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GURGAND Marguerite – Nous n’irons plus au bois (Livre d’occasion grand format – Mazarine 1979)
5 euros TTC |
EDITION ORIGINALE MAZARINE ANNEE 1979 ETAT GENERAL MOYEN BON COUVERTURE SOUPLE ET PAGES PASSEES LIVRE BROCHE D’OCCASION GRAND FORMAT 14X22,7 CM 256 PAGES
Résumé, 4e de couverture :
La soixantaine venue, les enfants dispersés, Fannie et Pierre se retirent dans leur province natale, entre Poitou et Charente. Ce livre débordant d’odeurs, de bruits et de mots familiers, c’est d’abord l’histoire de leur retour au village. Pour combler le vide béant de la « retraite » ils interrogent les photos sépias des albums de famille et greffent des rosiers : mais il n’est pas facile de retrouver ses traces dans un monde qui a plus changé en soixante ans – leurs soixante ans – que pendant les trois siècles précédents. C’est pourtant dans ce paysage où dormait leur enfance que, par-delà l’usure des choses et des cœurs, ils se trouvent enfin en paix avec eux-mêmes.
Nous n’irons plus au bois est la chanson pudique et tendre du temps qui passe, la chronique douce amère d’aujourd’hui et d’autrefois, traversée d’éclats de rire et de grands rêves pour rien.
Assise sur son banc, Marguerite Gurgand accorde sa voix au frémissement des tilleuls en automne et raconte la vie. Et cette voix là, en-dehors de toutes les modes ne s’oublie pas.
Le début :
Le camion a pris son virage dans la cour en fauchant les orties géantes. Pierre, avec des signaux à guider des boeing, l’a fait stopper devant la maison. Les déménageurs sont descendus en regardant où ils posaient les pieds. Le grand rouquin qui conduisait s’est étiré, a passé les pouces dans les bretelles de sa salopette et a contemplé la rude friche d’alentour :
« Ben dites donc ! Si les légumes viennent comme les orties !... »
Son compagnon, un bon gros qui commençait à grisonner, couvait des yeux la longue maison basse :
« Y a pas, dit-il rêveusement, ça a du bon, la retraite… »
L’air était léger comme une haleine de bébé. Le ciel, d’un bleu très pâle, paraissait bien plus haut que celui de Paris. Je me sentais étourdie comme après une deuxième coupe de champagne. J’ai écarté les ronces de l’un des bancs de pierre qui encadrent la porte d’entrée. Je me suis assise, le dos appuyé au mur bruni de mousse. Ma sortie de clinique, le voyage, ce silence me laissaient l’âme vague, au seuil d’un désarroi inconnu…
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