REUCHLIN Maurice – Les méthodes en psychologie

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Extrait 1

   Il est difficile de ne pas évoquer, en introduisant un exposé sur les méthodes de la psychologie, le problème des rapports d’une méthode avec l’objet (ou la classe d’objets, le domaine) auquel on l’applique. Il suffit en effet d’examiner les adjectifs par lesquels on a coutume de spécifier des psychologies pour constater que plusieurs de ces adjectifs paraissent désigner à la fois une méthode et un domaine.

   Si la psychologie est dite expérimentale, ‘est « en raison de sa méthode », écrit P. Fraisse. Mais l’expérimentation est beaucoup plus facile à mettre en œuvre dans certains domaines de la psychologie que dans d’autres, et l’expression de « psychologie expérimentale » s’applique aussi à l’ensemble de ces domaines privilégiés, dont on sait que la région centrale est constituée actuellement par la psychologie cognitive. De même, la psychologie « mathématique » récente désigne à l’évidence une méthode, mais aussi le domaine dans lequel elle peut s’appliquer (qui se confond pour l’essentiel avec la partie la plus cultivée du domaine de la psychologie expérimentale), et le genre de résultats qu’elle a permis d’obtenir. Faire de la psychologie différentielle, ce peut être adopter comme méthode l’observation des structures qui s’aperçoivent dans les différences constatées entre des individus comparés à différents points de vue. Mais ce peut être aussi décrire comme objets, comme éléments de connaissance pouvant s’intégrer dans certaines théories ou certaines pratiques, les différences entre garçons et filles, entre enfants issus de milieux différents, entre jumeaux monozygotes et jumeaux dizygotes, etc. Le développement de l’enfant (de même que, plus largement, tout développement) peut aussi constituer soit un objet d’étude, et l’on parlera alors de psychologie de l’enfant, soit une méthode d’étude, et l’on parlera alors d’une psychologie génétique qui, notamment, « cherche à expliquer les fonctions mentales par leur mode de formation, donc par leur développement chez l’enfant. » (J. Piaget et B. Inhelder, 1968). De même, on peut considérer avec D. Lagache (1949) que la psychologie clinique est spécifiée par la méthode clinique, qui s’applique à tous les secteurs de la conduite humaine, adaptée ou inadaptée, l’expression n’en désigne pas moins souvent une psychologie des troubles du comportement, à tel point que les frontières qui séparent ce domaine du domaine médical sont parfois contestées.

 

Extrait 2

   On observe lorsqu’on constate des faits tels qu’ils se présentent spontanément. A la limite, on pourrait donc pratiquer l’observation en l’absence de toute hypothèse, et cette observation pourrait porter sur des faits singuliers, saisis globalement et immédiatement. La psychologie, même définie comme une « science d’observation » dans son sens le plus large, ne saurait utiliser une méthode d’observation ainsi définie. On peut même se demander si une observation ainsi définie est utilisable par quiconque souhaite pouvoir communiquer le résultat de ses observations. Le seul usage d’un langage en effet impose l’usage d’un système conceptuel, dont la structure s’impose à l’observateur comme un cadre antérieur à l’observation. Ce cadre constitue toujours une hypothèse implicite ou mal formulée. On pourrait s’en convaincre en suivant historiquement la constitution du vocabulaire employé pour traduire les observations courantes relatives aux « facultés » sous l’angle desquelles le langage commun différencie les individus. A une date plus récente, les hypothèses de Freud ont donné naissance à un vocabulaire employé par des psychologues cliniciens très attachés à une observation libre de toute hypothèse préalable. Ce sont donc, au moins en droit, de seules différences de degré qui distinguent le rôle accordé aux hypothèses dans les méthodes d’observation. Plus exactement peut-être, on pourrait dire que ces méthodes ne se distinguent à cet égard que par une explication plus ou moins grande des hypothèses qu’elles utilisent. L’observation scientifique est celle qui utilise des hypothèses complètement explicitées.

   De même, l’idée qu’une observation authentique ne peut être que l’observation d’un fait singulier constitue un passage à la limite. Toutes les tentatives d’observation portent sur des faits qui peuvent tous permettre, en un certain sens, la répétition de l’observation primitive, donc des faits répétables. Très éloignée de la psychologie, l’observation bergsonienne elle-même n’échappe pas à cette règle : en décrivant sa propre expérience intuitive, le philosophe use de l’art de l’écrivain pour susciter chez son lecteur la même intuition, et c’est dans la mesure où il y parvient que son lecteur connaîtra la vérité de sa description.

 

Descriptif

Editions Presses Universitaires de France Que sais-je 1359 de 1995 ISBN 2130447228, état général assez bon, couverture souple et dos un peu marqués et passé, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 11,7x17,7 cm, 128 pages   

 



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