Librairie des Champs-Elysées

DICK Philip K. – Les chaînes de l’avenir

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Description
Avis

Titre original « The world Jones made » Philip K. DICK, 1956.

Traduit de l’américain par Jacqueline HUET

Extrait

1/   Il avait vingt-six ans lorsqu’il rencontra Jones pour la première fois. C’était le 4 avril 1995. Il se remémorait sans cesse cette journée ; l’air printanier était frais, chargé des senteurs de la végétation renaissante. La guerre avait pris fin l’année précédente.

   Devant lui, le terrain s’étirait en pente douce. Les maisons s’y accrochaient çà et là, constructions de fortune destinées à servir d’abris provisoires. Des rues rudimentaires, parcourues de gens du peuple… c’était une région rurale typique de celles qui avaient survécu parce qu’elles étaient éloignées des centres industriels. En temps normal, on aurait entendu un bourdonnement d’activités : charrues, forges, tout un artisanat rudimentaire. Mais aujourd’hui le silence régnait sur la petite communauté. La plupart des adultes valides et tous les enfants avaient pris en clopinant le chemin de la fête foraine.

   Le sol était lourd et humide sous les semelles. Cussick avançait à grandes enjambées car, lui aussi, il allait à la fête. Il avait du travail.

   Le travail se faisait rare, et il se réjouissait d’en avoir trouvé. Comme d’autres jeunes gens que le relativisme de Hoff avait séduit intellectuellement, il avait proposé ses services au gouvernement. L’appareil du Goufédem offrait une chance de participer à l’entreprise de reconstruction. Tout en gagnant un salaire – versé en argent-métal, protégé des dévaluations – il se rendait utile à l’humanité.

   Il était idéaliste, à l’époque.

 

2/   Floyd Jones fut immédiatement placé sous surveillance. Cette mesure provisoire se prolongea sur une période de sept mois. En novembre 1995, le candidat sans mystère du parti nationaliste, un parti extrémiste, se présenta aux élections générales et fut élu président du conseil. Vingt-quatre heures après que Ernest T. Saunders eût prêté serment, Jones avait été discrètement arrêté.

   Au cours de la demi-année qui s’était écoulée, Cussick avait presque tout perdu de sa rondeur d’adolescent. Son visage s’était affermi, ses traits avaient vieilli. Désormais, il réfléchissait plus et parlait moins. Et il avait acquis une certaine expérience des services secrets.

   En juin 1995, il avait été affecté au Danemark. Là, il avait rencontré une jolie danoise extrêmement indépendante, employée au département artistique d’un centre d’information du Goufédem. Nina Longstren était la fille d’un architecte influent, toute sa famille était riche, talentueuse et socialement éminente. Même après qu’il l’eût officiellement épousée, Cussick continua de craindre un peu sa femme.

   Les ordres du bureau de Baltimore lui parvinrent alors que Nina et lui étaient occupés à refaire leur petit appartement. Il lui fallut quelque temps pour trouver une occasion de mettre le sujet sur le tapis. Ils étaient en train de peindre.

   - Chérie, se décida-t-il à dire, il va falloir que nous fichions le camp d’ici.

   Pour commencer, Nina ne répondit pas. Elle était absorbée dans la contemplation d’un nuancier, les coudes appuyés sur la table du salon, les mains croisées sous le menton.

 

3/   4e de couverture

   Pas de révélation personnelle. Voilà qui n’était pas ordinaire. Personne ne s’intéressait à l’avenir abstrait collectif. A croire que le médium n’était pas très bon ; son enseigne laissait prévoir quelques vagues généralités ! Mais Cussick était intéressé. Cet homme partait battu et pourtant il se tenait là. Après tout, la bonne aventure c’est 99% de boniment et 1% d’intuition. Il aurait pu apprendre les ficelles du métier en moins que rien, auprès des autres forains. Et pourtant, il avait délibérément choisi cette présentation peu engageante. Tout dans l’attitude du corps hideux affaissé là, indiquait la ténacité. Il avait décidé de tenir le coup, Dieu sait depuis combien de temps.

   A en juger par son enseigne à demi effacée, ça pouvait faire des années. C’était Jones. Mais à l’époque, bien sûr, Cussick ne le savait pas.

   Et s’in se trouvait un jour un ambitieux qui ait la possibilité de voir dans l’avenir, à une année de distance ? Quel sera alors le destin de ce dictateur prisonnier de sa faculté, prisonnier des chaînes de l’avenir ?

 

Descriptif

Editions Librairie des Champs-Elysées Le masque science-fiction 41 année 1976 ISBN 2702405061, Assez Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 256 pages



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