Babel

AUSTER Paul – Trilogie new-yorkaise

Réf: re-b32
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Description

Titre originaux « City of glass, Ghosts, The locked room »

Traduit de l’américain par Pierre FURLAN

Préface de Jean Frémon

Lecture de Marc Chénetier

Extraits

1/ Cité de verre

   Le discours était terminé. Quinn n’aurait pas su dire combien il avait duré. Car c’était seulement à présent après que les paroles avaient cessé, qu’il se rendait compte qu’ils étaient assis dans le noir. Apparemment, une journée entière s’était écoulée. Pendant le monologue de Stillman il y avait bien eu un moment, dans la pièce, où le soleil s’était couché, mais Quinn ne l’avait pas remarqué. A présent seulement, il pouvait percevoir l’obscurité et le silence, et sa tête en bourdonnait. Plusieurs minutes passèrent. Quinn pensait que c’était peut-être à lui de dire quelque chose, désormais, mais il ne pouvait pas en être certain. Il entendait Peter Stillman respirer lourdement à l’endroit où il se trouvait, de l’autre côté de la salle. Sinon, il n’y avait aucun bruit. Quinn n’arrivait pas à se décider. Il pensa à plusieurs possibilités qu’il chassa une à une de son esprit. Il était là, assis sur son siège, en attendant la suite.

 

2/ La chambre dérobée

   Pour être précis, a répondu Sophie, tu as franchi cette porte pour la première fois le 25 novembre 1978. Dans huit jours ça fera exactement un an.

   Tu t’en souviens.

   Bien sûr, je m’en souviens. C’est le jour le plus important de ma vie.

   Nous avons pris un avion pour Birmingham, Alabama, le27 novembre, et nous sommes revenus à New York dès la première semaine de décembre. Le 11, nous nous sommes mariés à l’hôtel de ville, après quoi nous sommes allés à un dîner copieusement arrosé avec une vingtaine de nos amis. Nous avons passé la nuit au Plaza, commandé un petit déjeuner dans notre chambre le lendemain matin et plus tard ce jour-là nous avons pris l’avion pour le Minnesota avec Ben. Le 18, les parents de Sophie ont organisé pour nous une fête de mariage dans leur maison et la nuit du 24 nous avons célébré la Noël norvégienne. Deux jours après Sophie et moi avons quitté la neige pour nous rendre aux Bermudes pendant une semaine et demie, puis nous sommes revenus au Minnesota chercher Ben. Nous projetions de nous mettre à la recherche d’un nouvel appartement dès que nous serions rentrés à New York. Quelque part au-dessus de la Pennsylvanie, environ une heure après le décollage, lorsque Ben a pissé à travers sa couche sur mes genoux. Lorsque je lui ai montré la grande tache sombre sur mon pantalon, i a ri, il a applaudi, et puis, me regardant droit dans les yeux, m’a appelé papa pour la première fois.

 

3/ 4e de couverture

   De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l’art de la narration est sans doute la plus déterminante. C’est qu’il suffit de s’embarquer dans la première phrase d’un de ces trois romans pour être emporté par les péripéties de l’action et étourdi jusqu’au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant le thriller prend une allure de quête pataphysique, et la ville illimité, insaisissable – New York – devient un gigantesque échiquier où auster dispose ses pions. De ces trois romans, il avoue d’ailleurs vers la fin de La Chambre dérobée qu’ils sont une seule et même histoire considérée à des stades différents de la conscience qu’il a pu en avoir. Et d’ajouter : « Il y a longtemps que je me démène pour dire adieu à quelque chose… » Or il est vrai que, dans l’art de dire la dépossession, il est passé maître.

 

Descriptif

Editions Babel 32 année 1998 ISBN 2868696945, Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,3x17,8 cm, 448 pages

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