Librairie des Champs-Elysées

BARTOK John – Mort provisoire

Réf: esp-lme9
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Description
Avis

Extraits

1/   Il s’éloigna dans la direction opposée à celle qu’avait indiquée le pompiste et, par un crochet, arriva à proximité de la villa suspecte. Il cacha sa voiture dans un chemin creux et alla se poster dans un bosquet qui s’élevait providentiellement devant la grille.

   Cette grille était solide et haute ; elle était pourvue de plaques de tôle qui empêchaient les indiscrétions et de ressauts destinés à décourager l’escalade. Le toit rouge de la villa dépassait seul une muraille élevée, dont la crête était garnie de tessons de bouteilles.

   « Des gens qui n’aiment pas être dérangés », songea Barsac.

   Des heures passèrent. Il ne se produisit rien, sinon que deux amoureux vinrent s’allonger dans le bosquet, et firent de Barsac l’auditeur involontaire e leurs tendres aveux.

   Les amoureux repartirent. Le soleil s’enfonça dans les nuées du soir. Le chef d’escadron resta en observation. Il commençait à la trouver mauvaise ! Cela pouvait durer jusqu’au matin. Il regretta de n’avoir pas emmené Javelle. Et, d’ailleurs, était-ce la bonne adresse ? A vérifier. Pour vérifier, une petite visite s’imposait.

   « Allons-y ».

   - Mais, minute !

   Voici que la grille de la villa tournait sans bruit sur ses gonds. L’» Américain », comme disait le pompiste, s’assura que la route était déserte, ouvrit la grille à deux battants, fit sortir la Simca grise. Cela fait, il retourna fermer la grille, avec soin, avant de se mettre au volant, et de disparaître rapidement.

   Barsac raisonnait vite. Puisque l’homme avait refermé la grille lui-même, il était probable qu’il n’y avait pas d’autre occupant dans la villa. Et s’il n’y avait pas d’autre occupant…

 

2/   Le commandant Maurice de Salvien considéra avec intérêt la chapelle ardente aménagée dans le hall de l’hôpital. Des larmes d’argent perlaient sur les tentures noires ; les fleurs et les cierges composaient une atmosphère funèbre. Un grand drapeau français recouvrait le cercueil.

   Des officiers de SHAPE, en tenue de cérémonie, commençaient à arriver. Ils enfilaient des gants blancs en descendant de voiture, et rejoignaient des camarades, pour former de petits groupes où l’on papotait à voix étouffée, en attendant que le cortège funèbre se forme.

   Salvien s’avança vers un officier français qui causait avec un colonel danois. Il se présenta :

   - Je suis un ami du défunt. Je me trouvais justement en congé à Paris, quand j’ai appris… Ce pauvre Barsac !

   - Une tête brûlée, mais un chic type, laissa tomber le commandant Baudoin.

   - Il aurait dû se marier opina le colonel Polenthien, officier retraité de l’armée danoise.

   - Pensez-vous qu’il eût fait un bon mari ? rétorqua Baudouin. Casse-cou comme il était ! Sa mort encore le prouve. Il faisait du cent à l’heure sur une route impossible. Vous avez vu la photo, dans les journaux ?

   - Oui. Le choc a dû être terrible. La 408 était complètement aplatie contre un arbre, et notre ami a été projeté à travers le parebrise… On distinguait son corps, les bras en croix, à cinq mètres en avant de la voiture.

   - Où cela s’est-il passé ? demanda Salvien.

   - Près de Reims. A mon avis, Barsac était allé voir une petite amie de ce côté-là, et il voulait être rentré pour l’heure de service.

 

Descriptif

Editions Librairie des Champs-Elysées Le masque Espionnage 9 année 1959, Assez Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,7x17,7 cm, 256 pages



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