Robert Laffont

MAZIERE Francis – Fantastique île de Pâques

Réf: essp-rlfmfip
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Description
Avis

Extraits

1/   Notre vie allait s’organiser avec les indigènes. Acceptant l’hospitalité de leurs cases, nous devions aussi accepter de tout partager, car, vu leur dénuement, il nous était impossible de nous retrancher sur nous-mêmes. Nous ne pouvons accepter l’opinion courante des voyageurs de passage qui se complaisent à dire que cette malheureuse population ne qu’à voler.

   Que feriez-vous si vous étiez dans une pareille situation ?

   Personnellement, nous n’avons jamais eu à nous plaindre de l’attitude de la population qui n’a peut-être qu’un seul défaut, celui de n’avoir reçu aucune éducation de la part de ceux qui prirent la responsabilité de cette île.

   Que les autorités de l’île se permettent d’exiger une journée de travail obligatoire par semaine, de ne pas donner d’identité ni de passeport aux malheureux Pascuans, de leur interdire de quitter leur île, de les vexer à tout propos, ne s’imaginent pas que, nous aussi, avons, à coups de privations, accepté la loi du silence.

   Vous êtes coupables de la chose la plus grave au monde, vous n’avez pas respecté la dignité et la liberté de ceux que vous appelez Indiens et qui sont les enfants de ceux qui nous léguèrent le trésor artistique des statues géantes et qui moururent de la variole des autres.

   Vous inquiétez les indigènes, vous nous avez inquiétés lors de notre travail scientifique et pourtant, vous devriez ne jamais oublier, vous qui avez payé votre indépendance, que le sang des conquistadors est une tare. Vous avez donné à ma femme, de la race noble des Polynésiens, le plus néfaste visage de ce que, nous, Blancs, essayons de sauver.

   Le lever du jour, le soleil enrichissant l’ombre des statues géantes, le vent résonnant dans le fond des cavernes nous permettent d’entrer libre dans ce monde de l’île où tant de choses insolites nous furent données par ceux dont nous parlions la langue.

   La plus grande partie de nos recherches, nous les devons à ma femme qui, inlassablement penchée sur la vie et le souffle à peine audible des vieillards, recueillit les textes qui inquiéteront ceux qui enquêtent, sous l’œil vigilant du traducteur que les autorités lui auront fortement conseillé état donné sa morale, son patriotisme et sa fidélité religieuse.

 

2/   Et là, ce soir, au pied de la plage rose d’Anakena, nous commençons notre long pèlerinage au-devant du passé de grandeur de ce qui fut le Nombril du Monde.

   Chaque jour, dès que notre troupe de chevaux quitte la plage après le bain matinal, nous entrons dans le domaine du silence. Partout c’est le témoignage de ce passé mort. Des ombres de cases dessinées sur le sol où s’insèrent, intactes, les merveilleuses pierres taillées sur lesquelles s’accrochait la charpente.

   Devant l’entrée minuscule de ces cases en forme de bateau retourné, s’inscrit, parfait, un dallage de pierres en forme de demi-lune qui servait autrefois d’aire de repos.

   D’où viennent-elles ces cases ? Est-ce le souvenir de ces premières pirogues retournées sur la terre inhospitalière ? Est-ce la survivance d’une technique ancestrale qui se retrouve aux îles Marquises ?

   D’où vient ce monde primitif et si raffiné qui, dans l’ombre de ces cases couvertes de totora tressé et d’herbe rase, inventa la grande sculpture du silence ?

   Nous le cherchons partout, dans ces couloirs de grottes, ses ces planchers de cavernes parsemés d’éclats d’obsidienne et de restes de nourriture ; nous le cherchons sur les pentes des volcans sur lesquelles s’élèvent, comme des tombes, les marques ancestrales des cultures dont il ne reste rien. Nous le cherchons sur les falaises presque inaccessibles tant elles sont rongées et sur lesquelles, pourtant, les hommes se réfugièrent dans les bouches ouvertes des grottes dévorant le soleil.

   Ce Nombril du Monde apparaît parfois comme le refuge fascinant des diables, dont les marques obscures sont ici partout gravées. Chaque jour nous explorons une dizaine de grottes. Il y en a des centaines sur l’île.

   Dans les galeries, nos lampes découvrent les visages de Make-Make, d’Akuaku. Certains possèdent encore les traces de cette merveilleuse peinture rouge feu dont les femmes paraient leur visage.

 

Descriptif

Editions Robert Laffont année 1978 ISBN 2221000803, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos légèrement marqués et passés, pages moyennement jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché grand format de 14,2x21,8 cm, 248 pages + 20 de photographies et documents.



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