PERKINS H.-T. – Muerte el segnor Artiste

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Extrait 1

   Lentement, sans se presser, Frédéric avança jusqu’à Inès qui le contemplait avec les yeux agrandis d’effroi.

   - Longtemps que tu joues avec ça ? interrogea-t-il de nouveau.

   - Frédéric, balbutia-t-elle.

   Il s’empara de l’ampoule de drogue, l’examina attentivement.

   - Et, en plus, c’est du super-concentré ! Incroyable, tu te piques avec des doses de grand camé.

   - Frédéric, répéta-t-elle, je…, donne-moi…

   - Si ça t’amuse, trancha-t-il, continue. A ce régime, je t’en donne pour trois mois.

   Le regard d’Inès luisait de peur. Ses lèvres remuaient, annonçaient des mots indistincts.

   - Dis-moi, continua Frédéric, qui t’a donné la drogue ? Parle, bon sang !

   Et, devant son mutisme, il reprit :

   - Soit, je vais le dire pour toi. C’est Moreno, n’est-ce pas ? C’est lui, le fournisseur de ces charmantes « choses » et je comprends maintenant pourquoi il ne tenait absolument pas à ce que je fourre mon nez là-dedans. Pauvre imbécile, s’écria-t-il. Tu ne sais même pas ce que tu fais.

   D’ordinaire si calme, l’Artiste ne pouvait pas supporter ce genre de choses. Quand il voyait des drogués, un sentiment de pitié, mais également de rage, de violence, s’emparait de lui.

   La drogue ! Un fléau redoutable, vieux comme le monde ! La drogue, l’arme favorite de…

   Une idée venait de germer dans son esprit.

   - J’en aurai le cœur net, dit-il.

   Il récupéra l’ampoule, trouva la boîte complète, la fourra dans sa poche.

   - Je reviendrai te voir. Mais d’ici là, si tu parles à quiconque de cela…

   - Croyez-vous, señor, qu’il soit utile de menacer la señorita ? demanda une voix ironique dans son dos ?

   L’artiste pivota et se trouva face à deux hommes, qui, les mains dans les poches, le regardaient, un sourire vainqueur au coin des lèvres.

   Cette fois-ci ce n’étaient plus des jeunes gens, mais des hommes habitués certainement à la bagarre. Baron les jaugea : des mécaniques, des robots obéissant à un ordre.

   - Suivez-nous, dit l’un d’eux aux yeux cruels dans une figure mince.

   Un lent sourire naquit sur les lèvres de Frédéric. Allons, l’action avait tardé, mais désormais elle était là, palpable, vivante !

   - Je ne suis pas les inconnus, rétorqua-t-il sans se troubler.

   Les deux « gorilles » avaient ôté leurs mains de leurs poches et Baron nota que tous deux étaient gantés. Deux contre un ? Bah ! Ce qui le gênait c’était plutôt l’exiguïté de la pièce.

 

Extrait 2

   Frédéric Baron était un être étrange, aux réactions insoupçonnables, capable du meilleur comme du pire. Rares étaient les personnes qui arrivaient à percer ce caractère. Ses sentiments se lisaient dans son regard. Selon ses joies ou ses peines, son plaisir ou sa colère, la teinte marron mordoré de ses yeux virait au noir profond, prenait l’éclat intense du jais. Mais toujours un sourire ironique fleurissait au coin gauche de sa bouche moqueuse.

   En somme qu’attendait-il pour quitter cette hacienda ? Que cherchait-il ? Le colonel Bontemps l’avait chargé d’une mission bien précise : retrouver le traitre au sein du réseau et l’éliminer. Or, le traitre, ou plutôt la traitresse, il la connaissait : Angélita.

   Allait-il la supprimer ?

   Combien de fois avait-il accompli ce geste fatal ? Combien de fois, avait-il tué une autre personne ? Dix, cent, mille fois ???

   Mais jamais, au grand jamais il n’avait agi en TUEUR, en être sans âme, en robot obéissant aveuglément à un ordre. Non ! Tuer Angélita, même si elle était responsable, il n’en était pas question.

   Et puis, sans se l’avouer, il ressentait ce sentiment trouble qui remuait son cœur. Frédéric revoyait les yeux de la jeune femme et ce morne désespoir qu’il avait cru y lire.

   Il se morigéna intérieurement. Il se força à faire le vide de son esprit, pour ne penser qu’à Moreno. En fait, quel était son rôle dans tout cela ? Un leader d’un mouvement extrémiste estudiantin, rien de plus. Un mouvement dans lequel un dénommé Mendez avait voulu fourrer son nez, trop long au goût de Moreno, d’où cette exécution granguignolesque.

   Ses dernières hésitations s’envolaient. Sa résolution était prise. Pour lui, cette affaire allait se terminer, et Angélita ne serait même pas inquiétée (ce qui satisfaisait sa conscience et son cœur.)

   Durant son monologue, il avait arpenté la grande cuisine, allant d’un côté à l’autre de l’immense pièce.

   Il allait se verser un verre de tequila, quand la porte s’ouvrit brusquement sur Angélita.

   - Frédéric ! haleta-t-elle.

   - Oui ?

   - Ils sont là !

   - Qui « ils » ?

   - Mais, les maîtres, les seigneurs.

   - Mais qui sont ces maîtres ?

   Angélita n’eut pas le temps de répondre. De l’extérieur parvinrent des cris, des ordres lancés à voix haute, suivis du martèlement de sabots de chevaux.

 

Descriptif

Editions Beaulieu Cercle Noir espionnage année 1976, Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu marqués, pages jaunies, livre d’occasion broché format poche de 11,7x17,7 cm, 224 pages   



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