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SAUL John – Le châtiment des pécheurs

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Description
Avis

Titre original « Punish the sinners » John Saul, 1978.

Traduit de l’américain par Jean-Pierre PUGI

Extraits

1/   Peter Balsam visitait les salles du lycée Saint-François-Xavier et sentait croître son malaise. La plupart des écoles paroissiales ressemblaient désormais aux établissements publics, et l’enseignement du catéchisme y occupait une place moins importante que par le passé. Mais ici, à Neilsville, une statue de la Vierge Marie trônait dans une niche murale à l’intérieur de chaque classe. Monseigneur Vernon finit par remarquer que quelque chose le troublait.

   - Ne vous ais-je pas dit que nous respections les traditions ? fit-il avec un petit sourire. Sans doute nous trouvez-vous un peu rétrogrades ?

   Peter tenta une fois de plus de minimiser ce qu’il ressentait.

   - Je me demande simplement ce qu’en aurait pensé saint François Xavier. Si ma mémoire est bonne, il ne faisait pas grand cas des conventions. Ne dit-on pas qu’il était constamment joyeux ?

   Le prêtre s’arrêta, la main sur le bouton de porte de la dernière salle qu’il leur restait à visiter. Il dévisagea Balsam pendant près d’une minute et choisit ses mots avec soin.

   - Je vais présenter les choses de la façon suivante : saint François Xavier était Jésuite mais cette école ne l’est pas. Tous les habitants de cette paroisse, moi inclus, se sentent plus proches des dominicains. Me suis-je bien fait comprendre ?

   - Parfaitement, répondit Balsam en feignant la désinvolture. J’ai tendance à associer les dominicains à l’Inquisition, mais je m’efforcerai d’en faire abstraction.

   Monseigneur Vernon le lorgna avec suspicion puis s’autorisa un sourire.

   - J’espère que vos efforts seront couronnés de succès.

   Il déverrouilla la porte et s’écarta afin de le laisser passer.

   - Voilà votre domaine.

   Balsam examina cette salle avec plus de curiosité que les précédentes. Elle était à première vue identique : une pièce carrée qui surplombait la cour, avec un tableau noir sur une paroi, cinq rangées de six bureaux, le sien isolé dans un angle et orienté de façon que tous les élèves soient dans son champ de vision. La seule différence, c’était qu’au fond de la classe la niche destinée à Marie contenait une autre effigie. Il l’étudia un moment puis se tourna vers le prélat.

   - Je ne comprends pas, avoua-t-il en allant regarder la statue de plus près. Qui est-ce ?

 

2/   Elle regarda le vin au fond de son verre puis leva les yeux sur Peter.

   - C’est plus facile à supporter, quand on prend tout en dérision. J’avais le choix entre cela et la fuite. J’ai opté pour les clins d’œil.

   - Je ne sais pas ce que je dois faire. L’attitude de Vernon m’inquiète, et je redoute encore plus les effets que son fanatisme peut avoir sur les jeunes. Mais quelles sont mes possibilités ? Je lui dois obéissance. Je n’ai pas de syndicat pour me soutenir, je ne dépends que de l’Eglise… et ceux qui la dirigent n’apprécient guère que de simples sous-fifres se plaignent de leurs supérieurs.

   - Admettons que vous ayez raison. Supposons que ce prêtre soit fou à lier. N’avez-vous pas le devoir de le dénoncer ?

   - Bien sûr que si ! Cependant, comment pourrais-je démontrer que trop de foi n’est pas la foi ?

   Margo réfléchit, ne put assimiler ce concept et décida de changer de sujet. Ils parlèrent de choses sans importance. Tout au long du dîner, ils eurent une de ces conversations propres aux personnes qui veillent à ne pas aborder un thème donné. Ce fut seulement lorsqu’ils eurent fait la vaisselle et ouvert la deuxième bouteille qu’il lui demanda :

   - Vous êtes-vous intéressée aux saints qui ornent l’église ?

   Elle lui lança un regard interrogateur puis haussa les épaules.

   - Je ne saurais pas les différencier, avoua-t-elle. Pourquoi ? Avez-vous également découvert une anomalie à leur sujet ?

   Peter s’abstint de faire remarquer qu’elle l’accusait de se perdre dans des détails. Il tenta de lui exposer ses craintes.

  - Ce sont tous des dominicains des XIIIe et XIVe siècles. C’est à première vue étrange, dans une église qui a reçu le nom des premiers jésuites.

   Margo fronça les sourcils. Elle semblait essayer de se rappeler quelque chose.

   - Vous savez, fit-elle. Je crois me souvenir qu’un jour, il y a de cela environ cinq ans, j’ai été très surprise en regardant ces statues. Elles me paraissaient différentes. Je n’y ai toutefois pas accordé beaucoup d’importance. Je me suis dit que je devais faire erreur. Cependant, il n’est pas exclu qu’il les ait remplacées.

 

Descriptif

Editions J’ai lu Epouvante 3951 année 1995 ISBN 2277239518, état général moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués et passés, intérieur passé, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 416 pages



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