Pygmalion

BONCOMPAIN Claude-Jacques – Elissa 1743

Réf: rf-pyjvbe
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Description
Avis

Extrait

1/   Le pain au collège était mou. Seuls les quignons, morceaux de choix, offraient un peu de résistance aux doigts. Le premier arrivé s’emparait de la miche, s’amusait à la tordre en tous sens, à lui donner des formes bizarres, pendant la récitation du bénédicité. Puis il en tranchait les quignons et, d’autorité, ses les attribuait. Nul n’y trouvait à redire. Mais, pendant ma première année, je crois n’avoir mangé que de la mie. Je préférais ne pas toucher au pain, de peur d’un incident. Je ne m’y risquai qu’une fois. On me laissait en paix depuis plusieurs semaines. Je me crus accepté et, arrivé le premier, c’est sans méfiance que je pris l’un des deux quignons. Personne ne réagit. Nous étions au milieu du repas quand Gaetano Mignoli, en mal d’espièglerie, me vit mordre dans le quignon. Son regard s’alluma. Il poussa du coude son voisin :

   - Hé ! Hé ! Regarde.

   - Quoi ?

   - Lajeunesse.

   - Eh bien !

   - Le quignon.

   Je continuai à manger, l’air de rien, prévoyant que j’allais passer un mauvais quart d’heure. Le matamore de notre groupe, Ambrosio, excité par les regards de tous, me prit des mains le quignon, d’autorité. Il en retira la mie dont il fit une boule qu’il commença à frotter à côté de son assiette.

 

2/   Il me prit par les cheveux et me tira devant le trumeau de la cheminée, attentif à ne pas me blesser.

   - regarde-toi. Tu ressembles à ta mère lorsqu’elle m’a séduit. Et pourtant tu as aussi de mes traits. J’étais sombre. Toi, tu ne réussis jamais à l’être tout à fait. Question de peau, de couleur des yeux, de douceur des formes. Il y a là des atouts dont tu devrais tirer parti. Ce serait dommage que notre famille retombât. J’ai deux fils. L’un ne songe qu’à peindre et le second qu’à rêver. Non, je suis injuste. Je devrais dire : « ne songeait », car c’est moi qui rêve tout haut et qui t’empêche de travailler. Pourtant je ne crois pas que cette conversation soit inutile. Séduire une jeune fille un peu au-dessus de sa condition n’est pas aisé. Y parvenir suppose déjà que l’on ait réussi à s’introduire dans sa société, donc à se faire admettre par ses parents qui sont les plus difficiles à vaincre, car ils ne pensent qu’à s’élever un peu plus par leurs enfants. Comme il est difficile de changer sa famille, il ne reste qu’à bien choisir ses amis. S’ils sont nobles, ils te conféreront un peu de leur noblesse, et tu entreras insensiblement dans leur monde. Ah mon François, que tu en as de la chance !

 

3/   Résumé

   Avignon 1743. Elève des Jésuites, François Lajeunesse entr’aperçoit, lors d’un concert, la nièce ( ?) de Mgr Ganganelli, légat du pape, et cette vision fugitive décide de toute son existence. Tour à tour favorisées, contrariées, manipulées, ses amours l’entraînent vers un noviciat fort profane, vers Rome, Padoue, Venise la corrompue, Paris, Versailles, les fêtes galantes de Louis XV, les « faveurs » de la pompadour…, dans un tourbillon de bonheurs éphémères et de vénéneuses situations. La passion triomphera-t-elle, ou l’intrigue, ou Dieu ? La joie des corps et des cœurs, la beauté, la jeunesse peuvent-elles avoir leur place – et laquelle – dans un monde où naissance, fortune, calcul et perversité tiennent le haut du pavé ?

   Au siècle des Lumières enténébré par les menées occultes de factions rivales – Eglise, franc-maçonnerie, diplomatie, pouvoir… - ce roman tout en rebondissement imprévus, mi-Gil Blas, mi-Candide, célèbre l’incarnation magique du désir et de l’amour fou : Elissa.

 

Descriptif

Editions Pygmalion année 1990 ISBN 2857043244, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché grand format de 15,7x24,3 cm, 348 pages



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