Marabout

VERNES Henri – Bob Morane, Le lagon aux requins

Réf: ra-mpbm52
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Description
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Extraits

1/   Bob Morane forma un numéro sur le cadran du poste téléphonique et, après quelques grésillements de sonnerie, quelqu’un décrocha à l’autre bout du fil.

   - Allô, fit Bob, suis-je bien chez Lord Flinstock ?

   Et sur une réponse affirmative de son correspondant, il enchaîna :

   - Puis-je lui parler personnellement ? … De la part de qui ? … Je crains fort que mon nom ne lui soit inconnu… Annoncez-lui simplement que j’apporte des nouvelles de sa collection de pièces de monnaie, disparue il y a peu de temps, comme vous devez le savoir.

   Il y eut un temps mort, comme si le correspondant mesurait l’importance des paroles que venait de prononcer le Français, puis il dit :

   - Veuillez patienter un instant.

   Par la porte vitrée de la cabine téléphonique, Morane avait vue sur l’aéroport de Sydney où il venait d’atterrir, ayant laissé son voilier amarré dans le port de Tulagi. Une activité de fourmilière régnait partout. Porteurs et mécaniciens s’affairaient dans la lumière aveuglante du soleil, autour des hangars et des bâtiments tandis que, sur une piste voisine, un Boeing étincelant, semblable à un insecte d’apocalypse, évoluait lentement, s’apprêtant à conquérir le ciel dans le fracas assourdissant de ses réacteurs.

   « Quel contraste avec le calme régnant à bord du Djinn, songea Bob avec regret. Dire qu’il y a quelques jours à peine, je voguais loin de toute cette agitation, seul entre ciel et mer ! »

   Il fut tiré de sa rêverie par une voix enrouée, au timbre curieusement fêlé, sortant de l’écouteur :

   - Ici le secrétaire de Lord Flinstock. Celui-ci a pris l’avion ce matin pour Melbourne et ne rentrera que demain. Vous avez, dites-vous, des révélations à faire concernant la collection disparue.

   - En effet, répondit Morane. Et des révélations d’importance encore ! Mais je ferais sans doute mieux de rappeler demain…

   - Ce ne sera pas nécessaire, reprit le secrétaire. J’ai toute la confiance de Lord Flintstock. Vous pouvez parler sans crainte.

   En quelques phrases, Bob mit son interlocuteur au courant de sa rencontre avec Stanton et rapporta le récit du moribond. Il raconta comment l’avion s’était englouti, avec sa précieuse cargaison, dans le lagon d’une île inconnue. Il dit comment Cooper avait été capturé par les Papous et comment Stanton, blessé, avait réussi à fuir à bord d’une pirogue.

 

2/   La cuisine du plus humble des yachts se révèle souvent d’une inépuisable richesse, et celle de la Mary-Lucy ne faisait pas exception à cette règle. Chaque matin, la table se garnissait d’une montagne de nourriture : tranche de saumon fumé, poisson pêché le jour même, saucisson, anchois, sardines, crabe en boite, œufs frits ou à la coque, sans oublier trois ou quatre sortes de fromages.

   Tout en attaquant de bon appétit l’omelette que Tan venait de déposer devant lui, Bob réfléchissait à la tâche qui les attendait, ses compagnons et lui, au cours des jours à venir. D’abord localiser l’épave de l’avion. Une fois celle-ci repérée, extraire les collections de leur prison liquide. Enfin, objectif que Morane considérait comme infiniment plus important que le reste, se mettre à la recherche de Cooper, et le retrouver mort ou vif.

   Le français en était là de ses réflexions, quand Austin Chase vint prendre place en face de lui. Comme chaque matin, l’Australien devait être son unique compagnon, car le capitaine demeurait invisible et Lord Flintstock, toujours distant, se faisait servir dans sa cabine.

   - Comment va votre blessure ? s’enquit Chase, en tendant à Bob une main dure et nerveuse.

   - dans un jour ou deux, il n’y paraîtra plus, répondit Morane en riant. Une simple écorchure. Le commandant Sanders a révélé des talents d’infirmier que je ne lui soupçonnais pas. Il a insisté pour me bander l’épaule et, ma foi, il s’en ai tiré comme s’il avait passé dix ans de sa vie dans un hôpital. Mais vous-même n’avez pas l’air en forme. Vous avez la mine de quelqu’un qui n’a plus dormi depuis des semaines.

   Avec dégoût, Chase plissa son nez recourbé et crispa les poings sur le rebord de la table.

   - Vous ne les entendez pas ? s’exclama-t-il. C’est une véritable obsession ! Toute la nuit, ils ont frappé leurs damnés tam-tams… Et ça continue… C’est à en devenir fou.

   - Bien sûr, je les entends, fit Bob sans s’émouvoir. Et après ? Pouvons-nous empêcher ces pauvres gens de se distraire en faisant un peu de musique ?

   - Vous en parlez à votre aise, dit Chase, en décoiffant un œuf à la coque d’un revers de son couteau. Vous n’allez tout de même pas me dire que vous avez pu fermer l’œil malgré ce boucan infernal ?

   Morane avait ronflé à poings fermés jusqu’à l’aube. Au cours de sa vie mouvementée, il avait appris à sombrer dans un profond sommeil chaque fois qu’il le voulait, sans s’inquiéter de l’inconfort ou des bruits ambiants. S’il l’avait fallu, il eût dormi sur une bétonneuse en action.

 

Descriptif

Editions Marabout Pocket Bob Morane 52 année 1962, état général moyen, Une petite déchirure de 2 cm sur la couverture au niveau de la tranche, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués et passés, intérieur passé, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,8x18,2 cm, 160 pages



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