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FRAZER Margaret – Le conte du bandit

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Description
Avis

Titre original « The outlaw’s tale » Margaret Frazer, 1994.

Traduit de l’américain par Christian FOURNIER

Extraits

1/   Celui qu’on appelait Hal avait choisi de surveiller maître Naylor. Il prit le baudrier de l’intendant et s’en ceignit, le serrant autour de sa taille et rengainant l’épée dans son fourreau d’un air satisfait. Mais il garda la dague à la main, appuyée contre le dos de Naylor, tandis que deux autres bandits attachaient à la selle de l’un des chevaux les fardeaux qu’ils avaient laissés tomber et alors que Little John montait la garde auprès des femmes.

   Dans l’impuissance la plus totale, Frevisse se tenait silencieuse. Sœur Emma, au contraire, commença par supplier qu’on la libère puis menaça de la vengeance de son frère quiconque la toucherait, et promit de leur valoir toutes les foudres du bailli s’ils ne la laissaient pas repartir immédiatement ; pour finir – comme personne n’avait prêté la moindre attention à tout cela – elle s’abandonna à de violents sanglots, et se serra contre Frevisse en quête de réconfort.

   Par-dessus la tête de sœur Emma en larmes, Frevisse rencontra le regard interrogateur de maître Naylor et eut un mouvement de la tête presque imperceptible pour lui répondre non. Nul espoir d’évasion s’il fallait y comprendre sœur Emma ; elle serait aussi encombrante qu’un panier de lessive. Et à peu près aussi inutile. Vérifiant d’abord qu’aucun des bandits ne la regardait, Frevisse forma silencieusement les mots : « Allez-y seul. »

   L’air sombre, maître Naylor fit à son tour non de la tête. Il avait l’impérative obligation de les protéger ; pas question de les abandonner, même s’il ne leur était pas d’un grand secours. Puis celui qui avait capturé Frevisse ramena une corde prise dans l’un des fardeaux et en lia les mains de l’intendant derrière son dos, où Hal n’avait pas cessé de tenir sa dague pointée.

   - C’est fait, Cullum, dit-il.

   Ils ne suivirent la route que sur une courte distance. Ils bifurquèrent ensuit sur une large sente herbeuse, utilisée par les bûcherons, supposa Frevisse. Mais ce n’était pas la saison des coupes de bois, et les bandits s’attendaient pas à faire de rencontre. Ils étaient déjà loin de la route lorsque Will disparut dans les fourrés avec les chevaux, attachés l’un derrière l’autre. 

 

2/   Avec le temps pluvieux, l’obscurité était tombée plus tôt, et l’on avait fermé les volets contre le froid. La plus grande partie de la pièce était plongée dans l’ombre, hormis la lueur du feu de cheminée et l’éclat doré d’une petite lampe posée au chevet de la couche où dormait à présent sœur Emma, avec sa respiration bruyante. La chambre était vaste, de la même largeur que le pignon de la maison. Il y avait un métier à tisser, près de la fenêtre, une seule chaise devant l’âtre, des coffres le long des murs et quelques petits tabourets.

   Frevisse était assise sur la chaise, vêtue à présent d’une robe bleu foncé, toute simple, appartenant à l’une des servantes de Magdalen ; elle goûtait le plaisir d’être au chaud, au sec et repue. Elle avait pris pour le dîner du riz safrané avec des figues, et elle se réchauffait les mains autour d’une chopine de vin chaud aux épices, le deuxième qu’elle s’était versé au pichet, maintenu à bonne température près du feu. Mais elle n’avait pas l’esprit parfaitement en repos. Ce décor auquel elle n’était pas habituée la dérangeait. Elle était troublée de se trouver assise et confortablement installée, à boire du vin chaud, à une heure où elle aurait dû être couchée dans le dortoir de Sainte-Frideswide, pour se relever à minuit pour les matines et laudes. De porter du linge de dessous et une robe qui, malgré leur dépouillement, révélaient beaucoup plus son corps que ne le faisait son habit de bénédictine, dans sa familiarité invariable et enveloppante. Et de laisser à nu ses cheveux coupés court pour finir de les sécher à la chaleur du feu. A part les moments où c’étaient le temps de se laver et de se couper les cheveux pour les nonnes, elle avait eu la tête couverte d’une guimpe et d’un voile toute la journée, et tous les jours, depuis son entrée comme novice à Sainte-Frideswide, quand elle était à peine une femme. A présent, elle se sentait vaguement indécente à cause de sa tête nue. Et le plaisir que lui donnaient ce confort et cette aisance inhabituels n’allait pas sans malaise.

 

Descriptif

Editions 10/18 Grands Détectives 3341 année 2001 ISBN 2264029994, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 256 pages



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