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WALTERS Minette – Lumière noire

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Description
Avis

Titre original « The Drak Room » Minette Walters, 1995.

Traduit de l’anglais par Philippe BONNET

Extrait 1

   Que la réalité était terne ! Même les rayons du soleil qui pénétraient par les fenêtres avaient moins d’éclat que dans son rêve. Peut-être le pansement qui lui couvrait l’œil droit était-il en partie responsable de ce phénomène, mais elle en doutait. Jusqu’à son cerveau qui lui paraissait lourd, épais et si engourdi qu’elle se sentait terriblement déprimée. Le gros ours de médecin entra tandis qu’elle picorait son petit déjeuner et lui répéta qu’elle avait eu un accident de voiture, avant de l’avertir que la police souhaitait lui parler. Elle haussa les épaules.

   « Je ne risque pas de m’en aller ! »

   Elle aurait ajouté qu’elle détestait les flics s’il avait pris le temps de l’écouter, mais il s’éclipsa avant qu’elle ait réussi à former sa phrase.

   Elle ne se rappelait pas avoir déjà été interrogée par la police à l’hôpital Odstock et se défendit poliment de connaître les deux fonctionnaires en uniforme qui pénétrèrent dans sa chambre. Elle leur expliqua qu’elle n’avait aucun souvenir de l’accident, ni de quoi que ce soit d’autre depuis le moment où elle avait quitté son domicile et son fiancé à Londres le matin précédent. Les deux agents, de grands gaillards aux cheveux roussâtres, au teint rubicond et à l’air flegmatique, présentaient un curieux air de famille et trahissaient leur embarras en tournant à l’unissons leur képi entre leurs doigts. Elle les surnomma Twideuledume et Twideuledie et se mit à rire sous cape parce qu’ils étaient tellement plus réjouissants que sa tête endolorie, son pansement sur l’œil et ses bras couverts de bleus. Ils lui demandèrent où elle allait et elle leur répondit qu’elle devait passer quelques jours chez ses parents à Hellington Hall.

   « Pour aider ma belle-mère à s’occuper des préparatifs de mariage, précisa-t-elle. Je me marie le 2 juillet. »

   Ce n’est pas sans un certain plaisir qu’elle s’entendit prononcer ces mots, tandis que la voix du cynisme murmurait en elle-même : Si tu crois que Leo voudra d’une épouse borgne et chauve !

   Ils la remercièrent et disparurent.

   Deux heures plus tard, assise à son chevet, sa belle-mère lui annonçait en fondant en larmes que le mariage était dans le lac, qu’on était le mercredi 22 juin, que Leo l’avait plaquée pour Meg douze jours plus tôt et que, quatre jours après, elle avait tout bonnement jeté sa voiture contre un pilier en béton dans le but manifeste de se donner la mort.

   Jinx considéra ses mains affreusement meurtries.

   « Ce n’est pas hier que j’ai dit au revoir à Leo ? »

 

Extrait 2

   Jinx était en proie à une sensation de vertige. Des bribes de conversation ne cessaient de l’assaillir. Est-ce que vos frères vous en veulent ? Oui, oui, OUI ! Tu étais tellement pimbêche que ça la démangeait de te ficher des claques… Elle avait sept ans. A peine une gamine… L’enfant modèle au milieu des photos de sa sacro-sainte mère… Etait-ce sa faute si son père avait commencé à détester sa seconde femme quelques mois seulement après leur mariage ? Les relations sentimentales ne sont pas nécessairement une source de déception… Elle n’en avait jamais connu une qui ne le fût pas. Elle avait épousé Russell parce qu’elle avait pitié de lui, pour découvrir, alors qu’il était déjà trop tard, que la pitié ne constitue pas un motif suffisant pour se marier. Cependant, à moins d’avoir le don de double vue, qui à sa place n’aurait pas commis la même bourde ? Qu’en pensez-vous ? Je ne sais pas, je ne sais pas, JE NE SAIS PAS ! Il est arrivé une chose affreuse… Russel est mort…

   Le docteur Protheroe passa la voir à sept heures du soir.

   « Comment ça va ? »

   Elle était adossée à ses oreillers.

   « Je ne sais plus où j’en suis », déclara-t-elle sans détour, prise à nouveau de l’envie absurde qu’il la soulève du lit et la serre dans ses bras pour la réconforter. Mon Dieu, jamais elle n’avait éprouvé une telle impression de solitude.

   Il se pencha. Ses mains dégageaient une légère odeur de savon.

   « Vous m’avez dit, quand le sergent m’a appelé, que son collègue et lui n’y étaient pour rien, mais je penserais plutôt le contraire. De quoi désiraient-ils vous parler au juste ?

   Elle contempla la touffe de poils qui s’échappait par l’échancrure de sa chemise là où manquait un bouton, semblable à un faisceau de petites vrilles noirâtres pointées vers l’extérieur, dont le spectacle burlesque démentait son statut de directeur de clinique. Adam avait le culte des apparence et Adam était une brute. » Ils voulaient des détails sur Meg, murmura-t-elle. Et ils n’y sont strictement pour rien. Je suis simplement très fatiguée maintenant. »

   Il approcha un siège et s’assit.

   « Bien. Alors qu’est-ce qui cloche ? Le physique, le moral ? »

   Une larme brilla au coin d’une paupière.

   « Ma vie, murmura-t-elle. J’ai fait de ma vie un sac de nœuds et je n’arrive pas à la remettre en ordre. »

 

Descriptif

Editions France Loisirs de 1997 ISBN 2744104329, Bon état général, Jaquette un peu marquée, couverture rigide, tranche et dos en bon état, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion relié grand format de 16,5x24,8 cm, 448 pages   



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