Fleuve Noir

JOSTE Claude – Le droit de penser

Réf: esp-fne1622
1,20 € TTC
 En stock
Ajouter au panier
Description
Avis

Extrait 1

   Des coups ébranlent ma porte.

   Ça résonne dans ma tête. J’ouvre un œil. Le jour filtre au travers des lamelles des volets roulants.

   Nouveaux heurts.

   - Oui…

   - Il est sept heures, monsieur Burns.

   Ça flotte un peu, à dire vrai je ne sais plus très bien où je suis.

   - Ces messieurs sont déjà dans la salle à menger.

   Cette fois j’y suis !...

   - Merci.

   Pénible que de se redresser. J’ai la « barre » : bouche, voix pâteuses et front douloureux.

   Mieux vaut ne pas me souvenir de ce que j’ai ingurgité entre le coucher du soleil et le moment de grâce où j’ai retrouvé mon lit.

   Douche. Mélangeur sur eau froide, pression maximale. La trombe se déverse sur mon crâne, m’enveloppe, me noie. Déluge glacial que je m’oblige à supporter, stoïque dans l’espoir de voir s’effacer ma gueule de bois.

   Quatre heures de sommeil en l’occurrence, c’est trop ou pas assez. Dans la foulée, avec le vent qui soufflait sur nous, j’aurais très bien vu un appareillage nocturne, cap plein est, à la rencontre du soleil.

   Je coupe l’eau, me bouchonne au gant de crin. Réaction de chaleur bienfaisante. Le temps de me raser, d’enfiler un polo et un short et j’empoigne le sac renfermant mon équipement de plongée.

   Mes compagnons sont attablés devant une théière, pots de café, galettes croustillantes et chaudes, papanasis dorés (gâteaux fourrés au fromage blanc), petits pains noirs, crème, miel, mamaliga (polenta), gelée de myrtilles, de fraises… Fastueux et alléchant.

   Plutôt que compagnons je devrais dire frères de combat ! Dure bataille que nous avons livrée et dont nous sommes sortis vainqueurs à quatre contre quatorze.

   Ça crée des liens, on s’appelle désormais par nos prénoms et comme il y a deux Russes, un Roumain et un Anglais nous avons adopté le français que nous parlons tous couramment afin de renforcer encore davantage notre complicité.

   - Café ou thé ?

   - Exceptionnellement je prendrai un café, Dimitri !

   Karoly pousse vers moi le beurrier, tandis que Boris obligeant me passe les toasts.

   - Bien dormi, Michael ?

   Dimitri a un petit sourire qui donne à son visage carré, aux maxillaires saillants, un aspect juvénile. De taille moyenne, il est du genre râblé, musclé, possède un regard vif, des yeux tirant sur le gris, et ses cheveux châtain foncé taillés en brosse accentuent l’impression de netteté qui émane de lui.

 

Extrait 2

   Il pleut.

   Le déluge a commencé vers trois heures du matin. Je me suis levé, ai fermé ma fenêtre. Le gorille de service est intervenu par haut-parleur interposé pour m’inviter à m’en éloigner.

   Il entre sans frapper, constate que je suis rasé, douché, habillé.

   - Direction salle à manger !

   Dimitri m’y accueille comme si de rien n’était, m’invite à m’asseoir et à faire honneur au petit déjeuner.

   - La pluie vous a réveillé, m’a-t-on dit !

   - On a dit juste.

   - J’espère que vous avez pu vous rendormir ?

   - Sans problème !

   - J’en suis ravi.

   - Désolé pour ce cher Boris, qui aurait sans doute préféré me voir arpenter ma chambre en proie à l’insomnie : j’ai dormi !

   - Vous n’en serez que plus en forme !

   Je déplie ma serviette, trois enveloppes s’échappent de ses plis. Je les ramasse. Elles sont libellées à mon nom.

   - On pense quand même à moi, Dimitri, sans doute ma secrétaire qui…

   - Examinez les timbres, Michael, que je sache Muriel Osborne n’est pas à Genève… Votre fille en revanche y poursuit ses études mais rassurez-vous, elle se porte bien et ce courrier ne la concerne pas… Vous pouvez l’ouvrir sans crainte !

   Il m’a eu.

   Mes mains m’ont trahi, quand il a évoqué Maureen, tant je pensais être parvenu à assurer sa sécurité.

   Je décachette les enveloppes, intrigué.

   - Comme vous pouvez le constater, Michael, il s’agit de relevés bancaires et de quittances d’électricité, de téléphone, que l’on vous adresse sous plis discrets… Dois-je vous faire un dessin ?

   Il me nargue, ironique.

   - Inutile ! Suite logique du plan Alpha Premier round : curriculum du Sujet suivi du bilan de son activité. Le tout assorti de commentaires élogieux avec cependant en fond de tableau une invitation à la grande valse ! Deuxième round : début du travail au corps, Michael Burns a un compte dans une banque suisse, et un appartement.

   - Tsst… tsst… une villa.

   - C’est encore mieux ! Il va sans dire qu’elle doit être luxueuse et mon solde créditeur florissant !

   - C’est évident… 

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir Espionnage 1622 année 1981 ISBN 2265018260, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 11,3x17,8 cm, 224 pages   



Aucun avis n'a encore été laissé sur ce produit, soyez le premier à laisser votre avis.
Produits pouvant vous intéresser