Gallimard

SABATINI Rafael – Le Capitaine Blood

Réf: j-gbbrscb
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Description
Avis

Traduit de l’anglais par Ed. Michel-Tyl

Illustrations d’Owen Wood

Extraits

1/   Mr Blood considéra un moment ce jeune homme qui venait de risquer sa vie pour un misérable aventurier. Le médecin soupira puis s’agenouilla, déchira le pourpoint et la chemise, demandant qu’on lui apportât de l’eau et de la charpie.

   Il était encore penché sur le blessé, une demi-heure plus tard, lorsque les dragons arrivèrent dans la cour. Le bruit des sabots de leurs chevaux ne détourna pas son attention fixée sur le patient qui venait de reprendre connaissance et paraissait alarmé par l’arrivée des cavaliers du roi.

   Jérémie Pitt s’était introduit dans une armoire à linge. Baynes semblait mal à l’aise ; sa femme et sa fille tremblaient de peur. Mr Blood les rassura tous.

   - Que craignez-vous ? dit-il. Nous sommes dans un pays de chrétiens qui ne font pas la guerre aux blessés et à ceux qui les soignent.

   Il approcha des lèvres de lord Gildoy un verre contenant un cordial.

   - Demeurez en paix, monseigneur ! dit-il ; le plus pénible est fait.

   Comme il parlait, une douzaine de dragons en habit rouge pénétraient dans le hall, conduits par un officier dont le collet était garni de dentelle d’or.

   Baynes demeura immobile, mais sa femme et sa fille reculèrent. Mr Blood, agenouillé près du blessé, tourna la tête par-dessus son épaule pour regarder les cavaliers.

   L’officier lança un ordre ; les dragons s’arrêtèrent, tandis que leur capitaine, la main sur le pommeau de son épée, s’avançait vers le fermier. Les molettes de ses éperons résonnaient sur les dalles.

   - Je suis le capitaine Hobarth, des dragons de Tanger, dit-il. Où sont les rebelles que vous avez reçus chez vous ?

   Le fermier perdait son sang-froid. Il répondit, d’une voix chevrotante :

   - Je n’abrite… pas… de rebelles, monsieur l’officier. Ce gentilhomme blessé…

   - Je vois ! fit Hobarth marchand vers lord Gildoy et l’examinant, les sourcils froncés. Il est inutile de demander dans quelles circonstances il a été blessé. Qu’on l’emmène ! dit-il, tourné vers ses dragons.

   Mr. Blood se leva et s’interposa.

   - Nous sommes en Angleterre, monsieur, dit-il à l’officier et non à Tanger. Ce gentilhomme est grièvement blessé et ne peut être transporté.

 

2/   Aussitôt que don Diego eut donné sa parole, il fut remis en liberté et chargé de diriger la manœuvre. Il prit ses repas dans la grand-chambre avec Blood et les deux officiers élus par les rebelles : Hagthorpe et Wolverstone.

   L’Espagnol se révéla compagnon agréable. Tout de suite il avait fait observer l’inconvénient de s’éloigner vers l’est, en fuyant vent arrière. Mieux valait naviguer au plus près du vent et pénétrer franchement dans la mer des Antilles en traversant l’archipel, entre Tabago et Grenade. On gagnerait ensuite Curaçao en faisant route au sud. Ces parages étaient plus sûrs, on y rencontrait moins de navires, et le Cinco Llagas n’était pas en état de combattre avec un équipage réduit et inexpérimenté.

   Le soir du deuxième jour, don Diego annonça que si le vent ne mollissait pas, on atteindrait Curaçao dans trois jours.

   Le vent souffla régulièrement. Les trois jours écoulés, le galion était encore en pleine mer.

   - Demain matin nous apercevrons sans doute la terre, dit l’Espagnol à Blood.

   - C’est toujours demain avec vous, grogna l’Irlandais ; demain qui ne vient jamais.

   Blood descendit pour aller voir son malade. Jérémie Pitt. Depuis vingt-quatre heures, le jeune homme n’avait plus de fièvre et les plaies de son dos se fermaient lentement. Pitt se plaignit de l’atmosphère étouffante et demanda à être porté sur le pont. Le capitaine y consentit.

   Assis sur un ballot d’étoffes, le jeune marin emplit avec joie ses poumons de l’air frais du large. Puis, aussitôt, l’instinct du navigateur reprit le dessus. Jérémie leva la tête pour regarder le ciel étoilé, d’un air distrait. Brusquement, il fronça les sourcils et dit à Blood.

   - Es-tu un peu astronome, Peter ?

   - Pas le moins du monde. Je suis incapable de distinguer Orion de Vénus.

   - Et ton équipage partage cette belle ignorance ?

   - Sans doute.

   Jérémie montra un point dans le ciel, à tribord.

   - L’étoile polaire, dit-il.

   - Ah, c’est admirable !

   - Et l’étoile polaire à tribord au-dessus, cela veut dire que nous allons vers le nord-nord-ouest. Tu m’as dit que nous avions traversé l’archipel entre Tabago et Grenade et que nous voguions vers Curaçao. Dans ces conditions, nous devrions avoir l’étoile polaire à bâbord derrière.

   Blood s’était levé, soudain roidi. Il allait parler, lorsque la porte de la cabine de poupe s’ouvrit, puis on entendit un pas descendre l’échelle. C’était don Diego. Peter l’appela.

 

Descriptif

Editions Gallimard La Bibliothèque Blanche année 1968, état général moyen, couverture rigide, tranche et dos un peu marqués et moyennement passés, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion relié moyen format de 14,5x21,2 cm, 210 pages.



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