Fleuve Noir

DETIS Jean – Rapaces aux Balkans, L’aventurier 206

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Extrait 1

   Ses petits yeux, bordés de rouge par des paupières fatiguées, picorent Branko, jaugeant, à coups de flashes rapides, l’homme qui vient se mêler de l’affaire… Visiblement, il n’avait dépendu que de lui… Seulement, le cas le dépassait et il s’est vu contraint d’en référer à ses supérieurs hiérarchiques qui ont éprouvé le besoin de ne pas se mouiller.

   - Salut ! grogne-t-il en guise d’accueil. Je suis le lieutenant Collins.

   - Branko Pelener.

   Collins ne peut réprimer un léger sursaut. Branko a l’habitude. Les Australiens, aux patronymes typiquement anglo-saxons, ont toujours la même surprise lorsque Branko se présente. Ils n’ont pas le réflexe des Américains pour leurs compatriotes de souches différentes de la leur. Pourtant Branko est né à Sidney.

   Collins grommelle des paroles inintelligibles, se reprend.

   - Vous êtes de l’IS ? demande-t-il.

   - Oui. Département de Cabbott.

   Le lieutenant a un sifflement qui exprime sans doute sa considération. On ne déplace pas les agents du Spécial Organisation Department pour des affaires mineures.

   Collins s’en trouve réconforté. Dans la grisaille, la monotonie, la chienlit routinière de sa vie de flic, il aura donc eu l’éclair qui aura illuminé sa carrière ! Un doute le prend pourtant.

   - Votre nom, fait-il… Originaire d’Europe Centrale, non ?

   - Exact ! Mon père était Yougoslave. Emigré en 1920.

   - C’est donc ça !

   - Ça quoi ? relève Branko.

   Il ignore absolument tout du pourquoi il lui a fallu se rendre à ce commissariat de Flowers Street : Cabbott l’a catapulté sans explications, sans briefing.

   - Vous parlez slave…, dit Collins.

   Branko ne rectifie pas, hoche la tête affirmativement en répondant à ce qui n’était d’ailleurs pas une question. Collins sent grandir le sentiment d’admiration qu’il a éprouvé en détaillant son interlocuteur.

   Chauve, ventripotent, les pieds plats, il aurait aimé être bâti à l’image de cet athlète du SOD. Il aurait aimé apprendre à nager dans les eaux du contre-espionnage au lieu de croupir dans les vases nauséabondes d’un commissariat de quartier. Et voilà que ce Slave reconnaît parler une langue étrangère alors que lui, Collins, sorti d’un anglais fortement entrelardé de slang…

 

Extrait 2

   Par la fenêtre fermée, bloquée, afin que la climatisation puisse opérer ses bienfaits, Branko Pelener regarde sas les voir les arbres centenaires des Botanic Gardens.

   Pour la première fois depuis qu’il appartient aux services secrets australiens, il est entré dans l’immeuble des Rapaces et il a été frappé par le confort qui y règne. Egalement par l’impression d’efficacité qui se dégage de tous ceux qu’il a rencontrés. Tous Australiens comme lui, d’ailleurs.

   Pelener sait très bien que, dans la légion dirigée par Archibald T. Hawk, il y a des Européens, des Américains du Nord et du Sud des Asiatiques, des Arabes, des Noirs, mais il conçoit parfaitement que l’affaire Grakac, menaçant l’ordre et la tranquillité australienne, soit étudiée uniquement par des Australiens.

   Il conçoit moins bien les différents transferts des responsabilités qui ont cascadé en quelques heures.

   Le lieutenant de police Collins a transmis à ses supérieurs hiérarchiques qui ont cru devoir se décharger de l’affaire sur les SR. Ceux-ci l’ont immédiatement refilée au SOD et Cabbott, après consultation du ministre de tutelle, a, à son tour, cédé l’enquête aux Rapaces, internationalement et politiquement neutres.

   En même temps il a cédé, plutôt provisoirement muté, Branko Pelener à ET Hawk. « Parce que vous êtes d’origine yougoslave et que vous parlez la langue de ces gens-là… »

   Au fond, Pelener est ravi de ce détail qui le met en collaboration directe avec des hommes dont il connaissait l’existence, dont il approuvait les méthodes mais qu’il n’a pas eu encore l’occasion de rencontrer.

   Une collaboration qui l’installe au premier plan puisqu’il est le rouage indispensable sans lequel rien ne peut être. La suggestion de Cabbott a été acceptée par le directeur Hawk parce qu’elle est la seule valable.

   Branko Pelener va s’introduire dans le clan adverse en prenant la place de Jovan Grakac. Un rôle difficile, ingrat, dont beaucoup d’aspects restent dans l’ombre, mais placé sous la protection de deux Rapaces : Ken Doherty, cet homme aux iris violets qu’il a rencontré dans le bureaux de Hawk et Jess Taggarth.

   - Deux des meilleurs Rapaces, lui a dit Mahoney en l’entraînant dans son propre bureau. Deux types qui ont un palmarès de succès tel que l’on se dispute leur amitié.

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir L’aventurier 206 Les Rapaces année 1974, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 224 pages



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