FALLET René – Paris au mois d’août

Réf: rf-cbrfpma
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Description
Avis

Trente pages en ouverture du livre avec interview de l’auteur et de nombreuses photographies

Extrait

1/   de la fenêtre de sa chambre, il regardait les toits en contrebas, les toits de zinc et la verrière des ateliers Chichignoud Fils, chauffe-eaux, robinetterie. A gauche de ces toits, une maison en ruine, éventrée, branlante, et qu’un jour foutrait bas un coup de vent définitif.

   En pantalon, bras de chemise, savates, Henri Plantin regardait les toits du crépuscule, encore ahuris par les soleils de cette fin juillet.

   Là-bas, rue Beaubourg, passaient des automobiles. Et des automobiles.

   Et des automobiles…

   Et des automobiles…

   C’était un autre mouvement de la nature, comme les marées, les saisons et les comètes. Et des automobiles. Puis des automobiles. Plantin ne les voyait plus. Leur bruit lui était celui de la mer aux oreilles d’un marin.

   Il regardait les toits avec satisfaction. C’était sa prairie. Il n’y poussait que des chats et, dès que s’absentaient les chats lui venaient des pigeons de merveille, des pigeons d’un autre monde, d’un monde où l’on disposait d’ailes pour survoler les immeubles. On se mettrait à table dans une demi-heure. Henri goûtait le soir, sa fraîcheur enfin de draps propres.

 

2/   « Tante Louise était très contente de son dessous de plat. Hier nous nous sommes baignés. Il faisait très beau. Nous sommes tous en bonne santé, même Fernand. Dieu merci, en vacances, il se porte toujours mieux. C’est sans doute à cause de l’air qui n’a pas d’oxyde de carbone. Mon chéri, déjà une semaine que tu es tout seul. Comment te débrouilles-tu pour manger ? Pour le midi, je suis tranquille, tu as la cantine, mais le soir ? Ne mange pas trop de conserves. Fais-toi plutôt des œufs et des biftecks. Tu ne dois pas avoir trop de travail, à la Samar. J’ai vu à la télé que Paris était presque désert, etc. »

   La mère Pampine plissa ses petits yeux en rétrécissement d’urètre :

   - Les nouvelles sont bonnes, monsieur Henri ? La petite famille va bien ?

   Comme si elle n’avait pas lu la carte avant lui. Il souffla « Très bien » sans oser la fixer et partit à grands pas. Depuis le départ de Simone, il prenait son café chez Rosenbaum. Dans la rue du Maure, étroit boyau parallèle au passage, les clochards du quartier, Pompidou en tête, apportaient leurs trésors au chiffonnier de gros. Ils arrivaient de toutes parts, insoucieux des sens uniques, tirant derrière leur dos, comme des insectes, à l’aide d’une corde, des ballots de cartons, de journaux, des pyramides branlantes de cageots. Hilares ou mal embouchés, les indigènes de la nuit battaient tous des paupières sous le soleil.

 

Descriptif

Editions Cercle du Bibliophile année 1966, Bon Etat général, couverture rigide, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion relié moyen format de 13,5x18,8 cm, 254 pages



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