d’une chaire à une foule d’abominables pécheurs.

   Pete avait raté sa vocation !

   Dans le petit bureau qui servait à la fois de secrétariat et de salle d’attente, la machine à écrire de Cynthia crépitait avec allégresse. Mieux valait qu’elle n’entende pas. Bien que fiancée et résolument fidèle à son ingénieur de futur mari, elle aurait sans doute le plus grand mal à ne pas éclater de rire devant l’expression saintement courroucée de Pete.

   L’Ange de feu, flétrissant les Sodomites, devait avoir à peu près cette tête-là !

   Lorsqu’ils se trouvaient ensemble, les deux hommes offraient l’image d’un contraste saisissant. Dépassant le mètre quatre-vingt-cinq, tout en muscles, Barclay possédait une chevelure et des yeux également noirs qui conféraient à son visage hâlé une sorte de brutalité séduisante qui plaisait incontestablement à la plupart des femmes.

 

2/   Barclay régla la puissance du climatiseur au maximum. Puis il alla ouvrir le classeur-bar-réfrigérateur, se servit un jus de fruit et ajouta plusieurs glaçons.

   Il avait déjeuné en vitesse dans un petit restaurant italien où il lui arrivait de prendre ses repas quand il était pressé. Le cuisinier devait être tombé furieusement amoureux depuis la dernière fois. Sur le moment, Barclay avait eu l’impression d’avaler un volcan, tellement les plats étaient épicés. Maintenant, c’était comme si une coulée de lave continuait à li naviguer dans la bouche et dans l’œsophage. Il se sentait presque capable de descendre une mouche en flammes rien qu’en lui soufflant dessus.

   Avalant précipitamment une gorgée, il conserva un glaçon entre la langue et le palais dans l’espoir de combattre l’incandescence dévorante de ses muqueuses.

   L’incendie consentit à s’atténuer quelque peu au bout d’un instant.

   Barclay n’était pas revenu à l’agence dans le seul but d’attendre la fin de la canicule dans la fraîcheur de son bureau. Il avait été convenu que Pete téléphonerait pour le mettre au courant dans l’hypothèse où il aurait obtenu du nouveau auprès de la police. S’il n’appelait pas, cela voudrait dire que son enquête n’avait pas progressé.

   Tout en constatant que la bouteille d’Old Crow atteignait la cote d’alerte et qu’il fallait songer à la remplacer, Barclay se prépara un second jus de fruit. Puis il alla s’asseoir dans son fauteuil et se mit à sucer un nouveau glaçon. La prochaine fois qu’il retournerait au même restaurant, il éviterait les assaisonnements et se contenterait de pâtes au beurre !

   Confortablement avachi contre son dossier, les jambes étendues sur le bureau, il entreprit de faire un vide scrupuleux dans son esprit.

   Cynthia ne travaillait qu’à mi-temps, le matin. Le bruit de sa machine à écrire ne risquait donc pas de venir brusquement le troubler. D’autre part, le ronronnement feutré du climatiseur et le murmure assourdi de la circulation entretenaient un léger fond sonore comparable à une berceuse et tout à fait propice à un engourdissement sans heurt.

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir Spécial police 971 année 1972, état général correct, couverture souple tranche et dos moyennement marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,7 cm, 240 pages.



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