Flammarion

BOULLE Pierre – Les oreilles de jungle

Réf: rf-fpboj
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Description
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Extrait

1/   - Les consignes ont été suivies, affirma Nam. Je le sais car, avant les premières bombes, j’ai regardé derrière moi. Il n’y avait pas une lumière, pas une lueur de cigarette.

   Le lever du jour éclairait les débris fumants du convoi, au milieu d’une jungle défigurée : châssis de camions disloqués, morceaux de ferrailles  projetés un peu partout, certains fichés dans les arbres, sacs de riz éventrés, quelques rares véhicules encore sur leurs roues, c’était à peu près tout ce qu’il restait. Nam et quelques-uns de ses camarades seulement étaient indemnes. Des infirmiers donnaient les premiers soins aux blessés étendus sur le sol. Des cadavres mutilés, certains calcinés, étaient dispersés de part et d’autre de la piste, maintenant jalonnée par des cratères de différentes dimensions. Toutes les munitions destinées aux troupes du Sud avaient sauté.

   Deux Vietnamiens, un homme et une femme, découvraient le désastre et en commentaient l’ampleur, sans manifester leur rage autrement que par une crispation occasionnelle des lèvres. Une escorte de soldats armés de mitraillettes et portant des grenades à la ceinture faisait le guet, sans les perdre de vue un seul instant, car c’étaient deux autorités.

   L’un était le général Hoan, en charge des transports dans ce secteur de la piste Hô-Chi-Minh. Son P.C. n’était éloigné que d’une centaine de kilomètres et il avait jugé l’incident assez grave, aussi bien à cause de l’étendue des dégâts que des circonstances incompréhensibles du raid, pour venir inspecter les lieux. La femme était un personnage encore plus important que Hoan. C’était Madame Ngha. Elle effectuait une tournée un peu au nord du dix-septième parallèle quand on l’avait informée de ce bombardement insolite. Elle n’avait pas hésité à modifier son programme dans la minute même, à franchir la frontière et à s’enfoncer profondément dans la zone sud pour venir se rendre compte par elle-même, elle aussi.

 

2/   Résumé

   Vingt ans après Le Pont de la rivière Kwaï, Pierre Boulle revient à l’exotisme et à l’Asie, puisque ce roman se situe au Vietnam, de nos jours.

   Les Américains ont eu l’idée diabolique de parsemer la jungle de minuscule récepteurs (dits »oreilles de jungle »), ce qui leur permet de suivre tous les mouvements de l’ennemi et de bombarder celui-ci à coup sûr. Ces petites merveilles électroniques, ou « sensors », sont si bien dissimulées dans la nature qu’il est pratiquement impossible de les repérer.

   Rien n’est impossible pourtant à l’œil exercé des Asiatiques et à leur subtilité. Un jour, donc, une de ces oreilles de jungle est découverte, et aussitôt Mme Ngha, chef des services de renseignements de la République démocratique, voit quel profit elle pourra tirer de cette ruse de guerre. Avec l’aide de Thu, jeune Vietnamienne qui travaille en Thaïlande, au centre américain d’écoute des oreilles de jungle (le fameux service « S », dirigé par le général Bishop), elle va tout mettre en œuvre pour servir, grâce aux bombardements américains, la cause du peuple.

   Cette lutte du pot de terre contre le pot de fer, de l’ingéniosité contre la technique, donne lieu à toute une série d’épisodes dont le suspense va crescendo et qui constituent en même temps une satire féroce d’une certaine guerre qu’une machinerie aveugle conduit à une rare stupidité. Malgré le drame qui se trouve évoqué ici, les rebondissements de l’action imaginée par Pierre Boulle forment en fin de compte une énorme comédie. Mais pourquoi dire « imaginée » ? Dans le domaine de l’absurde, la fiction rejoint ici la réalité.  

 

Descriptif

Editions Flammarion année 1973, Assez Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre broché d’occasion grand format de 14,3x20,3 cm, 236 pages



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