Le livre de poche

MONTAIGNE – Journal de voyage en Italie

Réf: lc-ldp3957
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Description
Avis

Edition présentée, établie et annotée par Pierre Michel

Extrait 1 de « Le portrait vivant de Montaigne »

   Jusqu’à la publication en 1774 du Journal de voyage les lecteurs superficiels des Essais, favorables ou défavorables, pouvaient se satisfaire d’une image simple et cohérente de leur auteur. Les uns, avec saint François de Sales, a une espèce de Montaigne de la spiritualité, comme le qualifie Sainte-Beuve dans son Port-Royal, goûtent en lui la sagesses aimable et ordonnée de l’Honnête Homme. D’autres, voulant rivaliser avec les audaces des héros cornéliens, ou préparer le salut de leur âme, comme Pascal, dans la crainte et le tremblement de la rigueur janséniste, considèrent les Essais comme une préparation molle et lâche à la mort. En 1628, le père Boucher, dans ses Triomphes de la religion chrétienne, compare les Essais à un plat d’écrevisses, où le plus délicat est mêlé aux épluchures. Le résultat, c’est que l’engouement des « libertins », le zèle compromettant de Pierre Charron dans ses Trois Vérités, la foi intransigeante des jansénistes conduisent la Congrégation de l’Index à condamner les Essais en 1676. Désormais, et pour longtemps, s’impose le portrait du gentilhomme sceptique, vivant à l’écart du monde, polissant dans la solitude de sa librairie son livre unique, qui devait servir de bréviaire aux philosophes du XVIIIe siècle, de Fontenelle à Voltaire et Diderot.

 

Extrait 2 de « Discours préliminaire » par Meunier de Querlon

   Montaigne, au troisième Livre de ses Essais, parle de ses voyages et particulièrement de celui de Rome. Il rapporte même tout au long les Lettres de Bourgeoisie Romaine qui lui furent accordées par les conservateurs du Peuple Romain. On savait donc que Montaigne avait voyagé en Suisse, en Allemagne, en Italie, et l’on était assez surpris qu’un Observateur de cette trempe ; qu’un Ecrivain qui a rempli ses Essais de détails domestiques et personnels, n’eût rien écrit de ses voyages ; mais comme on n’en voyait aucunes traces, depuis 180 ans qu’il est mort, on n’y pensait plus.

   M. Prunis, Chanoine régulier de Chancelade en Périgord, parcourait cette Province pour faire des recherches relatives à une Histoire du Périgord qu’il a entreprise. Il arrive à l’ancien Château de Montaigne, possédé par m. le Comte de Segur de la Roquette, pour en visiter les archives, s’il s’y en trouvait. On lui montre un vieux coffre qui renfermait des papiers condamnés depuis longtemps à l’oubli ; on lui permet d’y fouiller. Il découvre le Manuscrit original des Voyages de Montaigne, l’unique probablement qui existe. Il obtient de M. de Segur la permission de l’emporter pour en faire un mûr examen. Après s’être bien convaincu de la légitimité de ce précieux posthume, il fait un voyage à Paris pour s’en assurer encore mieux par le témoignage des gens de Lettres. Le Manuscrit est examiné par différents Littéraires surtout par M. Capperonnier, Garde de la Bibliothèque du Roi ; il est unanimement reconnu pour l’autographe des Voyages de Montaigne.

   Ce Manuscrit forme un petit volume in-folio de 278 pages. L’Ecriture et le papier sont d’abord incontestablement de la fin du seizième siècle. Quant au langage, on ne saurait s’y méprendre ; on y reconnaît la naïveté, la franchise et l’expression qui sont comme le cachet de Montaigne. Une partie du Manuscrit (un peu plus du tiers est de la main d’un domestique qui servait de Secrétaire à Montaigne, et qui parle toujours de son maître à la troisième personne ; mais on voit qu’il écrivait sous la dictée, puisqu’on retrouve ici, toutes les expressions de Montaigne, et, que même en dictant il lui échappe des égoïsmes qui le décèlent. Tout le reste du Manuscrit où Montaigne parle directement et à la première personne est écrit de sa propre main (on a vérifié l’écriture) ; mais, dans cette partie, plus de la moitié de la Relation est en Italien. Au surplus, s’il s’élevait quelques doutes sur l’authenticité du Manuscrit, il est déposé à la Bibliothèque du Roi, pour y recourir au besoin. Ajoutons, pour l’exactitude, qu’il manque au commencement un ou plusieurs feuillets qui paraissent avoir été déchirés.

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 3957 de 1974 ISBN 2253001767, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 548 pages



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