Le livre de poche

VALOGNES Aurélie – Mémé dans les orties

Réf: rf-ldp34058
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Description
Avis

Extraits

1/   Depuis deux jours, Ferdinand est cloîtré chez lui, blotti en chien de fusil dans son lit, cerné par les mouchoirs qui jonchent le sol. Il ne veut ni se lever, ni sortir. Pour aller où d’ailleurs ? Il sait qu’il va finir près du potager où Daisy se soulageait, sur les tomates des voisines, ou près de la maison où un roquet faisait le beau derrière sa grille.

   Le silence de l’appartement l’oppresse. Ses vieilles habitudes lui semblent désormais vides de sens. Il n’a plus envie de rien, même pas de manger, comme quand il a divorcé. Il s’est tout de même forcé à avaler quelques conserves périmées. Il a un peu vomi mais de toute façon il ne se sentait pas bien. Mourir d’intoxication alimentaire ou d’autre chose, peu lui importe. D’ailleurs il sent une pression à la poitrine, un poids qui l’empêche de respirer. Cette sensation d’étouffement ne le quitte plus, comme pour combler le vide laissé par Daisy.

   Si la tristesse et la solitude sont ses nouvelles compagnes d’infortune, il reste de la place pour un sentiment plus envahissant encore : la colère. Ferdinand ne peut se résigner à accepter la thèse de l’accident, il doit bien y avoir un coupable, quelqu’un sur qui déverser sa haine. Daisy était si jeune, à peine sept ans. Un véritable gâchis ! Et puis, sa chienne était l’être le plus tendre qui puisse exister, elle n’aurait jamais fait de mal à une mouche. Même les canaris de la concierge, elle ne s’en était jamais approchée. Même les agressions du chat de la voisine du 2B ne l’atteignaient pas : elle se contentait de le toiser avec panache.

   C’est incompréhensible. Daisy n’a jamais essayé de se détacher lorsqu’il l’accrochait au poteau devant les commerces. Elle était d’une patience exemplaire. Et si le nœud de sa laisse s’était défait, elle n’aurait pas fui. Au pire, elle serait rentrée à la maison et pour cela, elle n’avait pas besoin de traverser la rue. Le chemin, elle le connaissait par cœur : ils le faisaient invariablement chaque jour. Alors pourquoi ? Pourquoi avait-elle disparu ? Pourquoi avait-elle traversé la rue toute seule ?

 

2/   Ferdinand ne sait pas pourquoi, mais alors que ses douleurs avaient disparu depuis deux semaines, juste après la fameuse nuit musicale d’accueil, une douleur dans le bas du visage s’est réveillée. Sur les conseils de son médecin, il porte donc à nouveau son bandage et reprend des comprimés.

   Il est plus de midi, mais avec sa mâchoire enturbannée le vieil homme redoute l’heure des repas. Il s’est résigné à changer son rumsteck habituel pour du jambon blanc, les macaronis pour des coquillettes. Et encore, il peut désormais absorber autre chose que de la soupe, même s’il doit toujours manger à la cuillère. Un déshonneur qui a comme un avant-goût de maison de retraite… Mais ce qui irrite le plus Ferdinand, c’est la carafe d’eau qui trône sur la table en Fornica. Le médecin a été strict : pas d’alcool ! Armé de sa petite cuillère, Ferdinand entrouvre précautionneusement la bouche quand la sonnette retentit. Il se fige. Un œil sur la pendule : 12h18. La cuillère reste en suspension à deux centimètres de ses lèvres. Qui ose le déranger pendant le déjeuner ? Moi, je suis pas là.

   Mais deux coups se font entendre. Ferdinand pousse un grognement, chausse ses patins et glisse vers la porte. En se baissant vers l’œilleton pour identifier le malotru : personne ! Tout ça pour ça… Ferdinand est encore appuyé contre la porte, l’œil inquisiteur, quand on sonne à nouveau. Qu’est-ce que c’est que cette blague ? Le vieil homme ouvre violemment la porte. Là, sur le paillasson, une petite fille. Toute frêle, en salopette et marinière. Elle n’a pas le temps d’ouvrir la bouche que Ferdinand l’arrête net :

   - Pas la peine de te fatiguer, petite, j’ai déjà mon calendrier. Passer au moi s d’avril n’est pas très fute-fute.

 

3/   Résumé

   Ferdinand Brun, 83 ans, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant -, s’ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Eviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d’escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie… jusqu’au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur. Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur !

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 34058 de 2017 ISBN 9782253087304, Bon état général, couverture souple, tranche et dos légèrement marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 264 pages.



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