DEDET Christian – La mémoire du fleuve

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Description
Avis

L’Afrique aventureuse de Jean Michonet

Extrait

1/   Bien sûr, cette flaque a été la première chose qu’à vue le mari quand les servantes épouvantées sont allées le chercher. Le neveu de Grand-père Isaac fait prévenir le détachement de marine. Mais il fallait des semaines pour rattraper les fuyards. On arrivait à des campements abandonnés. On hésitait entre plusieurs pistes qui se perdaient dans les rivières selon une technique vieille comme le monde.

   A force de recherches, le mari désespéré a pu reconnaître un morceau de vêtement devant la case d’un corps de garde. C’était la robe de percale que Lucie portait le jour de son enlèvement.

   Les « cols bleus » cernent aussitôt le village. Il ne s’agissait plus de miliciens cette fois, mais d’une unité de la marine qui, au moment où l’on avait fait appel à elle, procédait à des relevés cartographiques au Moyen-Ogooué. Le mari s’avance parmi les hommes. Il jette un coup d’œil dans la pénombre du corps de garde et… horreur ! il découvre la tête de sa femme piquée sur un pieu ! Une tête fumée, enveloppée de ses longs cheveux, aux yeux qui le regardent fixement. De la tête de Lucie Isaac, les Pahouins avaient fait un fétiche !

   Le premier moment de stupeur passé, le détachement de marine a ramassé les villageois pris sur le fait. Toutes les paillottes ont été brûlées. Parmi les criminels, ceux que les deux marmitons des Isaac ont reconnus ont eu droit à un traitement de faveur : les marins ont fait chauffer de l’eau dans de grandes bassines et ils les ont ébouillantés.

 

2/   Horreur de ce premier crachat vermeil !

   Immédiatement, je me revois, tenant notre père dans mes bras, lors de sa première hémoptysie à Essendé, notre père qui allait mourir !

   René ne pouvait continuer à travailler et nous devions nous rendre à l’évidence : il devait partir pour Libreville. La débâcle s’accélérait.

   Au point où nous en étions, je n’ai pas été surpris, trois mois plus tard, lorsque Jacques, appelé au conseil de révision, a été reconnu tuberculeux à son tour. Celui-ci allait bénéficier de l’Aide française aux colonies. On l’a dirigé aussitôt sur un sanatorium de Brazzaville. Dans les jours précédant son départ, il a rassemblé quelques objets auxquels il tenait dans un coffret de bois qu’il avait fait lui-même et qui fermait avec un petit cadenas.

   - Il paraît que je serai bien traité, là-bas.

   Son courage m’empêchait de pleurer. Voyant mon désarroi, il a fait tourner la clé nerveusement, au bout de sa chaînette, avant d’ajouter :

   - Je suis sûr de revenir bientôt.

 

3/   Résumé

   Ni blanc, ni noir, exilé où qu’il soit, Jean Michonet échappe à quinze ans à l’orphelinat de Brazzaville. Il devient recruteur pour le compte de compagnies forestières, écumant le sud du Gabon encore inexploré. Il mène dès lors une vie d’aventures où alternent intrigues, magie et chasses fabuleuses.

 

Descriptif

Editions Libretto année 2021 ISBN 9782369145899, Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos légèrement passés et marqués, intérieur frais, tranches des pages un peu salies, livre broché d’occasion format poche de 12,3x18,3 cm, 462 pages



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