PERKINS H.T. – Le pékin de Singapour

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Description
Avis

Extrait 1

   La souffrance avait plongé Frédéric dans une sorte de demi-coma. Ce fut encore elle qui l’en sortit. Il grogna faiblement. Une sensation intolérable d’étouffement le força à ouvrir les yeux. Il reconnut la pièce délabrée, misérable où avait eu lieu l’interrogatoire. Il voulut bouger ses mains, mais les menottes lui entamèrent les chairs.

   La maison était calme, le silence pesait lourdement. Un frisson le parcourut lorsqu’il se remémora l’habileté du Malais. Il savait qu’il avait tenu autant qu’il était humainement possible de le faire. Une deuxième séance serait fatale.

   En bas une chaise bougea sous le pas d’un homme. Ils semblaient attendre. Mais quoi ?

   Frédéric ne put empêcher le tremblement qui l’agita. Certes à côté des maîtres tibétains Chitak était un apprenti. N’en était-il pas plus dangereux, risquant de commettre des erreurs lourdes de conséquences ?

   Baron se concentra, essayant d’apaiser la douleur qui lui irradiait les poumons. Son cœur s’affolait, ses muscles de la poitrine semblaient se bloquer à mi-course, lui laissant juste assez de liberté pour ne pas périr asphyxié. Un bruit derrière. Lentement, il tourna la tête.

   Appuyée contre la cloison, Olga le regardait fixement. Son œil gauche avait pris une vilaine teinte violacée, sa paupière était à demi-fermée.

   Frédéric grimaça ce qu’il crut être un sourire. Décidément la situation se présentait mal…

   - Est-ce que ça va ? demanda-t-il.

   Elle ferma les yeux en signe d’acquiescement. A nouveau, il essaya de tirer sur ses menottes. La chaîne d’acier lui pénétra aussitôt dans les chaires. Il sse rendit compte qu’il avait les poignets ouverts. Le sang avait séché, format une croûte brunâtre.

   - Chitak, grommela-t-il. Je lui ferai voir moi, la vraie…

   - Moins fort le coupa Olga inquiète, ils risquent de revenir.

   Comme pour ponctuer ses paroles, un pas lourd racla le sol au rez-de-chaussée. Il y eut un bref bruit d’eau, puis le silence retomba…

   Baron parvint à s’asseoir. Il dut serrer les dents pour ne pas crier. Chaque geste lui procurait d’intolérables souffrances. Il leva les yeux et fixa la jeune femme. Celle-ci n’avait pu rabattre sa jupe ; ses cuisses blanches jetaient une note claire dans la pénombre. Il remarqua que sa poitrine battait rapidement sous le corsage tendu.      

 

Extrait 2

   Amih frappa au carreau du bungalow. Aucune lumière, tout était silencieux. Un peu inquiète elle recommença, plus fort jusqu’à ce qu’elle perçut un glissement feutré derrière la porte de la véranda.

   - C’est moi, Amih, fit-elle à voix haute.

   La serrure cliqueta, et Maillan jeta un regard prudent. Lorsqu’il la reconnut et vit Frédéric avec elle, il ouvrit la porte toute grande.

   - Mais…

   - Je vous expliquerai tout à l’heure le coupa Frédéric en entrant dans le living.

   Par une porte entrebâillée, il eut le temps d’apercevoir Olga s’éjecter d’un lit, entièrement nue. Il se retourna. Guy fermait l’huis.

   - Je sais où se cache Phan Lou Tchi attaqua Baron. Je viens de le louper de peu. Nous allons partir immédiatement pour le surprendre dans son repaire. On tient le bon bout cette fois.

   Le permanent ouvrait des yeux effarés.

   - Tous ?...

   - Les quatre, si Olga veut bien venir compléta Frédéric déchaîné. Où est votre arsenal de poche ?

   - Dans ma chambre.

   - Allons-y…

   Guy Maillan eut une imperceptible hésitation en pensant à Olga. Sans aucune gêne, Frédéric ouvrit. Elle finissait de s’habiller.

   Maillan repoussa une commode, dévoila un placard dont les battants perdus dans la tapisserie étaient presque invisibles…

   Parfaitement graissées, alignées comme pour une revue, une douzaine d’armes de tous calibres étaient stockées sur un râtelier de bois. Sur la gauche, des sten-gun anglaises, avec chargeur latéral, un FM Bar dont le cache-flamme était presque noyé de graisse. A droite une carabine US et deux fusils automatiques Fall. Des boîtes de métal posées sous le râtelier contenaient les munitions correspondantes. Dissimulée derrière le Fall une caisse d’OF 37 à détonateur au fulminate de mercure.

   - Merveilleux, émit Frédéric admiratif. Amih, tu prends une Sten. Sais-tu t’en servir ?

   L’interpellée hocha affirmativement la tête, ce qui ne surprit pas outre mesure Baron. 

 

Descriptif

Editions Beaulieu Les romans noirs franco-américains 18 année 1976, Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages moyennement jaunies, livre d’occasion broché format poche de 11,7x17,7 cm, 192 pages



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