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MARTEL Jay – Prime time

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Description
Avis

Titre original « Channel Blue » Jay Martel, 2014.

Traduit de l’américain par Paul Simon BOUFFARTIGUE

Extraits

1/   Le jour qui changea l’existence de Perry Bunt et, accessoirement, le destin de la Terre entière, commença plus ou moins comme tous les autres. Perry se leva, se doucha, s’habilla et, pendant qu’ils e brossait les dents dans sa salle de bains crasseuse et sans fenêtre, il fit de son mieux pour se donner un peu de courage, postulant qu’aujourd’hui serait peut-être le jour où, après le cours, il proposerait un rendez-vous à Amanda et que non seulement elle accepterait, mais qu’après avoir pris soin de fermer à clé la porte de la classe elle le plaquerait sur son bureau avant de… Perry s’était orchestré une multitude de scénario à partir de ces simples prémices, mais il ne ferait pas le difficile – n’importe lequel lui conviendrait. Il est bien arrivé des choses beaucoup plus inattendues, songea-t-il, oubliant – et ça tombait bien – que ce sont précisément les choses inattendues dont on rêve qui n’arrivent jamais.

   Il quitta les Jardins de Wellington et se rendit en voiture à la superette pour prendre un café. C’est là que Perry eut droit à la première de toute une série de rencontres malencontreuses qui émaillèrent sa journée, en la personne d’un sans-abri nommé Ralph. Il était posté à l’entrée de la superette, sous un soleil de plomb, vêtu d’une grosse doudoune sale et d’un chapeau arborant deux porte-canette de bière (vides). Il brandissait un panneau en carton fait à la main sur lequel était écrit : « ON NOUS OBSERVE » ; rien ne reflétait mieux l’extravagance du message que le gribouillage irrégulier qui tenait lieu de calligraphie.

   Mis à part un virage à gauche à un grand carrefour, surmonter l’» obstacle Ralph » était bien la tâche la plus redoutable que Perry aurait à accomplir aujourd’hui. Habituellement, il parvenait à le contourner tout en évitant le contact visuel, mais pas cette fois. Au moment précis où Perry crut qu’il réussirait à atteindre la porte en échappant au sans-abri, celui-ci lui bloqua le passage. Perry n’eut d’autre choix que de regarder son visage. Sa barbe hirsute et ses sourcils touffus encadraient deux yeux bleu ardoise perçants, qui lui donnaient un regard de Husky de Sibérie ou d’aliéné visionnaire. Avec la chaleur, impossible de ne pas sentir son odeur, ce qui n’était pas très agréable, à moins d’apprécier les mélanges d’alcool, de cigarette, de sueur et d’excréments.

 

2/   Les deux agents de sécurité se tenaient dans l’embrasure de la porte. « Vous êtes en violation des règles de l’entreprise », déclara le grand à Amanda.

   Perry était paralysé par la peur. Comme toujours lorsqu’il se trouvait face à une figure d’autorité, qu’il s’agisse du plus modeste surveillant remplaçant de salle d’étude ou du plus menaçant des vigiles extraterrestres, il se mit à transpirer à grosses gouttes. Amanda semblait, quant à elle, étrangement sereine. Comme s’il cherchait à obtenir une réaction de sa part, le grand vigile approcha son visage à quelques centimètres du sien et lui décocha un regard réprobateur.

   « Nous avons un réel problème. Vous avez introduit un Terricule à l’intérieur de la station.

   - Et alors ? répondit Amanda. Il est inoffensif. Regardez-le. Il est évident qu’il n’est pas une menace. »

   Perry avait beau parfaitement comprendre la stratégie d’Amanda, la voir ainsi, l’air de rien, rabaisser sa dangerosité avait quelque chose d’agaçant.

   « Je sais, je sais, je n’aurais pas dû l’amener ici. Flashez son cerveau avec votre anneau et oublions tout ça.

   - Négatif ». Le grand vigile baissa la tête et se mit à dévisager Perry, que ce regard menaçant fit involontairement reculer. « Il est déjà venu ici. Nous devons effacer davantage que son cerveau. »

   Perry fit de son mieux pour stabiliser ses jambes flageolantes : elles lui seraient indispensables pour fuir cet endroit.

   « Ne nous précipitons pas, dit le petit vigile. Nous devons d’abord en parler à M. Pythagore. Veuillez nous suivre tous les deux. »

   Les deux agents de sécurité entrèrent dans la pièce ; Perry saisit sa chance. De toute la vitesse dont il était capable, il bondit sur sa droite, contourna les vigiles, s’échappa par la porte ouverte et piqua un sprint dans le couloir. Il regarda derrière lui et eut la joie de voir que personne n’était à sa poursuite. Seulement, lorsqu’il se retourna ce fut pour être à deux doigts de percuter le vigile grand et maigre. Perry s’immobilisa en vacillant, évitant de peu la collision. « Hé.. hé, mais… comment avez-vous… » balbutia-t-il avant que l’agent de sécurité ne s’empare de lui.

 

3/   Résumé

   Scénariste raté et enseignant usé, Perry Bunt rêve d’Amanda. Mais Amanda a un secret : Galaxy Entertainment. Les Terriens sont les stars idiotes de l’émission de téléréalité la plus populaire du cosmos ! Sauf que l’audience est en berne, la production arrête le show, mais en beauté, sur un dernier épisode fou : la fin du monde. Un homme peut encore sauver la planète : Perry Bunt. Cocktail explosif entre SF et humour acide, The Truman Show et Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams, voici un roman imprévisible et déjanté : épatant.

 

Descriptif

Editions 10 18 5149 de 2016 ISBN 9782264068071, Bon état général, couverture souple tranche et dos un peu marqués et passés, intérieur frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 480 pages.



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