Flammarion

DIWO Jean – 249, faubourg Saint-Antoine

Réf: rf-fjdfsa
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Description
Avis

Extraits

1/   Pourquoi certains souvenirs vous reviennent-ils sans se faire prier, tandis que d’autres restent ensevelis dans je ne sais quel recoin du cerveau ? Les neurologues n’ont pas fini d’en discuter. Réjouissons-nous, plutôt, que tant d’années après, des événements, des scènes, des visages oubliés puissent, à votre signal, se rembobiner dans vos neurones et défiler avec netteté sur votre écran personnel. Tenez, il me suffit d’un coup d’œil au coq de Barye qui parade chez moi, fier de son camail, sur la table où je prends mon café, pour me retrouver place d’Aligre où, vers 1920, le dimanche matin, les marchands de choux-fleurs cédaient la place aux brocanteurs.

   Un moment de réflexion, les yeux fermés, et voilà l’image qui bouge. Je tiens la main de mon père, trottine à côté de lui entre les étals de chiffons, de ferrailles, de lunettes usées par des yeux inconnus, de cartes postales du Tréport, de portefeuilles troués, de photos pâles d’enfants tristes, de clés perdues en quête de portes, de bouchons de carafes, d’outils rouillés, d’aquarelles rincées par la pluie et toute une profusion d’objets insolites.

 

2/   C’est à cette époque, je devais aller sur mes huit ans, que mes frères se hasardèrent à dire « le chef » en parlant de papa. Ils répétaient à tout bout de champ : » Le chef n’est pas encore rentré ? Laisse-donc la place du chef ! Heureusement que le chef ne t’entend pas parler comme ça ! » maman avait essayé d’expliquer que ces termes n’étaient en rien respectueux mais André avait répondu qu’au contraire l’appellation de « chef » incarnait la reconnaissance d’une autorité incontestée. Naturellement, je n’avais pas tardé à imiter mes aînés et c’est moi qui, un jour, spontanément, accueillis le père par un vigoureux « Bonsoir chef ! » André et René pouffèrent, maman ne put s’empêcher de sourire et je devins écarlate. Papa, au courant depuis longtemps, me prit dans ses bras et me dit :

   - Toi, tu vas continuer à dire papa. Tu auras le droit de m’appeler « chef » lorsque tu auras dix ans.

   Mais les plis du parler quotidien sont comme ceux de l’éventail, ils ne se laissent pas oublier. Jusqu’à son dernier jour, papa est donc resté « le chef » et lui, qui n’aimait pas l’armée, ni les galons, ne s’en offusqua jamais.

 

3/   Résumé

   249, faubourg Saint-Antoine est le livre d’une maison et d’une famille au temps où ce faubourg avait une âme, celle des gens du bois, des descendants de Boulle, de Riesener, de Jacob. Ces pages arrachées à un passé déjà bien estompé – le récit débute en 1914 – ne sont pas des mémoires. Le « Je » est certes un peu moi mais aussi un autre, plutôt des autres. Et si Jean-Baptiste Benoist, la plus « fine lame » des sculpteurs sur bois, collectionneur fantasque, chef de famille et mari exemplaire, ressemble à Jean-Baptiste Diwo, mon père, il reste un personnage imaginaire, comme les autres acteurs de cette comédie parisienne. Car à travers eux, j’ai souhaité retrouver l’atmosphère si particulière de mon enfance, les copeaux, le bruit de la varlope et l’odeur de la colle d’un quartier aujourd’hui disparu.

 

Descriptif

Editions Flammarion année 2006 ISBN 2080690442, Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché grand format de 13,8x21,2 cm, 272 pages



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