Gallimard

CAPOTE Truman – Petit déjeuner chez Tiffany

Réf: re-dtcpdt
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Description
Avis

Titre original « Breakfast at Tiffany’s »

Traduit de l’anglais par Germaine BEAUMONT

Extrait

1/   Passant devant Woolworth elle me saisit le bras : » Allons voler quelque chose ! » fit-elle en m’entraînant à l’intérieur de l’établissement, où aussitôt les regards convergèrent vers nous comme si nous on nous tenait déjà en suspicion. « Allons viens ; Du cran ! ». Elle repéra un rayon sur lequel s’entassaient des citrouilles en papier et des masques pour les fêtes du Halloween day. La demoiselle du comptoir était occupée à faire essayer des masques à un groupe de religieuse. Holly choisit un masque et le colla sur sa figure. Puis elle me prit la main et nous sortîmes ensemble. Ce fut aussi simple que cela. Dehors, nous courûmes le long du pâté d’immeubles, pour rendre, j’imagine, l’aventure plus dramatique. Mais aussi, je m’en avisai, parce que les larcins réussis vous enivrent. Je lui demandai si elle avait souvent volé. « J’en avait l’habitude, me dit-elle. Je veux dire que j’y étais obligée quand j’avais besoin de quelque chose. Mais je le fais encore de temps en temps, histoire de ne pas perdre la main ! »

   Nous gardâmes nos masques tout le long du chemin du retour.

 

2/   Et je l’eus sans en avoir envie le moins du monde. Mais je n’avais pas eu le courage de détruire la lettre ou assez de volonté pour la garder dans ma poche, lorsque Holly fit un essai timide pour me demander si, par hasard, je n’aurais pas de nouvelles de José. C’était deux matinées plus tard. J’étais assis à son chevet dans une chambre qui puait l’iode et les bassins. Une chambre d’hôpital. Elle était là depuis le soir de son arrestation. « Alors, chéri ? ». Ainsi m’accueillit-elle, tandis que j’avançais vers elle sur la pointe des pieds, portant une cartouche de ses cigarettes Piacayunes et un gros bouquet de premières violettes d’automne. Puis : » J’ai perdu l’héritier ! » Elle paraissait à peine douze ans, la pâle vanille de ses cheveux brossés en arrière, ses yeux, pour une fois privés des lunettes noires, clairs comme l’eau de pluie. On aurait jamais pu soupçonner à quel point elle avait été malade.

   Et cependant c’était vrai : » Seigneur ! J’ai vu le moment où j’allais passer. Sans blague. La grosse femme a bien failli m’avoir. Elle soufflait la tempête. Je crois que je ne t’avais jamais rien dit au sujet de cette grosse femme. D’ailleurs je n’ai rien su d’elle moi-même jusqu’à la mort de mon frère. Au premier moment je me demandais où il était parti et qu’est-ce que cela voulait dire ; cette mort de Fred ! Et puis tout à coup je l’ai vue. Elle était dans la chambre avec moi et elle tenait Fred dans ses bras comme un bébé. Une affreuse grosse femelle rougeaude se balançant dans un rocking -chair, avec Fred sur ses genoux, et riant comme un orphéon. L’ironie de tout ça ! Mais c’est ce qui nous guette mon ami. Cette vieille comédienne attendant de nous donner la dernière vieille réplique. Tu comprends maintenant pourquoi je suis devenue folle. Pourquoi j’ai tout cassé. »

 

Descriptif

Editions Gallimard du monde entier année 1962, Assez Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché moyen format de 12,2x18,8 cm, 224 pages



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