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SAPIR et MURPHY – Safari humain, L’Implacable 12

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Description
Avis

Titre original « Slave Safari » Richard Sapir et Warren Murphy, 1973

Traduit de l’américain par Brigitte SALLEBERT

Extrait 1

   James Forsythe Lippincott hurla après son boy qui devait se cacher quelque part dans cet Hôtel Busati dont les serviettes de bain, les draps, les rideaux et les robinets étaient tous ornés d’un large V, souvenir de son ancienne gloire victorienne. D’ailleurs, depuis le départ des Britanniques il n’y avait plus d’eau chaude, et après le départ des derniers Asiatiques, la veille, même l’eau froide ne coulait plus des robinets.

   - Boy ! hurla Lippincott, qui, à Baltimore, sa ville natale, ne se serait jamais permis de s’adresser de la sorte même à un enfant noir de neuf ans.

   Ici il gueulait après tout le monde. Pourtant les nouvelles normes busatiennes annoncées dans le journal de la veille, spécifiaient bien que tout étranger, surtout s’il était blanc, qui appelait un Busatien « boy » risquait une amende de mille dollars, quatre-vingt-dix jours de prison et le fouet.

   Mais en versant d’avance un acompte au ministre de la Sécurité publique et au Grand Chef Conquérant Dada « Big Daddy » Obode (qui ce matin même avait encore défendu avec succès Busati contre une invasion aéroportée des forces américaines, anglaises, israéliennes, russes et sud-africaines comprenant, d’après Radio Busati, les plus récents modèles d’avions atomiques), on pouvait éviter de régler l’amende dans sa totalité.

   Cette procédure busatienne connue sous le terme d’» indulgence » était une innovation révolutionnaire dans le domaine juridique.

   A Baltimore la même technique s’appelait tout simplement pot-de-vin.

   - Boy, veux-tu te dépêcher ! hurla Lippincott. Il n’y a pas d’eau !

   - Oui, Bwana, répondit une voix provenant du couloir.

   Un homme transpirant apparut finalement, nageant dans un pantalon et une chemise blanche trop grands pour lui, chaussé d’une paire de sandales en plastique fendues par endroits, ce qui faisait quand même de lui l’homme le plus riche de son village (à vingt kilomètres en remontant le fleuve).

   - Walla est là pour te servir, Bwana.

   - Je veux de l’eau, sale nègre ! ordonna Lippincott en le cinglant de sa serviette.

   - Oui, Bwana, répondit immédiatement le boy qui repartit aussi sec.

   Lorsque Lippincott était arrivé à Busati il était décidé à respecter les fières traditions africaines et à retrouver celles qui avaient été anéanties par la colonisation. Mais il découvrit très vite que sa politesse ne lui apportait que dérision. Un jour le ministre de la Sécurité publique lui expliqua :

   - Les nègres de la brousse ont besoin d’être battus, monsieur Lippincott. Pas comme vous et moi. Je sais bien que de nos jours il est contraire à nos lois qu’un blanc frappe un noir. Mais, de vous à moi, la seule façon de traiter un natif de la brousse c’est bien avec des coups. Ils ne sont pas comme nous, les Hausas, ce ne sont même pas des Lonis (que Dieu les aide !) mais de pauvres bougres.

 

Extrait 2

   - Je vois que mon enveloppe vous intrigue. Elle contient vos billets pour Busati, vos passeports, ainsi qu’un article soi-disant rédigé par vous. Vous devriez le lire, n’oubliez pas que vous êtes censé l’avoir écrit.

   - Je l’ai déjà lu.

   - Il n’a pas encore été publié !

   - Un clown qui travaille pour Lippincott me l’a montré. Ils ont même proposé de m’engager.

   - Mais, c’est excellent. Nous n’en espérions pas autant. Nous avion prévu de vous faire entrer en Busati comme journaliste mais tant pis pour le magazine. Lippincott c’est encore mieux. C’est bien la première fois, Remo, que je vois une affaire se présenter sous de bien meilleurs auspices que ceux que j’avais envisagés.

   - Je ne travaillerai pas pour lIppincott, répliqua Remo. Je le lui ai déjà expliqué personnellement.

   - Vous avez rencontré Laurence Butler Lippincott ! s’exclama Smith avec une pointe de respect dans la voix.

   - Ouais ! je l’ai vu, votre Lippincott. Je lui ai même expédia quelques-uns de ses employés à travers la gueule.

   - Vous avez fait quoi ?
   - Je lui ai fait comprendre que je ne voulais pas travailler pour lui.

   - Mais il aurait fait une excellente couverture en Busati. Nous avons besoin de quelqu’un pour porter le chapeau si les choses tournent mal là-bas.

   Remo haussa les épaules.

   - Vous n’avez même pas encore reçu votre ordre de mission que vous avez déjà réussi un beau gâchis !

   - Dans ce cas, ne m’y envoyez pas, suggéra Remo en quittant le jardin d’hiver pour la cuisine.

   Il ouvrit la porte du réfrigérateur et sortit un bol de riz et de canard froid. Chiun lui avait pourtant souvent répété qu’il ne fallait jamais manger lorsque l’esprit n’était pas au repos.

   Smith le suivit dans la cuisine.

   Remo prit une petite boule de riz entre ses doigts et la plaça dans sa bouche. Combien il aurait préféré un bon hamburger bien juteux, pensa-t-il.

   - Cette affaire risque de saper la confiance des Américains en leur gouvernement, expliqua Smith.

   Peut-être que s’il mélangeait le riz avec le canard cela serait meilleur.

   - Tout gouvernement doit prouver son aptitude à garantir la sécurité de ses ressortissants, insista Smith.

   Remo essaya le mélange.

   - Nous n’avons pas de preuves formelles, mais nous pensons que quelqu’un fait des raids esclavagistes aux Etats-Unis.

 

Descriptif

Editions Plon L’implacable n°12 année 1979 ISBN 2259004628, état général correct, couverture souple, tranche et dos marqués et passés, tranche oblique, pages jaunies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 224 pages   



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