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BARNES Zoë – Peinture fraîche

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Description
Avis

Titre original « Hot Property » Zoë Barnes, 1999

Traduit de l’anglais par Laura Contartese

Extrait 1

   La petite porte de Paradise Cottage s’ouvrit d’une dizaine de centimètres avant d’être bloquée par la chaîne de sécurité. Un œil apparut dans les ténèbres de l’autre côté.

   - Fiche le camp !

   Le visiteur inséra son nez dans l’entrebâillement.

   - Allez, Ted, vieux bougre, implora-t-il d’une voix suave. Ouvre la porte.

   - Pourquoi je ferais ça ?

   - Je veux juste jeter un œil, dit-il en remontant le col de sa veste pour se protéger du vent mordant de ce mois de mars. Allez, il fait un froid de canard dehors. Et puis, tu ferais aussi bien de me laisser entrer, parce que cette maison sera bientôt à moi.

   - Ouais, ben c’est là que tu te trompes, répliqua l’homme invisible. Parce que le notaire, il croit avoir trouvé l’héritière légitime. Alors tu ferais bien de te barrer d’ici et de me ficher la paix !

   Le visiteur ne parut pas perturbé outre mesure.

   - Parfait. Alors je la lui rachèterai. D’une manière ou d’une autre, Paradise Cottage sera à moi.

   Lorsque Claire entra dans son bureau, Owen Pendle se leva pour venir l’accueillir, la main tendue.

   - Miss Snow, bonjour, je suis Owen. Asseyez-vous, je vous en prie.

   - Merci, dit-elle, déboutonnant son manteau et prenant un siège.

   Pendle faisait partie de ces gens qui ne ressemblent pas à leur voix : il était plus petit d’au moins trente centimètres qu’il n’en avait l’air au téléphone, quelques années plus jeune, et bien plus velu. Une impression renforcée par son pantalon en velours côtelé maculé de taches de café, son gros pull beige et le même genre de cheveux blonds et mousseux à l’implantation bizarre dont la nature avait affublé Arthur Garfunkel. Plutôt décevant, pensa Claire : plus proche du mouton de Wallace et Gromit que de Perry Mason.

   - C’est gentil à vous d’avoir accepté de me recevoir si tard, dit-elle, histoire de briser la glace.

   - Du tout, du tout. Je suis même navré que vous ayez dû attendre deux jours avant d’obtenir un rendez-vous. Je sais bien que tout cela a dû vous faire un choc.

   - Oui, plutôt, confirma Claire. Monsieur Pendle…

   - … Owen, je vous en prie.

   - A propos de ce testament. Etes-vous vraiment certain que j’en suis la bénéficiaire ?

   Le jeune notaire choisit un dossier marron dans une pile sur son bureau, dénoua son ruban rouge et le passa en revue, trouvant finalement le document qu’il cherchait.

 

Extrait 2

   - Papa ?

   Les pleurs d’un bébé recouvrirent la voix de l’homme à l’autre bout du fil.

   - Helen, ma chérie, je crois qu’il faut encore changer Izzy, tu pourrais… ? Merci.

   Puis la voix retentit à nouveau, plus claire cette fois :

   - Désolé, je n’ai pas bien entendu.

   - C’est moi, papa, Claire, dit-elle, coinçant le téléphone sous son menton et se pelotonnant sur le canapé.

   A travers les petits carreaux des fenêtres de son appartement, elle voyait toutes les terres du Manoir Brockbourne, jusqu’aux collines ondoyantes dont l’herbe vert tendre rayonnait sous le soleil printanier.

   - Claire, mon cœur, comment vas-tu ?

   - Très bien.

   - Et ton boulot ? Tu n’en as pas encore marre ?

   - Mon boulot, ça va, répondit-elle en ignorant la pique. Papa, j’ai des nouvelles à t’annoncer. La grand-tante Mary est morte et elle m’a laissé son cottage.

   Il y eut un instant de silence. Dans le fond, Claire percevait la voix d’une jeune femme qui chantait tout doucement : « Tourne, tourne, petit moulin… »

   - Papa, tu es là ? Qu’est-ce que tu en penses ? Tu comprends ce qui se passe ? Que dois-je faire ?

   - Oh, là, tout doux, il faut que je m’asseye. Répète ça ? La tante de ta mère t’a laissé son quoi ?

   - Son cottage. J’ai réagi exactement comme toi quand le notaire m’a appelée. Je croyais que c’était une erreur, mais non. J’ai essayé de te joindre plusieurs fois la semaine dernière, ajouta-t-elle avec un soupçon de reproche dans la voix, mais tu n’étais jamais là.

   - Ah non, nous étions absents. Sally et moi sommes partis quelques jours aux lacs, tu sais bien, c’est tellement difficile d’arriver à poser la même semaine de congé. Et puis c’était génial pour Izzy. Elle a caressé une vache pour la première fois !

   Claire ressentit une pointe de jalousie, et s’en voulait aussitôt d’être si infantile. Son père les avait élevés tout seul, elle et Peter, pendant des années ; pourquoi n’aurait-il pas le droit d’épouser une femme de deux ans de plus qu’elle et de construire une nouvelle famille ? Les rares fois où elle l’avait vue, Claire avait trouvé Sally plutôt sympathique ; et de toute façon elle n’avait pas à juger la nouvelle épouse de son père. Elle était contente de le voir heureux, sincèrement. Mais bizarrement, c’était difficile de partager son papa après toutes ces années. Surtout depuis la naissance de sa demi-sœur.

   - C’est chouette, dit-elle, espérant qu’il n’ait pas remarqué son hésitation. Papa, est-ce que tu as une explication ? Pourquoi Mary Willenhall voudrait-elle me laisser sa maison ? Je ne me souviens même pas de l’avoir rencontrée, enfin, pas vraiment.

 

Descriptif

Editions France Loisirs Collection Piment année 2008 ISBN 9782298010121, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 11,3x18,2 cm, 592 pages   



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