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BOURDIN Françoise – L’inconnue de Peyrolles

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Description
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Extrait 1

   - C’est l’idée la plus idiote de l’année ! renchérit Adrien en adressant un sourire narquois à sa sœur.

   Appelé en renfort par leur père, il était venu partager le dîner du dimanche soir à l’appartement.

   - Si tu travailles à Toulouse, poursuivit Henry, tu auras soixante-dix kilomètres à faire chaque matin et chaque soir ! Le meilleur moyen de finir par se tuer en voiture, non ?

   - Papa, protesta Pascale, il y a un hôpital à Albi, je n’ai aucune intention de postuler à Purpan ou à Rangueil !

   - Ah, bon ? Ce n’est même pas pour te rapprocher de Samuel que tu envisageais de…

   - Et qui te dit qu’ils ont besoin d’un pneumologue à Albi ? lança Adrien.

   Il traversa la cuisine et vint jeter un coup d’œil pardessus l’épaule de Pascale, qui préparait des spaghettis carbonara.

   - Même si tu trouves un poste là-bas, tu mourras d’ennui dans un petit hôpital de province, probablement sans moyens et sans plateau technique. Ensuite, tu mourras de peur le soir en rentrant à Peyrolles. Tu t’imagines seule dans cette baraque ? C’est une caserne !

   - J’aime cette maison. J’ai envie d’y vivre, répéta-t-elle, agacée d’être mise sur la sellette depuis le début de la journée.

   Sitôt son père avait déboulé dans la cuisine en robe de chambre, agitant d’un air horrifié le petit mot laissé par Pascale.

   - De toute façon, ajouta Adrien, tu choisirais mal ton moment pour partir…

   Une manière de lui rappeler qu’ils étaient censés, elle comme lui, veiller sur leur père et l’entourer.

   - Je n’ai pas dit que j’allais le faire cette semaine ! Ce genre de bouleversement nécessitera un certain temps, je ne suis pas pressée.

   Elle lui prit des mains le sachet de parmesan pour l’ajouter aux jaunes d’œufs, aux lardons grillés et à la crème fraîche. Derrière eux, leur père se racla la gorge.

   - Bien entendu, ma chérie, je ne te demande pas de rester ici. Tu n’es pas ma dame de compagnie, je comprends très bien que tu veuilles te faire une vie à toi, mais pourquoi à l’autre bout de la France ?

   - Parce que j’en viens. Je veux dire, je suis née là-bas et…

   Elle lâcha la cuillère de bois et se retourna vers eux, les englobant tous deux dans le même regard aigu.

   - J’ai eu un véritable éblouissement devant Peyrolles. Je croyais avoir oublié la maison, le parc, et au contraire tout ça m’était tellement familier, jusqu’au moindre détail ! Habiter là, ce serait comme rentrer chez moi. J’y ai pensé pendant tout le voyage, hier… 

 

Extrait 2

   Nerveux, Henry regarda l’hôtesse qui effectuait les démonstrations habituelles dans l’allée centrale ; gilet de sauvetage, masque à oxygène, évacuation d’urgence. Il détestait prendre l’avion et se demandait avec stupeur comment sa fille pouvait aimer piloter. Sauf que pour l’instant, Dieu merci, elle ne volait pas, trop accaparée par son travail à Purpan et par Peyrolles.

   A côté de lui, Adrien s’était plongé dans la lecture de son journal, indifférent au décollage. Henry ferma les yeux tout en mastiquant le chewing-gum censé empêcher ses oreilles de craquer. Bon, le week-end était terminé, il avait fait son devoir, la prochaine fois ce serait à Pascale de venir. Et ensuite il trouverait des prétextes afin de ne plus remettre les pieds là-bas. Toute la nuit il avait pensé à Camille, et lorsqu’il s’était enfin endormi, à l’aube, il avait rêvé d’elle.

   Camille couchée nue à côté de lui, douce et fragile, abandonnée, avec parfois une larme qui perlait entre ses cils. Même dans son sommeil, elle arrivait à pleurer. Quand il lui faisait l’amour, elle s’accrochait à lui comme une noyée. Oubliait-elle son chagrin dans le plaisir ?

   L’appareil devait avoir atteint sa vitesse de croisière, il semblait stabilisé. Henry risqua un coup d’œil par le hublot ; il n’y avait strictement rien à voir. A Peyrolles non plus, hier soir, il n’avait rien vu tandis qu’il restait debout devant la fenêtre à contempler le parc obscur en se demandant pourquoi Lucien Lestrade harcelait sa fille.  Avait-il quelque chose de précis à lui dire ? Que savait-il du drame qui avait rongé les Fontanel, à l’époque ? Il ne pouvait concevoir que des doutes, échafauder des hypothèses, car jamais Camille ne se serait confiée à quelqu’un comme lui.

   Quoi qu’il en soit, Henry était décidé à lui téléphoner, dès le lendemain. Plus question qu’il pointe son nez à Peyrolles, la page était tournée, il devrait le comprendre. Henry allait lui offrir de l’argent, une somme destinée autant à récompenser trente ans de services qu’à acheter son silence. Juste au cas où…

   Calant sa nuque contre l’appuie-tête, il se demanda pour la millième fois de sa vie s’il avait eu tort ou raison. Une question dont il ne connaîtrait sans doute jamais la réponse mais qui continuait de le hanter.

   Le chariot de boissons apparut dans l’allée centrale, poussé par l’hôtesse. Le vol de Toulouse à Paris était court : à peine avait-on le temps de finir son verre qu’on était déjà en train d’amorcer la descente. Tant mieux. Plus vite Henry reprendrait son travail à la clinique, moins il se perdrait dans ses souvenirs.

 

Descriptif

Editions France Loisirs année 2005 ISBN 2744183377, état général moyen, couverture rigide et dos un peu marqués et passés, intérieur assez frais, tranche moyennement oblique, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion relié grand format de 13,3x20,8 cm, 400 pages   



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