TRIERWEILER Valérie – Merci pour ce moment

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Description
Avis

Extraits

1/   En ce jeudi sombre où François le quitte, je serai incapable de me concentrer sur plus de deux lignes d’un livre. J’assiste impuissante à la fin de notre couple. Le Président m’assure que je n’ai pas de souci à me faire, que j’arai sûrement des propositions professionnelles qui me permettront de repartir dans la vie.

   Après avoir abordé la question financière, il évoque tous les points qui le préoccupent. Il veut que j’abandonne l’idée d’écrire un livre, une idée qui s’impose à moi depuis quelques jours et dont je lui ai parlé. Il n’est pas question de me faire renoncer à quoi que ce soit qui concerne « ma vie d’après lui ». Il insiste pour que nous annoncions « notre » séparation par un communiqué commun. Je refuse. Cette rupture, je n’en veux pas. Elle n’a rien de commun. Il me l’impose. Le ton est calme. Froid. Tout est si triste.

   Avant qu’il parte, j’exige de récupérer sa clé.

   - Tu me vires de ta vie, tu n’es plus chez toi ici, je veux la clé. Je veux être libre de faire venir qui je veux quand je veux. Je sais qu’il n’aime pas cette phrase. Il me trompe depuis plus d’un an mais ne peut supporter l’idée que moi je puisse vivre ma vie. Ainsi sont ces hommes-là. Il résiste.

   - On te la fera porter.

   - Non, je veux la récupérer maintenant.

   Il appelle l’officier de sécurité qui détient la clé. Il va le voir dans le couloir et revient. François en a besoin pour descendre au sous-sol où attend la voiture, car l’immeuble est sécurisé et nul ne peut atteindre le parking sans tourner la clé dans l’ascenseur.

   Qu’à cela ne tienne, je décide de les accompagner pour avoir l’objet bien en main. Nous nous retrouvons à descendre six étages, François et moi, accompagnés du porteur de croissants, ce policier immortalisé par les paparazzi rue du Cirque. Je le regarde droit dans les yeux.

 

2/   Je suis donc soulagée que le spectre d’une cohabitation ingérable s’éloigne. Nous ne rentrons par rue Cauchy. Je m’endors de son côté du lit dans l’appartement de l’Elysée, confiante. Pour François, la nuit sera courte à attendre l’ensemble des résultats. Je ne l’entends pas se glisser à mes côtés.

   Le lendemain matin, il part très tôt. Nous avons juste le temps d’écouter un peu la radio ensemble. Je prends mon temps pour me préparer et je descends à mon bureau un peu plus tard. Comme j’en ai l’habitude, je consulte le fil AFP sur mon Iphone. Je découvre soudain une dépêche « Urgente » : « François Hollande apporte son soutien à Ségolène Royal. »

   La dépêche agit sur moi comme un coup de poignard. Le texte est sobre : « Dans cette circonscription Charente-Maritime, Ségolène Royal est l’unique candidate de la majorité présidentielle qui peut se prévaloir de mon soutien et de mon appui. François Hollande, président de la République, lundi 11 juin 2012. »

   Il m’a donc menti et vient par la même occasion de renier l’un des ses engagements de campagne. Pourquoi n’a-t-il pas té honnête la veille au soir, quand il m’a parlé ? Pourquoi n’a-t-il pas essayé de m’expliqué qu’il ne pouvait pas faire autrement ? Que Ségolène Royal faisait pression sur lui et que les enfants étaient intervenus en sa faveur ? Je crois que j’aurais tempêté, mais je me serais inclinée. Il n’a pas eu le courage de m’en parler. Il vient de désavouer l’une de ses promesses publiques, brandie comme un serment et il l’a fait pour des raisons privées. Et à moi, il a menti, une fois de plus.

   J’appelle aussitôt François, furieuse. Je le préviens que je vais soutenir Falorni. J’avais déjà été choquée du sort qui lui avait été réservé avec sa mise à l’écart de l’investiture. Là, c’est une double peine. François sent qu’il est allé trop loin, que mon énervement est à son comble. Il essaie d’éteindre l’incendie qu’il a lui-même allumé.

   - Attends-moi ! J’arrive, on se rejoint en haut.

 

3/   Résumé

   Un jour, un amour violent a incendié ma vie. Il avait quatre enfants. J’en avais trois. Nous avons décidé de vivre ensemble.

   Mais la politique est une passion dévorante. Parti de très loin, François Hollande a été élu président de la République. J’ai été aspirée dans son sillage.

   Le pouvoir est une épreuve pour celui qui l’exerce, mais aussi pour les siens. A l’Elysée, je me sentais souvent illégitime. La petite fille de la ZUP en première dame : il y avait quelque chose qui clochait.

   J’ai appris l’infidélité du Président par la presse, comme chacun. Les photos ont fait le tour du monde alors que j’étais à l’hôpital, sous tranquillisants. Et l’homme que j’aimais a rompu avec moi par un communiqué de dix-huit mots qu’il a dicté lui-même à l’AFP, comme s’il traitait une affaire d’Etat.

   Tout ce que j’écris dans ce livre est vrai. Journaliste, je me sentais parfois à l’Elysée comme en reportage. Et j’ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour.

 

Descriptif

Editions Les Arènes année 2014 ISBN 9782352043850, état général moyen, couverture souple tranche et dos moyennement marqués et passés, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché grand format de 14,7x22,2 cm, 320 pages.



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