Fleuve Noir

CARON Richard – Symphonie mexicaine

Réf: esp-fne1310
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Description
Avis

Extrait 1

   Je m’appelle Renaud d’Ix et je vous demande de m’épargner les plaisanteries habituelles, ça ne ferait guère que la cent-millième du genre. Plus exactement, je m’appelle Renaud Bosco d’Ix. Je suis issu d’une vieille famille picarde qui répondait au nom de Le Bois d’Ix. Une famille de militaires – ce qui était monnaie courante dans cette province qui fut si longtemps la marche septentrionale du royaume – dont la branche aînée s’est éteinte. Personnellement, je suis le dernier descendant de la branche cadette.

   Ce tronçon des Le Bois d’Ix est devenu italien quand le Piémont – dans le régiment duquel servait mon aïeul de l’époque – est devenu un des Etats sardes et le nom s’est transformé en Bosco d’Ix. La famille a connu diverses fortunes militaires et politiques et nous avons donné quatre cardinaux au Saint Siège, trois au XVIIIe siècle et un au XIXe.

   Au milieu du siècle dernier, par le jeu des influences, la fortune des Bosco d’Ix fut liée pour un temps à celle des Matignon-Grimaldi, la famille régnante des princes de Monaco et c’est ainsi que nous sommes devenus sujets monégasques.

   Cela dit, depuis notre importance sociale n’a cessé de diminuer, probablement parce que nous ne comptions plus de cardinaux parmi nous. Mon père, qui fut un jeune veuf et par la suite un vieux rentier de moins en moins renté, ne m’a guère légué que la citoyenneté monégasque, ce dont je lui suis reconnaissant, au point de vue fiscal surtout.

   Je vis moitié à Paris, moitié à Monte-Carlo. De la même manière, je suis un « agent spécial » à mi-temps. L’autre partie de mon temps étant consacrée à la compagnie maritime que je possède à Monaco. Entendons-nous bien sur l’importance de l’entreprise. Ma « flotte » comporte un seul catamaran de douze mètres de type « Solaris ». La totalité du personnel que j’emploie s’élève à deux éléments : un skipper et une hôtesse, et je mets très souvent moi-même la main à la pâte. En fait, j’organise des charters pour couples (parfois, il arrive qu’ils soient légitimes) et nous ne sortons pour ainsi dire jamais de la Méditerranée.

 

Extrait 2

   C’était donc ça, le calcul du colonel !

   Je suis allé tirer la chasse d’eau et j’ai réintégré, en faisant plein de bruit, le studio proprement dit.

   Marilyn s’activait sur un réchaud à gaz et Plochin regardait le plafond en sifflotant « ingénument ». La fille blonde est revenue vers nous, non seulement avec l’alcool réchauffé dans une sorte de théière et trois tasses minuscules, le tout sur un plateau, mais aussi en plus, un appareil photographique de marque Nikon, la seule réalité japonaise de son petit intérieur.

   - J’aimerais conserver de cette soirée, dit-elle d’un ton faussement enjoué, un inoubliable souvenir.

   On a bu le saké. J’ai songé qu’il serait rigolo, pour les photos, de faire uniquement des grimaces successives, tel un cadre supérieur en vacances supérieurement drôle, mais j’ai abandonné l’idée. Après tout, les jeux étaient faits et, si le négatif de la pellicule se révélait, si je puis dire, positif, ne voulant pas devenir un agent double, j’abandonnais tout et regagnais aussi sec Paris – à mes frais – et je n’entendrais plus jamais parler jusqu’à la mort de service action, fût-il « d’Emulation Civique » !

   La fille blonde de la CIA, nous mitraillés, Plochin et moi – moi surtout – dans tous les azimuts.

   - Ne vous ai-je pas dit, chère Marilyn, dis-je, que je possède en baie de Naples une flottille de pétroliers géants dont certains transportent, clandestinement des bananes ?

   - Je ne vous chasse pas mais…

   - OK ! dis-je en me rechaussant de me boots.

   Nous sommes sortis de chez elle et nous avons regagnés la 2e Avenue, en quête d’un taxi. A un moment, j’ai laissé éclater ma colère :

   - De Varenne est vraiment une planche pourrie, hein !

   - Dis pas de mal du colonel ! C’est un père, pour nous.

   - Un père auquel je ne voudrais pas confier ma sœur… Dieu merci, je suis fils unique !

   - Alors, t’as entendu ? M’en doutais, remarque ! fit Plochin. Mais tout ça, c’est de bonne guerre, merde ! Le colonel, il veut voir si que le chèque que t’as reçu a laissé des traces en haut lieu et si que t’es, par hasard fiché à la CIA. Te fais pas de mouron. On verra demain, tout ça comme que ça se dessine.

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir Espionnage 1310 de 1977 ISBN 226500233X, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 224 pages



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