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ZIMMER BRADLEY Marion – La maison des Amazones

Réf: sf-psf5510
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Description
Avis

Cycle La Romance de Ténébreuse

Traduit de l’américain par Simone Hilling

Extrait 1

   Tandis que la porte de la Maison de la Guilde de Thendara se refermait derrière elle, Magda pensa, le cœur serré :

   Il ne faut pas regarder en arrière. Quoi que j’aie été auparavant, il faut le laisser derrière moi, et regarder de l’avant…

    Elle se trouvait dans un vaste hall lambrissé de bois sombre et décoré de tentures qui lui donnaient une apparence légère et aérienne. La jeune fille au nez retroussé qui lui avait ouvert la précéda en disant :

   - Mère Lauria t’attend.

   Elle regarda Magda avec curiosité, mais, sans un mot, lui ouvrit la porte d’une pièce où l’attendait Mère Lauria n’ha Andrea, chef de la Guilde Indépendante des Artisanes de Thendara, et l’une des femmes les plus puissantes de la cité. C’était une femme grande et vigoureuse, aux cheveux gris coupés court, avec une boucle d’oreille ornée d’un signe gravé et d’une pierre pourpre. Elle se leva et tendit la main à Magda.

   - Bienvenue, mon enfant. On t’a dit, je le sais, que cette maison sera ton foyer pendant une demi-année jusqu’à deux lunaisons après la Fête du Solstice d’été. Pendant cette période où tu apprendras nos coutumes, tu pourras circuler en toute liberté dans la maison et le jardin, mais tu ne sortiras pas des murs sauf à la Fête du Solstice d’Eté où toutes les règles sont suspendues, ou sous les ordres directs de ta mère de serment ou d’une Mère de la Guilde.

   Elle sourit à Magda et reprit :

   - Tu nous as déjà prouvé que tu acceptais de respecter ton serment, bien que tu l’aies prêté sous la contrainte. Tu me promets d’observer cette règle, n’est-ce pas ? Tu n’es plus une enfant.

   - J’obéirai, dit Magda.

   Pourtant, ce n’était pas une perspective réjouissante que de passer tout le long et rigoureux hiver ténébran sans jamais mettre le pied dehors. Enfin, elle l’avait voulu, inutile de se plaindre.

   - Ne versez pas non plus dans le déraisonnable, ajouta Mère Lauria. S’il y avait le feu ou toute autre catastrophe, ce dont tous les Dieux nous préservent, sers-toi de ton propre jugement. Tu n’as pas prêté serment d’obéissance aveugle ! On te demande de rester dans la maison pour que tu ne sois pas troublée par de rencontres quotidiennes avec des femmes qui ont des modes de vie que tu dois apprendre à ne pas imiter. Comprends-tu ?

   - Je crois.

   Les Terriens nommaient cela déprogrammation. Les Ténébrans étaient à ce point conditionnés par leur rôle social que c’était un miracle que certaines arrivent à se révolter pour rejoindre les Renonçantes. Jaelle lui avait dit un jour : Chaque femme a son histoire, et chaque histoire est une tragédie. Dans une société aussi traditionnelle que celle de Ténébreuse, seules les désespérées trouvaient le courage de transgresser ses règles.

 

Extrait 2

   Il neigeait. De la fenêtre de Cholayna Ares, le monde se perdait dans des tourbillons de flocons blancs et Jaelle aurait voulu être dehors, et pas ici, dans cette lumière jaune, ici où ne pénétrait jamais le moindre signe du climat extérieur.

   Peter la vit regarder dehors avec nostalgie, et lui serra la main. Depuis le soir de la réception en l’honneur d’Alessandro Li, il était gentil, prévenant, tendre avec elle, et elle avait perdu sa rancœur. Ces dernières semaines, il avait essayé de redevenir l’homme qu’elle avait aimé à Sain Scarp. Malgré son éducation terrienne, il avait tenté consciemment de respecter son indépendance, de ne pas la prendre pour sa chose. Elle s’était remise à espérer ; même s’ils avaient perdu ce qui les avait attirés l’un vers l’autre, peut-être pourraient-ils reconstruire des rapports plus solides et plus heureux. J’aurais dû comprendre que cette intense extase sexuelle ne durerait pas toujours ; et maintenant que je ne suis plus une adolescente attardée, aveuglée par son premier béguin, peut-être pourrons-nous parvenir à des rapports plus adultes, plus authentiques. Et tout n’était pas de sa faute. Moi aussi, je me suis montrée égoïste et infantile.

   - Moi aussi j’aimerais bien être dehors à marcher dans la neige, dit-il doucement.

   Pendant un moment, ils furent tellement à l’unisson qu’elle se demanda s’il n’avait pas un laran rudimentaire, comme beaucoup de Terriens. A mesure qu’ils se connaîtraient mieux, peut-être que ce laran se développerait en lui et qu’il y aurait entre eux cette compréhension instantanée qu’elle désirait si ardemment.

   Cholayna leur sourit et dit avec un soupçon d’ironie :

   - Si vous pouvez m’accorder un moment, les amoureux…

   Peter lâcha la main de Jaelle et rougit légèrement.

   - Oh, ce n’était pas un reproche, reprit Cholayna. Je voudrais pouvoir vous donner un an de congé pour partir en voyage de noces, mais la situation ne le permet pas, malheureusement. A l’heure actuelle, Magda a dû avoir le temps de décider s’il y a, à la Maison de Thendora, des femmes capables d’apprendre nos techniques médicales, et d’autres que nous pourrions employer à des postes divers. Y a-t-il des chances qu’elle puisse venir ici, Jaelle ?

   - Absolument aucune, répliqua Jaelle. Je te l’ai dit : elle ne doit pas sortir pendant ses six mois de formation, sauf sur ordre exprès d’une Mère de la Guilde.

   Cholayna fronça les sourcils et dit :

   - Je croyais que tu étais sa supérieure ; tu ne peux pas lui ordonner de venir ?

   - Je le pourrais sans doute, dit lentement Jaelle, mais je ne veux pas lui faire ça. Ça la mettrait à part et elle ne s’en remettrait jamais si elle veut vraiment rester des nôtres.

 

Descriptif

Editions Pocket Collection Science-fantasy 5510 année 1993 ISBN 2266055321, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 11x17,8 cm, 448 pages   



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