Actes Sud

GUELFENBEIN Carla – Le reste est silence

Réf: re-ascgrs
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Description
Avis

Titre original « El resto es silencio »

Traduit du chilien par Claude BLETON

Extraits

1/   Vers dix-sept ans, ma perception du monde était celle d’une maison inhabitée remplie d’eau. Dressée au milieu d’une terre en friche, elle avait un étage, les volets fermés et l’air mélancolique. Un poisson habitait une de ses pièces, à l’abri de la lumière et des regards. Et ce poisson, c’était moi.

   Je vivais alors avec ma mère dans un appartement minuscule et misérable, dans une rue du centre. Papa avait entrepris sa première exploration dans le sud, à la recherche d’un endroit où déménager, et avec Mana – le surnom qu’un gourou avait donné à ma mère – on se débrouillait comme on pouvait. Nos maigres rentrées provenaient des cours de méditation que Mana donnait aux dames riches, et de ce que je gagnais le week-end en faisant les paquets dans un supermarché. Cela n’empêchait pas Mana de ramener de nouveaux amis dans notre appartement tous les après-midis et de jouer de la guitare, d’écouter de la musique et de fumer des joints avec eux jusqu’à une heure avancée de la nuit. Je m’enfermais dans ma chambre, entrais dans ma maison d’eau et m’endormais. Sans difficulté. Là-dedans, je ne percevais ni la fumée ni les amants de Mana. J’étais parfois tellement submergée dans les pièces de ma maison d’eau que je n’entendais pas ce qu’on essayait de me dire.

   Au collège, les choses n’étaient pas très différentes. Je voyais mes copines se regarder dans les glaces, aux fenêtres des salles et des couloirs, leurs jupes devenaient de plus en plus courtes, leurs lèvres plus rouges, leurs yeux plus profonds. Je comprenais assez bien à quoi correspondaient leurs regards lourds d’intentions, je les avais repérés mille fois dans les yeux de ma mère. Mais je vivais dans une maison d’eau et ma peau était immunisée contre ces effluves nouveaux qui leurs traversaient le corps.

 

2/   Résumé

   Tommy a douze ans, et une maladie cardiaque qui lui interdit les jeux turbulents des garçons de son âge. Caché sous une table, il s’amuse à enregistrer sur son mp3 le joyeux verbiage d’un banquet nuptial. Et voilà que l’on parle de sa mère, brutalement disparue dix ans plus tôt. Une brèche s’ouvre dans les secrets si bien gardés d’une famille recomposée, comme il en existe tant.

   La vie que tous croyaient ordonnée et paisible dérape, et les liens se distendent à mesure que l’histoire se tisse. Dans les non-dits de l’autre, chacun cherche sa propre vérité. L’enfant découvre à travers la mort violente de sa mère l’improbable « faute » de la judéité. Le père voit se raviver l’abyssale impuissance à protéger ceux qu’il aime. Et la belle-mère d’affronter une fragilité qui lui vient de l’enfance, une incapacité d’aimer et d’être aimée.

   Le reste est silence explore avec grâce la part d’ombre de chacun – cet infime espace intime auquel même l’amour ne peut donner accès – pour rappeler que c’est l’addition de toutes ces blessures qui constitue la pierre angulaire de l’édifice familial.  

 

Descriptif

Editions Actes Sud année 2010 ISBN 9782742788071, Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché grand format de 11,7x21,8 cm, 318 pages



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