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HARRISON Jim – De Marquette à Veracruz

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Description
Avis

Titre original « True North » Jim Harrison, 2004

Traduit de l’américain par Brice MATTHIEUSSENT

Extraits

1/   deux autres années se sont écoulées avant que ma famille n’aboutît à une désintégration complète. Malheureusement, suite à ma prestation lors de la réunion de famille, mes parents ont oublié Cynthia pour se concentrer sur moi comme fils modèle potentiel, un revirement que Cynthia a trouvé très drôle.

   J’ai constaté tout le bien-fondé de mes efforts en retournant aussitôt à l’atelier pour annoncer à Clarence qu’il n’y avait plus de problème le concernant. Il s’est laissé tomber sur le canapé et Jesse s’est appuyé contre le banc de travail, en salissant les coudes de sa chemise blanche toujours impeccable. A cet instant, Laurie est arrivée par l’allée de derrière, vêtue d’un nouveau bikini extrêmement minimal, elle a agité la main derrière la fenêtre, et Jesse a dit « Caramba », soulagé, Clarence a fait semblant de ne pas voir Laurie, il m’a serré la main en disant « Merci. Je sais que c’est grâce à toi ». Gêné, j’ai senti mes oreilles tinter, puis nous sommes enfin sortis pour examiner et admirer la barque. Jesse, originaire de la ville côtière de Veracruz et fin connaisseur des bateaux, a manifesté quelques réticences, qualifiant néanmoins ma barque de « plus qu’utilisable », une expression empruntée à mon père, tandis que Clarence la jugeait magnifique. En général, les vrais vieux « Yoopers » (les citoyens de la Péninsule Nord) comme Clarence ne s’embarrassent pas de détails. Presque toutes les productions locales témoignent d’une certaine précipitation due à la brièveté du beau temps et à la longueur d’un hiver qui dure souvent sept mois, accompagné de vents violents et glacé qui soufflent du lac Supérieur, quand la couche de neige atteint régulièrement six mètres, ce qui est beaucoup pour une ville qui se trouve au niveau de la mer. Certaines grosses maisons furent construites grâce à la main-d’œuvre étrangère. On m’a dit que les ouvriers qui avaient bâti notre maison avaient été choisis par mon arrière-grand-père dans le Sussex, en Angleterre. L’une des Longyear avait tellement aimé sa demeure qu’elle l’avait fait transporter, pierre par pierre, à partir de Marquette jusqu’à Brookline, dans le Massachusetts, à un coût exorbitant.

 

2/   J’ai roulé toute la nuit pour arriver chez Fred dans l’Ohio aux premières lueurs du samedi matin. Comme je ne voulais pas le réveiller, je me suis garé au début de son long chemin plein d’ornières. La bruine semblait annoncer une pluie drue et j’ai étendu mon sac de couchage sous l’arrière du pick-up, je me suis enduit de crème anti-moustiques et j’ai dormi là quelques heures, me réveillant quand j’ai vu des jambes noires et nues jusqu’aux genoux, une paire de tennis et que j’ai entendu une voix dire :

   « Sors de là, mon gars. »

   Elle s’appelait Riva et elle s’est décrite comme étant l’» assistante » de Fred dans le programme de « rattrapage », qu’elle prononçait »étripage » avec un clin d’œil. Nous sommes partis sur le chemin et j’ai soudain pensé que Fred avait enfin trouvé son Indienne Noire. Originaire de Sapulta, dans l’Oklahoma, elle était mi-choctaw mi-noire.

   « Je n’ai pas rejoint la contre-culture, me dit-elle. Je suis la contre-culture. »

   Elle était grande, mince et assez laide, mais elle réussissait à être sexy à cause de la grâce de ses gestes et de son humour décapant. Elle ne supportait pas le moindre instant de culpabilité blanche. Après mon premier jour d’enseignement, soldé par un échec cuisant, j’ai pathétiquement déclaré :

   « Ils font tellement d’efforts. Je ne suis pas sûr de mériter de vivre sur la même planète qu’eux.

   - Arrête tes conneries, explosa Riva. C’est ton ego pleurnicheur qui parle. Tu es ici pour qu’ils fassent cinq pour cent de progrès par mois en lecture et en écriture. Peut-être un peu plus, mais sans doute moins. Pourquoi parles-tu de toi en disant autant de conneries ? Tu as vraiment la tête dans le cul, mon gars. Tu es censé aider ces gosses, et tu n’y arriveras pas si tu as la tête dans ton cul de riche. »

 

3/   Résumé

   C’est pour régler de vieux comptes avec sa famille fortunée que David Burkett décide de s’exiler dans un chalet de la Péninsule Nord. Son père est une sorte d’obsédé sexuel, un prédateur qui s’attaque à de toutes jeunes filles, tandis que sa mère se réfugie dans l’alcool et les médicaments. Au cours de son passage à l’âge adulte – car il s’agit bel et bien d’un roman d’éducation contemporain -, David fera la connaissance d’un inoubliable triumvirat de jeunes femmes : Riva la Noire, qui a décidé de consacrer sa vie aux enfants miséreux, Vernice, la poétesse affranchie des conventions, et Vera, la jeune Mexicaine violée par le père de David alors que le jeune homme en était amoureux.

   « De tous les talents qui peuvent susciter l’admiration chez un écrivain, il en est un auquel on pense rarement, le plus évident et le plus étonnant peut-être : son aptitude à nous embarquer dans un univers qui n’est pas le nôtre et sa manière, parfois de forcer notre indifférence jusqu’à faire naître l’émotion. » Raphaëlle Rérolle, Le Monde.

 

Descriptif

Editions 10/18 Domaine étranger 3865 année 2006 ISBN 2264041153, Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11x17,8 cm, 496 pages



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