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KING Stephen – La ballade de la balle élastique

Réf: fh-l46
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Description
Avis

Nouvelle suivi par L’homme qui refusait de serrer la main

Traduit de l’américain par Michèle PRESSE et Serge QUADRUPPANI

Extrait

1/   La Ballade de la balle élastique

   L’éditeur laissa ce mot dériver sur la fumée de sa cigarette puis il reprit :

   - Il pensait que les Fornits étaient probablement des êtres nocturnes. Ils n’aimaient pas le vacarme – il avait remarqué qu’il était incapable d’écrire les lendemains de soirées bruyantes -, ils détestaient la télé, détestaient l’électricité, détestaient le radium. Reg avait bradé son téléviseur dans une dépôt-vente pour vingt dollars, disait-il, et s’était débarrassé depuis longtemps de sa montre à cadran fluorescent. Puis venaient les questions. Comment avais-je appris l’existence des Fornits ? se pouvait-il que j’en aie un à demeure ? Si oui, que pensais-je sur tel et tel sujet ? Il m’est inutile d’être plus précis, il me semble. Si vous avez jamais possédé un chien de race et pouvez vous souvenir de toutes les questions que vous avez posées à propos des soins et de la nourriture qui lui étaient nécessaires, vous imaginerez facilement la plupart de celles que Reg m’a posées. Un petit gribouillage sous ma signature avait suffi à ouvrir la boîte de Pandore.

   - Que lui avez-vous écrit en retour ?

   - C’est là que les ennuis ont vraiment commencé, répondit lentement l’éditeur. Pour tous les deux. Jane avait dit : « Rentrez dans son jeu. » C’est ce que j’ai fait. Malheureusement, j’en ai fait un peu trop. J’ai répondu à sa lettre de chez moi alors que j’étais complètement ivre. L’appartement semblait très vide. Il y régnait une odeur de renfermé – fumée de cigarette, aération insuffisante. Tout s’en allait à vau-l’eau depuis le départ de Sandra. La couverture du canapé toute frippée, la vaisselle sale dans l’évier, et tout à l’avenant. L’homme mûr qui n’est pas préparé aux tâches domestiques.

   J’étais assis devant la feuille de papier à en-tête glissée sur le rouleau de la machine à écrire et j’ai pensé : j’ai besoin d’un Fornit. En fait j’ai besoin d’une douzaine d’entre eux pour qu’ils saupoudrent cette foutue maison vide de fornus de la cave au grenier. A cet instant-là, j’étais assez saoul pour envier à Reg Thorpe ses illusions.

 

2/   L’Homme qui refusait de serrer la main

   Je suppose que nous avons tous un peu sursauté lorsque sa voix grinçante, presque plaintive et maussade, résonna dans le silence ; moi, en tout cas, je sais que j’ai sursauté.

   - Un jour, ici même, dans cette pièce, j’ai assisté à l’assassinat d’un homme, commença George Gregson, encore qu’aucun jury n’aurait condamné le meurtrier. Pourtant, au bout du compte, il s’est condamné lui-même et a été son propre bourreau.

   Il fit une pause le temps d’allumer sa pipe. De la fumée s’éleva en volutes bleues autour de son visage marqué de cicatrices et éteignit l’allumette de bois avec les gestes lents et accentués d’un homme que ses jointures font horriblement souffrir. Il lança dans la cheminée l’allumette qui atterrit sur les cendres du paquet. Il regarda les flammes réduire le bois en charbon. Ses yeux d’un bleu perçant étaient rêveurs sous la broussaille de ses sourcils poivre et sel. Il avait un grand nez crochu, des lèvres fines et volontaires, des épaules si voûtées qu’elles touchaient presque l’arrière de son crâne.

   - Ne nous faites pas languir, George ! gronda Peter Andrews. Commencez donc !

   - N’ayez pas peur. Un peu de patience.       

 

Descriptif

Editions Librio 46 année 1996 ISBN 2277300462, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché moyen format de 13,2x20,8 cm, 98 pages



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