G.P. Paris

LACQ Gil – Yernak le conquérant

Réf: j-gpsglyc
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Description
Avis

La conquête de la Sibérie 1

Illustrations de Jean RETAILLEAU

Extraits

1/   Des tas de légendes commençaient à se répandre sur Anika Stroganov, sur ses richesses immenses, son or, ses trésors. On racontait aussi qu’il était le maître d’un véritable empire, qu’il avait soumis les peuples du pays au-delà de l’Oural, le Sibirsk, la Sibérie, ou le Mangaseïa comme on l’appelait alors, un nom fabuleux venu d’on ne sait où. Tout cela, ou presque, était faux. Anika ne possédait ni or ni trésor ; il travaillait pour gagner de l’argent et l’investissait aussitôt dans de nouvelles entreprises ; son seul or était celui ornant ses icônes.

   Quant au Mangaseïa, c’était une autre histoire…

   Stroganov n’y « régnait » pas, mais il connaissait bien ce pays d’au-delà des monts ; il y expédiait chaque année des bandes de trappeurs et d’explorateurs, exigeant d’eux qu’ils fouillent le pays et se renseignent sur ses peuplades, leurs mœurs et leurs langages, sur les rivières, les ressources, le climat, les routes, tout.

   Mais de telles rumeurs circulent au sujet de son « empire » qu’Anika craignit le mécontentement et la jalousie du tsar Ivan. Un beau jour de 1557, il arriva à Moscou en compagnie de ses trois fils, Semion, Grigori et Jacob, tous les quatre porteurs de cadeaux plus somptueux que jamais à l’intention du Tsar et de ses conseillers. Le chef des Stroganov fit au Tsar un rapport très détaillé sur ce fameux Mangaseïa et déclara :

   - Il serait difficile de s’emparer de ce pays pour le joindre à notre sainte mère Russie ; la route qui y mène traverse des pays déserts et mortels, où rien ne vit, ne court ni ne vole. Des armées entières y disparaitraient sans qu’on retrouve leur trace. L’amitié et le commerce pacifique, tels que je les pratique là-bas, peuvent te rapporter plus de fourrures et de richesses que les voïvodes et leurs armes. Tsar Ivan, il te faut d’abord disposer d’une route commode pour accéder à ce pays. Cette route passe par le Perm, que tu possèdes sans pouvoir l’occuper, faute de gens, de troupes et de colons. Donne-moi ce pays de Perm, je le peuplerai pour toi !

 

2/   Si ce n’était pas irréalisable, c’était toutefois une tâche gigantesque et qu’il convenait de préparer minutieusement. Yermak avait appris à la guerre qu’une bataille ou une campagne bien préparée est déjà à moitié gagnée.

   Muni de cartes et d’une masse de renseignements recueillis depuis plus de vingt ans sur la Sibérie par les trappeurs, Yermak se mit à étudier l’affaire, secondé par le Professeur et par Kochka, le petit Arménien délivré chez les Nogaïs. Kochka avait beaucoup voyagé autrefois avec les caravanes des marchands arméniens et ses connaissances permirent de compléter les cartes des pays du sud, vers la mer d’Aral et la Perse.

   - Là-bas, au sud, racontait-il, sont de grandes et riches cités, Boukhara, Samarkand où aboutissent les caravanes venues de partout, de l’Arabie, de l’Inde, de la Chine…

   - La Chine…, murmura Gleb. Tu te rends compte, Yermak ? Ouvrir une voie entre la Russie et la Chine ! Depuis qu’on sait que ce Nouveau Monde découvert par le Gênois Colomb n’est ni l’Inde ni la Chine, tout le monde cherche une route facile vers ces lointains pays.

   Yermak devenait rêveur. De vastes pensées l’agitaient. Il s’était mis en route vers les Stroganov en pressentant qu’un grand destin l’attendait, pour la réalisation duquel il pourrait enfin utiliser ses qualités, son intelligence, sa stratégie et sa bravoure. Battre définitivement les Tartares, conquérir le lointain domaine des Stroganov, ouvrir une voie plus commode vers le pays des fourrures et en faciliter l’annexion à la sainte mère Russie, c’était un grand et noble but. Mais ça, cette chose énorme, insensée : établir la jonction avec les marchands venus de Chine, ouvrir la route vers la Chine au commerce Russe… ça oui, ça vaudrait de se battre et même de mourir !

 

Descriptif

Editions G.P. Super 1000 de 1969, Bon état général, couverture rigide, tranche et dos un peu marqués et passés, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion relié moyen format de 15,2x20,8 cm, 252 pages.



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