Le livre de poche

MACDONALD Patricia – Une femme sous surveillance

Réf: pt-ldp17005
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Description
Avis

Titre original « Secret admirer » Patricia Macdonald 1995.

Traduit de l’américain par Roxane AZIMI

Extrait 1

   Pendant que Jimmy prenait sa douche, Laura fourragea dans le tiroir à linge à la recherche de quelque chose de transparent avec des dentelles. D’habitude, l’hiver, elle mettait pour dormir une chemise de flanelle. La vieille demeure de style victorien qu’ils avaient achetée à leur arrivée à Cape Christian était une ancienne résidence d’été. Et, bien qu’elle ait été réaménagée depuis, elle n’était pas faite pour garder la chaleur. Elle avait des tas de fenêtres et des portes vitrées que le vent faisait trembler. Mais malgré tout, Laura l’aimait. Il lui semblait logique d’avoir investi son modeste héritage dans l’acquisition du seul bien matériel dont elle rêvait depuis l’enfance : une maison à elle.

   Elle sortit du tiroir la chemise de nuit en soie noire que Jimmy lui avait offerte après la naissance de Michael. Elle se souvint d’avoir dit en plaisantant qu’avec cette chemise de nuit, elle ne tarderait pas à se trouver de nouveau enceinte. Malheureusement, il n’en fut rien. D’après les médecins, il n’y avait pas de problèmes physiologiques. D’ailleurs, ils ne leur furent d’aucun secours. Peut-être que vous y mettez trop de zèle, avait dit cyniquement l’un d’eux. Il n’avait pas de solution à leur suggérer pour mettre moins de zèle à essayer de réaliser leur rêve. A tous ceux qui leur posaient la question – et ils étaient nombreux -, Laura et Jimmy répondaient simplement : nous espérons avoir un autre enfant. Mais Dolores n’était pas convaincue. Un jour, en entrant dans la cuisine, Laura l’avait entendue dire à sa belle-sœur : « Elle n’a pas eu de mal à se faire engrosser la première fois… quand elle a forcé mon fils à l’épouser. »

   Elle referma le tiroir d’un coup sec et s’assit au bord du lit. Il n’y avait aucun moyen d’amadouer cette femme. Jamais elle ne pardonnerait à Laura et Jimmy d’avoir « volé » son fils derrière son dos. Laura et Jimmy s’étaient rencontrés à San Francisco, chez un ami commun. Elle enseignait le dessin au collège, et lui était conservateur dans l’un des plus grands musées de la ville. Au début, l’idée de faire sa connaissance ne l’avait guère enthousiasmée. Elle se représentait un garçon chétif avec un nœud papillon ; elle fut donc agréablement surprise de constater qu’il ressembler plus à l’avant-centre qu’il avait été à l’université, qu’à un historien d’art. Son tempérament sociable et expansif convenait à merveille pour convaincre les collectionneurs de se séparer de leurs toiles. Bref, Jimmy était considéré comme une étoile montante sur le marché de l’art.

 

Extrait 2

   Le printemps battait son plein à la fenêtre désormais ouverte. Le soleil et le chant des oiseaux montaient à l’assaut de la maison ; le parfum des lilas en fleur s’insinuait par les mailles de la moustiquaire. Tout semblait vouloir l’attirer au-dehors. Mais le plus insistant de tous, c’était Michael ; elle lui avait promis la veille de l’emmener voir les bateaux à la marina. Elle avait fini par capituler. Elle avait conçu un plan. Le moment était venu de le mettre à exécution.

   Plissant les yeux, Laura contempla l’indésirable soleil par la fenêtre. L’hiver lui convenait parfaitement, fin manteau de grisaille dans lequel elle pouvait se draper, grelottante. Ses sorties se réduisaient au plus strict minimum : faire les courses, conduire Michael à l’école. Généralement, il lui fallait la journée pour se décider à mettre le nez dehors. Là, dans le froid et la nuit tombante, elle pouvait s’emmitoufler, se cacher des regards obliques, des murmures qui s’élevaient sur son passage. Mais depuis les premiers matins ensoleillés d’avril, sa dépression semblait s’aggraver. Les jours s’allongeaient interminablement et, sans la protection d’un lourd manteau, d’un chapeau rabattu sur son visage, elle se sentait vulnérable. Les gens étaient libres de la dévisager, de la voir se recroqueviller sous leurs regards froids. C’était déjà assez dur d’être veuve, de se réveiller tous les matins sans Jimmy. Mais être soupçonnée de meurtre…

   La sonnette de la porte la fit sursauter. « J’y vais », cria Michael. Mais Laura le rattrapa d’un bond.

   « Non », aboya-t-elle. Puis, plus calmement : « J’y vais. »

   Il faisait grand jour dans Chestnut Street. Par un temps aussi radieux, tout le monde était dehors. Se sentirait-elle jamais à nouveau en sécurité ? En tout cas, certainement pas dans cette maison. Les deux premiers mois, elle avait engagé quelqu’un pour monter la garde la nuit. Elle s’était installée dans la chambre en face de celle de Michael. Elle avait parlé à Richard Walsh de son projet de mettre la maison en vente, mais il le lui avait déconseillé, du moins pour le moment. Elle allait être assiégée par les curieux, les voyeurs ; mais personne ne voudrait l’acheter. Tous connaissaient la malédiction qui l’avait frappée. La maison où un homme avait été assassiné dans son propre lit.

   Laura entrouvrit la porte et vit un garçon avec un petit bouquet de fleurs dans un bol de verre. Le camion du fleuriste était garé le long du trottoir, Laura glissa un pourboire au livreur, le remercia et posa les fleurs sur la table de l’entrée.

 

Descriptif

Editions Le Livre de Poche 17005 année 2000 ISBN 2253170054, état général moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués et passés, pages un peu jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,3x17,8 cm, 352 pages



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