Robert Laffont

DICK Philip K. - Ubik

Réf: sf-rlpdu
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Description
Avis

Titre original « Ubik » Philip K. DICK, 1969.

Traduit de l’américain par Alain DOREMIEUX

Extrait

1/   Debout dans son cercueil transparent, enrobée dans un effluve de brume glacée, Ella Runciter reposait les yeux fermés, les mains levées en permanence vers son visage impassible. Trois ans avaient passé depuis la dernière fois qu’il avait vu Ella, et bien sûr elle n’avait pas changé. Elle ne changerait plus jamais maintenant, tout au moins dans son apparence physique. Mais à chaque réveil à une semi-vie active, à chaque retour de l’activité cérébrale, même pour une courte période, elle mourait en quelque sorte un peu plus. Le temps qui lui restait s’écoulait en pulsations de phase et s’amenuisait.

   C’était pourquoi Runciter ne la réanimait pas plus souvent. Il se tenait le raisonnement suivant : la remettre en activité était un pêché envers elle, c’était un moyen de la condamner. Les vœux qu’elle avait formulés avant sa mort, et en état de semi-vie lors de leurs premiers entretiens, étaient devenus plutôt nébuleux dans son esprit. En tout cas il était mieux placé qu’elle pour juger, étant maintenant quatre fois plus âgé qu’elle. Que voulait-elle à l’époque ? Continuer à collaborer avec lui en tant que copropriétaire de Runciter Associates, quelque chose de vague dans ce goût-là. Et bien, il souscrivait à ce souhait. En ce moment, par exemple. Et à six ou sept reprises dans le passé. Il la consultait chaque fois que survenait une crise. Et c’était ce qu’il faisait aujourd’hui.

   Quelle saleté, ce dispositif d’écoute, pesta-t-il en appliquant le disque de plastique contre son oreille. Et ce microphone ; tous ces obstacles à la communication naturelle. Impatient et mal à l’aise, il s’agita sur le siège inadéquat que Vogelsang ou Dieu sait quel était son nom lui avait fourni ; il observa sa femme qui reprenait conscience en souhaitant qu’elle se dépêche. Puis dans un subit accès de panique il pensa : Peut-être qu’elle ne va pas y arriver ; peut-être qu’elle est au bout de ses réserves et qu’ils ne me l’ont pas dit. Ou bien ils ne le savent pas. Il faudrait que je fasse venir ce Vogelsang pour obtenir des explications. Peut-être qu’il y a quelque chose qui ne va pas, quelque chose de terrible.

 

2/   Elle a fait quelque chose, réalisa Joe Chip. « Pat » dit-il à haute voix, « Je n’arrive pas à mettre le doigt dessus mais les choses sont différentes. » Il regarda autour de lui d’un air étonné ; le bureau avait son aspect habituel : tapis trop tapageur, trop d’objets d’art hétérogènes, trop de tableaux sans mérite artistique aux murs. Glen Runciter n’avait pas changé ; gris et hirsute, le visage plissé et songeur, il rendit à Joe son regard – lui aussi semblait perplexe. Près de la fenêtre G.G. Ashwood, portant comme d’habitude un élégant pantalon écorce-de-bouleau, une ceinture de chanvre, une chemise ajourée et une casquette d’élève ingénieur, haussa les épaules avec indifférence. Visiblement, il ne percevait rien d’anormal.

   « Rien n’est différent, « dit Pat.

   « Si, quelque chose est différent, » dit Joe. « Vous avez dû remonter dans le temps et nous placer sur une piste différente ; je ne peux pas le prouver et je ne pas non plus préciser la nature des changements… »

   « Pas de querelles de ménage dans mon bureau, » dit Runciter en fronçant les sourcils.

   « Des querelles de ménage ? » fit Joe, pris de court. Il vit alors l’alliance au doigt de Pat : argent et jade. Il se rappelait l’avoir choisie avec elle. Deux jours, pensa-t-il, avant notre mariage. C’était il y a un an, malgré l’état de pénurie financière où j’étais. Bien sûr maintenant ça a changé ; Pat, avec son salaire et sa propension à l’économie, a arrangé tout ça. Pour toujours.

 

3/   Résumé

   Ils serraient de près les hommes de Hollis.

   Pour les neutraliser. Et puis les choses se gâtèrent. Ce voyage sur la Lune était une erreur.

   L’admission de Pat Conley dans le groupe de neutralisation était une autre erreur. Personne ne connaissait l’étendue de ses pouvoirs : elle pouvait manipuler le temps, Joe Chip se dit qu’ils avaient commis une erreur de trop. Le temps s’en allait en lambeaux. Une bouffée de 1939 dérivait en 1992.

   Ou était-ce l’inverse ?

   Par les trous soudain visibles du décor se glissaient ls messages d’Ubik.

   Ubik est partout. Dans ce monde et dans l’autre. Mais qui est Ubik ?

 

Descriptif

Editions Robert Laffont Ailleurs et demain année 1970, Assez Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché grand format de 13,7x21,7 cm, 272 pages



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