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HEINLEIN Robert – Histoire du futur II – Les vertes collines de la Terre

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HISTOIRE DU FUTUR II

Titre original « The past through tomorrow » Robert A. Heinlein 1967.

Traduit de l’américain par Pierre BILLON et Jean-Claude DUMOULIN

Traductions revues et complétées par Pierre-Paul DURASTANTI

Extrait

1/   Le colonel Towers leva les yeux. « Ah ! John Ezra. Asseyez-vous, Johnny. Cigarette ? »

   Johnny s’assit perplexe mais flatté. Il admirait chez le colonel Towers sa personnalité brillante, son esprit dominateur et ses exploits sur le champ de bataille. Johnny n’avait à son actif aucun exploit de ce genre ; il avait été promu officier après avoir passé son doctorat de physique nucléaire et se trouvait maintenant comme officier subalterne, affecté aux bombes sur la Base Lunaire.

   Le colonel voulait parler politique ; Johnny s’en étonna. Enfin Towers en vint au fait : il n’était pas prudent (selon lui) de laisser les politiciens diriger le monde ; le pouvoir devait revenir à un groupe choisi scientifiquement. En un mot : la Patrouille.

   Johnny fut plus surpris que choqué. En tant qu’idée abstraite, l’opinion de Towers paraissait plausible. La Société des Nations avait échoué ; qu’est-ce qui empêcherait les Nations Unies d’échouer à leur tour et d’ouvrir la voie à une nouvelle guerre mondiale ? « Vous savez quelle horreur serait une telle guerre, Johnny. »

   Il acquiesça. Towers se déclara ravi que Johnny comprenne son point de vue. L’officier supérieur préposé aux bombes pouvait se charger de la besogne, mais mieux valait recourir aux deux spécialistes.

   Johnny se redressa avec un sursaut. « Vous comptez agir ? » Il avait cru que l’officier voulait simplement échanger des idées.

   Towers sourit. « Nous ne sommes pas des politiciens ; au lieu de nous contenter de parler, nous agissons. »

   Johnny émit un sifflement. « Et cela commence quand ? »

   Towers pressa un bouton. Johnny tressaillit d’entendre sa propre voix, et puis reconnut la conversation enregistrée, qui avait eu lieu au mess des officiers subalternes. Une algarade politique qu’il avait quittée – tant mieux, d’ailleurs ! Mais le fait d’être ainsi espionné l’agaçait.

   Towers arrêta l’appareil. » Nous avons agi, dit-il. Nous savons qui est sûr et qui ne l’est pas. Prenez Kelly… » Il fit un geste dans la direction du haut-parleur. « On ne peut pas tabler sur lui politiquement. Vous avez remarqué son absence au petit déjeuner ?

 

2/   Les deux heures suivantes ont été assez atroces. On nous a permis de nous asseoir juste à l’extérieur du poste de commande, d’où on entendait, dans le haut-parleur M. Perrin diriger les recherches. Je croyais qu’ils allaient localiser le moutard dès qu’ils utiliseraient le radiogoniomètre – en se guidant sur les ondes parasites générées par les circuits électriques de sa combinaison, puisqu’il se taisait, mais ils n’ont pas eu cette chance ; leur appareil n’a rien donné. Et les équipes de recherche ne trouvaient rien non plus.

   Ce qu’il y avait de plus affreux, c’est que ni papa ni maman n’essayaient même de me faire des reproches. Maman pleurait doucement et papa s’efforçait de la consoler, et lorsqu’il tournait les yeux vers moi, il avait une expression bizarre. Je pense qu’il ne me voyait pas, mais il devait se dire que, si je n’avais pas insisté pour visiter la surface tout ça ne serait pas arrivé. « Ne me regarde pas comme ça papa. Personne ne m’a demandé de le surveiller. Je croyais qu’il était avec maman. »

   Il s’est contenté de secouer la tête sans un mot. Il semblait fatigué, comme ratatiné. Mais maman, au lieu de m’accabler et de crier, a cessé de pleurer pour sourire. « Viens ici, Dickie. » Et elle m’a entouré de son bras. « Personne ne te reproche rien. Quoi qu’il arrive, ce n’est pas ta faute. Rappelle-toi ça, Dickie. »

   Je l’ai laissée m’embrasser et je suis resté près d’eux un moment, mais je me sentais plus malheureux qu’auparavant. Je pensais au moutard, là-bas, avec sa provision d’oxygène qui s’épuisait. Ce n’était peut-être pas ma faute, mais j’aurais pu l’empêcher et je le savais. Je n’aurais pas dû me reposer sur maman pour veiller sur lui, elle ne vaut rien pour ces choses-là. Maman, c’est le genre à égarer sa tête – le genre décoratif. Elle est foncièrement bonne, comprenez-moi bien, mais elle n’a pas deux sous de sens pratique.

 

Descriptif

Editions Folio SF 208 de 2005 ISBN 2070317536, état général Moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués, pages moyennement jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11x18 cm, 352 pages



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