Librairie des Champs-Elysées

CHRISTIE Agatha – L’homme au complet marron

Réf: pt-cdm124
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Description
Avis

Titre original « The man in the brown suit » Agatha Christie 1948

Traduit de l’anglais par Juliette Pary

Extrait

1/   Tout le monde fut très bon pour moi. J’appréciais la bienveillance de mon entourage. Il faut bien le dire, je n’étais pas accablée de chagrin. Mon père ne m’avait jamais aimée, je ne le savais que trop. S’il m’avait aimée, je l’aurais aimé aussi. Non, il n’y avait pas eu de tendresse entre nous, mais nous formions quand même une famille ; je l’avais soigné. J’avais secrètement admiré son érudition immense et son dévouement intransigeant à la science. J’étais peinée de le voir mourir au moment où la vie l’intéressait le plus. J’aurais voulu l’enterrer dans la caverne, mais l’opinion publique réclama une tombe décente dans notre affreux petit cimetière villageois. Les consolations du Vicaire, bien que sincères ne m’apaisèrent pas le moins du monde.

   Il me fallut quelque temps pour commencer à me rendre compte que ce que j’avais souhaité le plus – la liberté – m’appartenait enfin. J’étais orpheline, presque sans le sou, mais libre ! C’est ce qui terrifiait toutes ces bonnes gens dont la gentillesse était touchante. Le Vicaire tenta de me persuader que sa femme avait absolument besoin d’une demoiselle de compagnie. Notre petite librairie du village, réclama soudain une employée de plus. Finalement, le docteur me rendit visite, et après avoir invoqué les prétextes les plus ridicules pour s’excuser de ne pas se faire payer, bredouilla, bégaya, balbutia et me proposa soudain de l’épouser.

 

2/   J’étais terriblement excitée. J’étais sûre d’avoir finalement découvert la piste. Une chose était certaine, je ne devais pas quitter ma cabine. Tant pis sii l’odeur me donnait mal au cœur !

   Demain ce serait le 22, et à une heure de l’après-midi – ou à une heure du matin – il arriverait quelque chose. Plutôt à une heure du matin. Encore six heures et je saurais !

   Je ne sais pas comment je fis pour tuer les heures. La soirée fut interminable. Je me retirai très tôt dans ma cabine, déclarant à la femme de chambre que j’étais enrhumée et que l’odeur ne m’incommodait pas. Je me couchai, mais j’eus la précaution de garder un peignoir de flanelle et des babouches aux pieds, pour être prête à sauter du lit à n’importe quel moment.

   Qu’attendais-je ? Je n’en savais rien. De vagues imaginations, plus invraisemblables les unes que les autres me passaient par la tête. En tout cas, j’étais convaincue qu’il arriverait quelque chose à une heure. S’il n’arrivait rien, j’avais fait l’idiote et dissipé mon héritage à tous les vents. Mon cœur battait.

 

Descriptif

Editions Librairie des Champs-Elysées Club des Masques 124 année 1972, Etat général Moyen, couverture souple, tranche et dos marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre broché d’occasion format poche de 11,2x16,8 cm, 256 pages



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