Fleuve Noir

ROEHMER Jean Guyonne – Descente aux enfers pour L’AXE

Réf: esp-fnax3
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Description
Avis

Présenté par Claude Rank

Extrait 1

   Axel Rohde et Bastien Kolbert patientèrent jusqu’à 20 heures devant le 137 bis de la rue de Flandre. Bastien avalait de petites pincées de pistaches, l’air sombre.

   - Qui te prouve qu’il n’est pas déjà sorti ? dit Rohde.

   - Je me suis tuyauté. Il travaille aux rectifications de la voie. Joints isolants, soudures thermiques, etc.

   - Et alors ?

   - Pas un genre de job qu’on peut faire de jour. Son boulot, c’est la nuit. D’après le commissariat de quartier, il a emménagé au 137 quand il e été nommé à ce poste.

   - Pourquoi rue de Flandre ?

   - La grande usine souterraine du métro, en même temps que dispatching des travaux d’urgence, se trouve à 400 mètres d’ici : atelier de la Villette. C’est par là qu’on rayonne, la nuit, à travers tout le réseau. (Il avala une gorgée de steinhager, tendit sa légendaire flasque de cuir et chrome. Son « papa le légionnaire » l’avait, disait l’histoire, fauchée à un général italien du côté de Zouar, alors qu’il faisait partie en 42, avec Massu, du bataillon de marche du Tchad.)

   « Les mecs qui descendent dans le métro en nocturne… Tu sais combien il y en a ? Plusieurs milliers. 25 à 30 trains de travaux par nuit. Peuvent pas prendre la rame, eux, Chaussée d’Antin ou Nation, même s’ils sont à Chaussée d’Antin ou Nation. Ils y vont, oui, mais à partir de …

   - J’en ai marre de l’attendre, coupa Rohde, rendant la flasque. Reste en planque, moi j’y vais. Etage ?

   - 6e sans ascenseur. Porte à gauche. Mais c’est la blague, Xou. A cause de ses mêmes, ça aurait été mieux de le voir ailleurs que chez lui.

   Rohde traversa. Bien que hanté de Nord-Africain rôdeurs, le quartier était un peu plus cossu qu’il ne l’avait imaginé, certains immeubles attestant encore d’efforts architecturaux qu’on aurait pu trouver quai Bourbon ou dans le 7e.

   Au passage, il entr’aperçut un couple de concierges devant la TV. Roer Gicquel, avantageux et paternaliste a son habitude, à peine gauchisant, distribuait sur l’écran, l’air supérieurement bon enfant, ses impressions définitives sur les événements du jour.

   Il parvint aux escaliers sans avoir été interpellé, grimpa lestement 3 étages, puis souffla au 4e, gravissant les deux derniers avec moins d’ardeur. Derrière la porte gauche du sixième, on entendait de la musique in, entre deux crises de larmes de bébé. Il sonna et presque aussitôt une fille toute jeune en pantalons rouges collants et chemisiers déboutonné vint ouvrir, pieds nus, échevelée. Elle était très jolie, mais pas très nette. De la bouillie jusqu’à ses cheveux blonds, elle portait un nourrisson de 6 à 7mois sur le bras.

 

Extrait 2

   Devant l’entrée extérieure des ateliers centraux de la RATP stationnent une ambulance SAMU et un cars entouré d’agents véhéments. May freine sec, et tout le monde se retourne. Je m’élance vers un brigadier des gardiens de la paix, présentant une carte professionnelle « Intérieur » (L’un des privilèges accordés, de mauvaise grâce, par notre relatif ami le secrétaire d’Etat.)

   - Que s’est-il passé ?

   - Oon sait pas troop, me répond le gradé avec l’accent traînant franc-comtois. Oon nous a appelés, rapport paraît-il a une agression. Deux employés oont été blessées. Et oon dit qu’une rame est en vadrouille.

   - En… quoi ?
   - Vous voilà enfin ! s’écrie derrière moi une voix yankee bien connue. Vous l’avez foutre où ça, sécurité due à ce mec important ?

   - Expliquez-vous, Bok.

   - Vous coonnaissez ces personnes étrangères ? m’interpelle le brigadier. Elles faisaient beaucoup de bruit. Nous allions les embaarquer.

   Easton Vissea surgit de la pénombre, maigrelet et sournois, sorte de lycéen équivoque émergeant des cabinets après faute. Il attend, tendu, et je me décide.

   - Je me porte garant d’eux. Brigadier.

   - Vos individus non recherchés, nasille la radio dans le car.

   - J’avais déjà demandé des informations au Terminal, fait le brigadier sur un ton d’excuse.

   - A partir de cet instant, cessez toutes transmissions radio, dis-je. Tout au fil. Si on vous questionne, répondez à l’état-major que c’est sans doute une affaire politique.

   - l’OPJ de service a été prévenu. Vous vous arrangerez avec lui.

   J’attire Roger Curtis Bok à l’écart, et Vissea nous rejoint.

   - Vous vous trouviez où ça ? Appellation téléphone depuis 2 heures. Vous fouite ?

   - Parlez votre langue ou amenez-moi un traducteur, mon vieux. Et de deux, comment avez-vous obtenu notre numéro de la Défense ?

   - Marre, à présent, tout ce cache-cache ! éclate, en anglais cette fois, Vissea. Quand donc comprendrez-vous que nous sommes avec vous, vraiment avec vous, et que les Huns depuis 2 mois nous jouent à tous des tours de vache ?

   - La fille du petit vieux l’avait, votre chiffre, dit Bok. Le vieux nous l’a refilé. Encore heureux !

   - Bref ?

   - Bref, nous avions en mire depuis 48 heures deux bizarres nouveaux arrivants débarqués par Lufthansa de Munich, sans le moindre bagage. Notre secteur Saint-Cloud nous les avait signalés. Vers minuit, un homme que nous avons toutes les nuits de veilles, ici même, nous a prévenus que les voyageurs sans bagages rôdaient autour des ateliers Villette.

                     

Descriptif

Editions Fleuve Noir L’AXE 3 de 1979 ISBN 2265009938, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur moyennement frais, livre d’occasion broché format poche de 11,3x17,8 cm, 224 pages   



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