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ASIMOV Isaac – Une bouffée de mort

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Description
Avis

Titre original « A wiff of death » Isaac Asimov, 1958.

Traduit de l’américain par Michel Duchein

Extrait 1

   Doris fixa son mari, les yeux écarquillés.

   - Tu plaisantes ! répliqua-t-elle, avec un petit rire irrité. Qu’ont dit les policiers ?

   - Ils pensent que c’est un accident.

   - Alors, laisse-les se débrouiller.

   - Ils ne savent pas tout. Ils ne sont pas chimistes.

   - Qu’est-ce que ça change ?

   Brade contempla rêveusement ses mains. Il commençait à avoir mal à la tête, et la lumière lui brûlait les yeux. Il éteignit le lampadaire et se sentit mieux ; le tube fluorescent de la cuisine suffisait bien pour éclairer la salle de séjour.

   - L’acétate et le cyanure de sodium étaient peut-être dans des flacons identiques, et Ralph aurait pu ouvrir l’un à la place de l’autre ; mais il se serait aperçut aussitôt de son erreur.

   - Pourquoi ?

   - Les deux produits se présentent sous la forme de cristaux blancs, et le policier chargé de l’enquête n’a pas cherché plus loin. Mais c’est une ressemblance superficielle. – Je me suis bien gardé de le lui faire observer -. L’acétate de sodium absorbe davantage l’humidité atmosphérique que le cyanure, de sorte que les cristaux collent les uns aux autres. Un chimiste habitué à prendre l’acétate à la spatule, comme Ralph, se serait rendu compte aussitôt qu’il y avait maldonne, même s’il avait eu les yeux bandés.

   Doris s’assit sur le canapé en face de son mari, vaguement menaçante dans la pénombre. Ses mains formaient une tache blanche sur sa robe noire.

   - En as-tu parlé à quelqu’un d’autre que moi ? demanda-t-elle.

   - Non.

   - Cela ne m’aurait pas étonnée. A certains moments tu es un peu bizarre, mais cette fois-ci je me demande si tu n’es pas devenu fou.

   - Pourquoi fou ?

   - Littleby t’a virtuellement promis de te nommer professeur titulaire cette année. Tu me l’as dit.

   - Pas du tout. Il m’a simplement fait observer que j’attendais depuis onze ans et que c’était suffisant. Cela peut aussi bien signifier qu’il s’apprête à me demander ma démission ou à me renvoyer, comme dit Ginny. Tu l’as entendue, j’imagine, quand elle m’a sorti ça tout à l’heure ?

   - Oui.

   - Qu’est-ce qui a pu lui donner une idée pareille ?

   - Sans doute nous a-t-elle entendus en parler. Elle n’est pas sourde, et elle à l’âge de comprendre.

   - Crois-tu que ce soit bien de notre part de lui enseigner ainsi l’insécurité ?

 

Extrait 2

   - Peur de moi ? répéta Brade avec violence. (Ce coup-là était encore pire que la révélation de Jane Makris.) Mais pourquoi, Charlie ?

   - Ne me demandez pas, Monsieur. Je n’en ai pas la moindre idée.

   Le professeur et l’étudiant s’observèrent mutuellement pendant quelques instants, Brade commençait à se sentir perdu devant l’évolution des événements. Tout lui échappait dans cette affaire : le crime semblait impossible, à moins qu’il ne fût lui-même l’assassin ; il paraissait aussi inexplicable, à moins qu’il n’eût lui-même un mobile… mais quel mobile ?

   - Etes-vous sûr de ce que vous dites ? demanda-t-il enfin. Il faut que je tire cela au clair. Si Ralph avait une raison de me craindre, je dois la savoir.

   Emmett rougit jusqu’à la racine des cheveux.

   - Je… je ne devrais peut-être pas le dire, mais si vous y tenez vraiment… à condition de ne pas dire que c’est moi qui vous ai aiguillé…

   - Eh bien ?

   - Je sais qui pourrait vous renseigner.

   - Qui ?

   - Roberta.

   - Roberta Goodhue ? (C’était l’étudiante de doctorat qui partageait le laboratoire d’Emmett).

   - Oui, Monsieur. Je… je n’ai pas voulu être indiscret, mais vous savez, on travaille ensemble, alors je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer des choses… bien qu’ils aient été très discrets tous les deux…

   Brade, de plus en plus stupéfait, s’apercevait que décidément, il ne connaissait rien de ses étudiants.

   - Que voulez-vous dire ? quelque chose entre Roberta et Ralph ?

   - Oh sûrement rien de grave, Monsieur. Simplement, je sais qu’ils sont sortis ensemble, une ou deux fois. Rien de plus. Mais vous savez comment ça se passe… on parle plus facilement à une fille qu’on invite à dîner qu’à des copains dans le tumulte du réfectoire.

   - Je vois. Avez-vous vu Roberta aujourd’hui ?

   - Non, Monsieur.

   - Est-elle au courant de la mort de Ralph ?

   - Je crois que oui. J’ai entendu Miss Markris lui téléphoner.

   Brade eut l’impression de surprendre l’ombre d’un sourire sur les lèvres du jeune homme, mais trop fugitivement pour en être sûr.

   - Merci, Charlie. Vous m’avez été d’un grand secours.

   - Vous ne direz pas à Roberta que c’est moi qui vous ai mis au courant ?

 

Descriptif

Editions France Loisirs année 1975, état général moyen, Jaquette avec de petits accrocs, couverture rigide, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, livre d’occasion relié grand format de 13,8x20,8 cm, 252 pages   



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