TUBB E.C. - Kalin

Réf: sf-ogb150
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Description
Avis

Ce roman est suivi d’une nouvelle de Katherine MacLean : Contagion

Titre original « Kalin » E.C. Tubb, 1969.

Traduit de l’anglais par Françoise MAILLET

Extrait 1

   Dumarest n’y prêta pas attention. Il courait, le visage dur, mesurant le temps et la distance. Il pouvait atteindre la fille avant la foule. Il pouvait peut-être arriver jusqu’à elle et revenir à la grille juste avant qu’ils aient couvert la distance. Il devait essayer.

   Elle leva les yeux vers lui, ses yeux qui étaient des flaques de feu vert dans la pâleur translucide de son visage. Ses mains se levèrent, papillons blancs, dans un geste de défense. « Non ! » supplia-t-elle. « Non ! »

   Sa voix était âpre, rapide. « Je ne vous veux pas de mal. Pouvez-vous vous mettre debout ? Courir ? »

   Elle bougea, grimaça de douleur. « Ma cheville... »

   Il n’avait pas le temps de parler davantage. Il se baissa, saisit son poignet et la souleva. Le choc de son corps fut léger à son épaule. Il sentait la douceur de sa cuisse nue contre la paume de sa main gauche, la chaleur de son corps contre sa joue. Il courut vers la grille, vit les visages des gardes assemblés, leurs armes hautes, les yeux attentifs de ses deux compagnons.

   « Earl ! » s’écria le négociant. « Derrière vous ! »

   Quelque chose frappa sa jambe. Quelque chose d’autre lui agrippa le bras. Il virevolta, donna un grand coup de sa main libre, vit s’affaisser une face hargneuse. Un homme, plus rapide que les autres, l’avait rejoint et avait essayé de lui arracher la fille. Dumarest la mit debout et la poussa vers la grille.

   « Bougez ! » ordonna-t-il. « Sautez à cloche-pied s’il le faut, mais bougez ! »

   - « Mais vous… »

   - « Bon sang, petite, ne discutez pas ! »

   Il se retourna juste à temps pour éviter une hache dirigée vers son crâne. Il recula, saisit le manche, arracha l’arme à celui qui la portait et lui en abattit le tranchant en travers de la bouche. L’homme tomba, crachant des dents et du sang, et cria tandis que des pieds l’écrasaient contre la pierre. Un couteau étincela à la lueur du feu. Dumarest leva un bras et arrêta la lame. Celle-ci déchira sa tunique ; le fil trancha le plastique et grinça contre la trame métallique du dessous. Il allongea un coup de hache, la sentit se planter, lâcha le manche, tandis qu’un pouce essayait de lui faire sauter les yeux. Il donna un coup de pied et sentit un os céder sous sa botte. Raidissant ses deux mains, il recula lentement vers la grille : à coups de poings, de pieds, utilisant ses coudes et sa tête comme armes. Décochant des coups, sans cesse en mouvement, sans cesse à l’attaque.    

  

Extrait 2

   Un disque veiné vola en éclats, fit place à des yeux, un nez, une bouche et des mentons en dégradés. Une voix pareille au crissement aigu d’un ongle sur de l’ardoise. « … vais t’apprendre à obéir ! Tu n’es pas mon enfant, alors ne fais pas comme si tu l’étais ! Petite vermine ! Prends ça… et ça… et… ».

   La femme disparut. La lumière éclata, donnant naissance à un nouveau visage : les yeux chassieux, la bouche molle, la bave dégoulinant d’une barbe visqueuse. « … n’a jamais été tout à fait bien depuis que ses parents sont morts. N’aurais pas dû le recueillir mais pensais lui donner l’occasion de gagner sa vie. Seule chose à faire, le rosser jusqu’à ce qu’il revienne à la raison ou le vendre à la ferme. Vendre… vendre… vendre ! »

   L’impact des coups, la douleur, la montée d’une vague rouge, comme une bande magnétique se déroulant de sa bobine : désert rouge, clair de lune blanc, tremblotement jaune d’une flamme dansante. Des sensations gustatives ; la saveur piquante des épineux, la douceur de l’eau, le sang riche et nutritif, la viande fraîchement tuée filandreuse sous la dent. Des images mentales émotionnelles : la solitude, la peur, la vigilance incessante. L’inconfort physique. La peur. La faim. La douleur. La peur. La solitude. La faim. La peur. La faim. La faim.

   Un vaisseau spatial tombant du ciel comme un ballon scintillant.

   Des bêtes à fourrure. Des lapins. Des rats. Des chiens hargneux. Des choses couvertes d’écailles ; des lézards, des serpents, des créatures qui crachaient. Des araignées, des scarabées et des choses qui détalaient et se cachaient entre les pierres.

   La faim. La soif. La faim. La soif. La faim. La faim. La faim.

   Un autre vaisseau tombant comme une feuille couleur d’argent.

   « Non ! »

   Des mains le prirent aux épaules, dures, fermes ; une lumière stroboscopique lui frappa les yeux. Le goût de quelque chose d’âcre rétablit ses sens ébranlés.

   Dumarest suffoqua. « Qu’est-ce ?... »

   - « Vous rêviez. », dit une voix. « Tout va bien maintenant. »

   Les mains retombèrent, la lumière s’éteignit, une cabine tournoya devant ses yeux. Métal, cristal et plastique stérile. Des vitrines et des machines familières. Un homme à la tête ronde et glabre, avec la tunique verte du corps médical fermée bien haut sur le cou. Il sourit, tandis que Dumarest s’efforçait de se redresser.

 

Descriptif

Editions Opta Collection Galaxie bis 150 année 1976, bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passé, pages moyennement jaunies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x18,3 cm, 256 pages   



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