Hatier

HOULIARAS Nikos – Je m’appelle Loussias, moi

Réf: re-hnhjalm
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Description
Avis

Traduit du grec par Martine BERTRAND et Vasso HUDELOT

Introduction de Michel GUERIN

Extrait

1/   Introduction de Michel Guérin

   Le nom Loussias, dont s’intitule ce singulier ouvrage, n’est prononcé qu’à la fin ; il forme même, à la lettre, le dernier mot du roman. L’ultime chapitre étant une répétition du premier, on comprend que le récit « raconté par un idiot comme le dit Shakespeare, se passe dans la cervelle d’un simple d’esprit. Je risquerai l’antiphrase : selon un mode très particulier, Loussias est un « Bildungsroman », un roman d’éducation.

   Cela ne signifie pas, bien entendu, qu’on assiste à la métamorphose du crétin en sage. Le crétin reste ce qu’il est et même s’y endurcit ; il fait, si je peux dire, le tour du propriétaire de la seule chose qui lui appartienne dûment à ses propres yeux, sa pauvre cervelle enregistreuse. En cela, Loussias n’accomplit pas moins que d’autres plus nobles aventures l’essence du roman de formation, qui n’est pas un progrès mais un retour. Lorsqu’au lecteur (et au gendarme de l’histoire) il livre finalement son nom, l’idiot à sa mesure, a compris comme le génie le plus vaste, et je le cite, qu’il n’y a « rien derrière le miroir, rien derrière la montagne ». Il a réduit le monde à son expérience, c’est-à-dire à son récit.

 

2/   Après, mon oncle Apostolos est arrivé, il m’a dit qu’il était mon oncle. Et que s’il allait à Ioannina, il m’emmènerait. On irait ensemble, c’était mon oncle, c’est pour ça ! Moi je le savais bien  que c’était mon oncle, c’est à cause de ça qu’on y est allé. On a quitté le village et on est arrivé à Ioannina.

   Quand on est arrivé, il tombait des cordes et il y avait un monde fou. Et moi si j’en avais envie, je pouvais voir des infirmières et aussi des soldats, parce qu’il y avait beaucoup de soldats à Ioannina. Il y avait aussi d’autres gens qui n’étaient pas soldats. Et ceux-là, les autres, allaient et venaient dans les boutiques et devant les boutiques. Il y avait même des gens de mon village à Ioannina.  Mais il y avait aussi des bonbons. Ils étaient de toutes les couleurs ces bonbons, moi je le sais, parce que je voyais des enfants qui en mangeaient. Et je me dis maintenant que c’était drôlement bon, parce que moi aussi j’en ai mangé un jour. D’autant plus qu’ils étaient de toutes les couleurs. Il y en avait des rouges, et des verts et des jaunes ! On les regardait, ou on les mangeait, on faisait comme on voulait. C’est pour ça que moi je dis qu’ils étaient bons, parce qu’ils étaient de toutes les couleurs.

 

Descriptif

Editions Hatier année 1993 ISBN 2218058324, Assez Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,3x18,2 cm, 212 pages



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