Albin Michel

CAUVIN Patrick – Théâtre dans la nuit

Réf: rf-ampctn
4,00 € TTC
 En stock
Ajouter au panier
Description
Avis

Extraits

1/   Printemps 1937.

   Il partait bien. Un soleil encore lointain mais présent. Elle chercha Henriette des yeux et se souvint que c’était son après-midi de correspondance, la modiste tirait la langue sur sa feuille blanche pour son hebdomadaire lettre d’amour à Edouard, expédiée dans une double enveloppe chez un receveur de tramway, pour éviter les catastrophes conjugales.

   Elisa décida de rejoindre son coin préféré, le but habituel de ses promenades. D’abord il y avait les tilleuls qui embaumeraient bientôt et puis, tout au fond, le théâtre.

   Elle s’engagea dans la lumière neuve d’avril. L’herbe des pelouses poussait, il faudrait la tondre bientôt…

   Pas élastique. J’ai un pas élastique. Je suis une charmante jeune fille au pas élastique qui se promène dans la forêt. J’ai vingt-trois ans et j’emmerde mister Koch. Si elle n’est pas polie, cette expression traduit parfaitement le fond de ma pensée. Plus une seule traînée de sang dans mes crachats. Bye, bye, bacille… ne rêvons pas à ce point.

   Le voilà.

   Elle retrouvait toujours l’endroit avec plaisir. Ce ne devait sans doute pas être, pour un professionnel de l’architecture, une réussite absolue, mais elle aimait les colonnes de la façade, les trois lucarnes, le zeste de chinoiserie dans les toitures et d’Antiquité romaine dans le fronton, le plus étrange était que l’auteur des plans était un fervent de l’art mexicain. Avec de la bonne volonté on pouvait retrouver un écho dans les grilles ; sous les arbres, l’édifice avait une belle allure…

   Elle avança et, sous le porche, contempla une fois de plus le buste que les années commençaient à patiner et qui la laissait toujours perplexe.

   C’était celui d’un petit monsieur pincé aux lunettes sévères, l’ancien directeur.

   C’était à lui que l’on devait la construction du théâtre. En voyant le bronze, on n’aurait jamais songé que l’homme ait pu avoir une idée aussi étonnante.

 

2/   Résumé

   Au fond du parc d’un hôpital, non loin de Paris, se niche un mystérieux théâtre. La jeune Elisa Marin aime s’y réfugier. Là, parmi les ors et les velours, elle rêve d’un avenir que la maladie rend incertain.

   Un jour de 1937, le théâtre s’anime. Sur scène, une troupe de comédiens répète. Parmi eux, Sylvain Kaplan. Entre le jeune acteur et Elisa, le coup de foudre est total, absolu. Plus tard, dans la tourmente des années quarante, les amants partageront les dangers avec d’autres clandestins résistants au nazisme. A l’abri du théâtre protecteur, ils vivront prisonniers d’un univers de toiles peintes et de décors en trompe-l’œil où rien ne semble pouvoir ternir leur amour. Mais le bonheur en ces temps troubles est chose trop précieuse…

   Après Villa Vanille, son climat de révolte, de violence et de sentiments exacerbés, Patrick Cauvin nous émerveille avec une passion simple et déchirante, comme sublimée par l’étonnant pouvoir de ce théâtre magique où l’amour, le courage et la sincérité se conjuguent pour nous offrir de l’émotion à l’état pur. Un chef-d’œuvre de grâce et de simplicité.

 

Descriptif

Editions Albin Michel année 1997 ISBN 2226092617, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché grand format de 14,8x22,8 cm, 336 pages.



Aucun avis n'a encore été laissé sur ce produit, soyez le premier à laisser votre avis.
Produits pouvant vous intéresser