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BRACKETT Leigh – Les terriens arrivent !

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Description
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Cycle Le Livre de Mars

Titre original « The coming of the terrans »

Traduit de l’américain par Michel Deutsch et Jean Laustenne

Extrait 1 de « 1998 Le Jardin du Shanga »  

   Tandis que le Starflight se posait à Kahora Port, Burk Winters resta enfermé dans le compartiment des passagers. Il se sentait incapable de voir quelqu’un d’autre, fût-ce un garçon aussi sympathique que Johnny Niles, manœuvrer les commandes du vaisseau qui avait été le sien pendant si longtemps.

   Il n’avait même pas envie de dire au revoir à Johnny mais il ne put l’éviter : le jeune officier l’attendait au bas de la rampe et le sourire désinvolte et cordial qu’il affichait était impuissant à dissimuler la profonde anxiété qu’il ressentait.

   - « Adieu, Burk », dit-il en tendant la main à Winters. « Tu l’as bien mérité, ce congé. Profites-en. »

   Burk balaya du regard la vaste étendue qui s’étalait sur des kilomètres et des kilomètres au cœur du désert ocre, entrelacs rugissant de camions, de plates-formes de chargement, d’hommes et de navires – transports de minerais, cargos, bâtiments irréguliers, navires de ligne à la silhouette racée comme le Starflight, battant pavillon de trois planètes et d’une douzaine de colonies, ce qui ne les empêchait pas d’être tous Terriens, Terriens d’abord, Terriens avant tout, avec arrogance.

   Johnny suivit le regard de Burk et murmura : « Cela donne toujours un choc, n’est-ce pas ? »

   Winters ne répondit pas. Tout là-bas, loin du tonnerre assourdissant des tuyères, on distinguait, semblable à une rose précieuse jaillie du sable rouge, le dôme de glassite de Kahora, la cité marchande. Le chétif soleil la regardait avec lassitude du haut du ciel, les antiques collines la contemplaient, le vent sans âge l’effleurait et l’on eût dit que la planète supportait patiemment Kahora et son port spatial comme un petit abcès localisé qui ne tarderait pas à guérir.

   Burk Winters avait oublié Johnny Niles ; il avait tout oublié hormis les sombres pensées qu’il ressassait. Il ne se rendait même pas compte de l’air ouvertement apitoyé avec lequel le jeune officier le dévisageait.

   Burk était un robuste gaillard, un garçon coriace. Les années qu’il avait passées à courir l’espace assagi son ardeur. L’éclat cru du soleil qui avait noirci son épiderme avait aussi décoloré ses cheveux qui étaient maintenant presque blancs et, durant les derniers mois, ses yeux gris semblaient avoir capté une étincelle e cet inexorable brasier ; ils avaient perdu leur bonhomie et les plis que son rire facile avait creusés autour de sa bouche étaient devenus de profonds sillons d’amertume.

 

Extrait 2 de « 2024 Les derniers jours de Shandakor »

   Il entra dans la taverne, drapé dans une cape rouge foncé dont le capuchon était rabattu sur sa figure, et s’immobilisa quelques instants à côté de la porte. L’une de ces femmes de proie, sveltes et noires de peau, qui hantent ces lieux s’approcha de lui dans un tintinnabulement de clochettes – ces sonnailles étaient à peu près son seul costume.

   Elle lui sourit. Et, soudain, son rire se figea, son regard changea : elle ne regardait plus l’homme en rouge, elle voyait à travers lui. C’était stupéfiant. On eût dit qu’il était devenu invisible.

   Elle passa devant lui. Je ne sais si un mot d’ordre avait circulé mais l’anneau de vide qui entourait l’étranger s’élargit. Et personne ne le regardait. Les gens ne se détournaient pas de lui : simplement, ils refusaient de le voir.

   Il traversa à pas lents la salle bondée. Il était très grand et se mouvait avec une grâce souple et puissante qui était un régal pour les yeux. On s’écartait de son chemin. Sans ostentation mais délibérément. Des odeurs sans nom imprégnaient l’air que faisait vibrer le rire aigu des femmes.

   Deux solides barbares sérieusement éméchés étaient en train de vider quelque querelle tribale et la foule hurlante leur avait fait place. Une flûte d’argent, un tambourin et une harpe double dispensaient une vieille et sauvage mélodie. Des corps bistre et agiles bondissaient et tournoyaient au milieu des éclats de rire, des cris, de la fumée.

   L’étranger fendait la foule, solitaire. Nul ne le touchait, nul ne le voyait. Il passa près de moi et peut-être parce que j’étais le seul, non seulement à le voir mais aussi à le dévisager, il me décocha un regard. Ses yeux perdus dans l’ombre de la capuche étaient noirs. Ils luisaient comme des braises, ils étaient pleins de souffrance et de rage.

   Je ne fis qu’entr’apercevoir sa figure encagoulée. Fugitivement, mais ce fut assez. Pourquoi fallut-il qu’il me montrât son visage dans cette taverne de Barrakesh ?

   Il me dépassa. Il n’y avait pas de place dans le coin d’ombre vers lequel il se dirigeait mais on lui en fit. Un cercle de vide, un fossé se creusa entre la foule et lui. Il s’assit, posa une pièce sur le bord de la table. Une serveuse s’approcha bientôt, la prit et plaça une coupe de vin devant l’étranger. On aurait cru qu’elle s’occupait d’une table inoccupée.

 

Descriptif

Editions Pocket Science-fantasy 5388 année 1990 ISBN 2266035118, état général moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, tranches des pages salies, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 11x17,8 cm, 224 pages   



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