Fleuve Noir
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LEGAY Piet – L’étrange maléfice

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Description
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Extrait 1

    Le spacemodule oscilla doucement après avoir posé ses huit longues pattes d’araignée au fond du cratère. Il se balança encore un moment avec de moins en moins d’amplitude, puis s’immobilisa enfin. Définitivement.

   - Eh bien, ça manque un peu de verdure dans le coin !

   L’homme qui avait parlé était celui qui avait assuré le « poser » des huit amortisseurs sur la surface granuleuse de l’énorme astéroïde.

   Ralph était son nom. Derrière lui, sur les sièges de décélération, étaient sanglés Tarlac et Teggel, les techniciens chargés de mettre la radio-balise en place.

   Machinalement, Tarlac déconnecta toutes les commandes de pilotage avant de parcourir le paysage d’un regard circulaire.

   Son exclamation était on ne pouvait plus justifiée : des blocs cyclopéens de basalte noir semblaient chevaucher des rocher monstrueux dont certains ressemblaient à des quartz énormes, posés de guingois et qui paraissaient toujours sur le point de basculer. De part et d’autre du cratère, de très larges failles, d’une profondeur vertigineuse, fouillaient jusqu’aux entrailles mêmes de l’astéroïde mort. Des à-pics impressionnants et des falaises irréelles achevaient de donner à cette mini-étoile morte un aspect effrayant.

   Bien entendu, pas un atome d’oxygène.

   - Allons-y ! Plus vite cette fichue balaise sera posée et plus vite nous pourrons nous tirer de là ! ronchonna encore Ralph.

   Car c’était cela leur mission : ce monde en miniature, qui dérivait en travers du vide sidéral à une vitesse pratiquement ridicule, mettrait trois ans pour traverser la zone du grand courant commercial entre Procyon, Altaïr de l’Aigle et Terre. Un courant vital puisque les hypernefs en grand nombre amenaient sur la planète mère le blé et le paddy qui malheureusement ne pouvaient plus pousser dans ces champs que la Grande Conflagration de l’an 2042 avait généreusement saupoudrés d’isotopes radioactifs.

   Avec ving kilomètres de diamètre, ce mobile, probablement arraché à une grande nébuleuse tourbillonnaire comme Arachnéa ou Heya, ne pouvait être désintégré par les cosmocruiders de la Force comme ses confrères de plus modestes dimensions.

   Et c’était pour cela que l’équipage de surveillance venait y poser une balise automatique que son cœur radioactif ferait fonctionner pendant tout le temps où sa trajectoire présenterait des dangers pour les grosses hypernefs peu aptes à manœuvrer en catastrophe.

 

Extrait 2

   Dans l’écran holographique, le spot s’était encore rapproché.

   - Je pense que nous l’apercevrons dans près d’une heure maintenant, évalua Taber. A vue de nez évidemment… Je vais maintenant calculer nos éléments de décélération…

   Schoen se pinça les lèvres ; un tic qui lui était familier lorsqu’il réfléchissait.

   - Professeur, si vous voulez bien aller dans la sphère avec votre assistante, je n’y vois aucun inconvénient. Le freinage sera relativement doux et ainsi vous verrez réellement apparaître l’épave.

   Le vieil homme, louvoyant entre toutes les consoles d’analyse de ce centre nerveux qu’était l’antre de Taber, se dirigea vers l’écoutille de sortie. Brusquement, il se retourna :

   - Dites-moi… c’est bien dans ces parages-là que le C-564 a cessé d’émettre des signaux, n’est-ce pas ?

   Taber fronça les sourcils, puis jeta un regard interrogateur en direction de son camarade. Schoen le prit de vitesse.

   - Vous voulez sans doute parler du Thunder à bord duquel a disparu votre fille, n’est-ce pas ?

   - Oui… Leni. Et je me demandais si, après avoir été assez habile pour retrouver à des millions de kilomètres ce minuscule spacemodule, vous ne seriez pas capable de détecter aussi le C-564.

   Taber eu une moue dubitative et retourna contempler l’hologramme où progressait toujours l’étincelle de lumière.

   - C’est que, voyez-vous, ce spacemodule émet des signaux. Or, et c’est ce qui a empêché l’envoi de tout secours, le Thunder dans lequel était votre fille a cessé d’émettre. C’est là toute la différence… Pour nos appareils, il n’est plus qu’un astéroïde comme des millions d’autres.

   - C’est pourtant dans ces parages-là, n’est-ce pas ?

   Il semblait que le vieil homme s’accrochait à cette idée que sa fille avait disparu là, « dans ces parages », comme si le mot « parage » signifiait encore quelque chose à la vitesse où ils se déplaçaient dans le vide. Taber, en faisant jouer ses muscles d’athlète pour se donner contenance, se demanda fugitivement quelle morbide pensée s’agitait dans le cerveau de O’Teary. Il imagina même, l’espace d’un éclair, qu’il avait dû solliciter cette mission du GGC que parce que c’était le seul moyen pour lui de retourner près de Sirius où Leni avait disparu. Et qu’en fait, la recherche de ce cristal n’était qu’un alibi.

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir Anticipation 1039 année 1981 ISBN 2265015210, état général moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués et passés, intérieur passé, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 224 pages



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