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JAENADA Philippe – Le chameau sauvage

Réf: rf-jal4952
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Description
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Extraits

1/   Chacun me tenant par un coude, les deux as de la capture m’ont traîné sans ménagement à travers la grande salle sinistre du commissariat, et m’ont jeté sur un banc au fond.

   - A partir de maintenant, m’a indiqué le mâle, à chaque fois que tu ouvres ta gueule, tu pends une mandale.

   - D’accord.

   - Ta gueule.

   J’étais assis près de trois ou quatre types éteints comme de vieilles lampes au fond d’une remise, menottés eux aussi, l’air amer mais résigné. Ils ne m’accordaient pas la moindre attention et, de mon côté, je n’ai pas cherché non plus à briser la glace, car je ne les sentais pas très sociables – de toute manière, pour éviter la mandale, il aurait fallu que je m’exprime pas gestes ( et encore, avec les menottes… par grimaces, plutôt, ce qui n’est pas terrible pour lier connaissance). Pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’éprouver un sentiment de fraternité à l’égard de ces proies de police, pauvres gibiers de potence. La différence, bien sûr, et malheureusement pour eux, c’est que j’allais être relâché dans quelques minutes. Et je ne pourrais rien pour eux. J’éprouverais sans doute un peu de honte, à partir ainsi, sans me retourner. Bah.

 

2/  J’ai eu l’idée de commencer par les faibles. Je sais bien que cela ne signifie pas grand-chose, que les plus petits et les plus fragiles peuvent vous envoyer des torgnoles comme les autres, mais je me disais qu’à tout prendre, puisqu’il fallait retourner dans la forêt, mieux valait emprunter les chemins fréquentés par les malheureux, les chétifs, les vulnérables, plutôt que d’approcher directement les gros costauds dangereux qui vous tombent dessus du haut des arbres.

   Une fois à l’intérieur, je verrais bien.

   Je me suis glissé dans mes grosses chaussures, j’ai enfilé mon manteau, pris mon sac matelot en bandoulière et me suis engagé timidement sur le trottoir avec la ferme intention de ne m’adresser dans un premier temps qu’aux faibles. D’abord le coiffeur, tiens, histoire de conjurer le sort et de repartir sur de bonnes bases.

   J’allais passer devant sa boutique, voilà ce que j’allais faire, j’allais lancer un œil nucléaire à l’intérieur pour laisser entendre que je n’étais peut-être pas un agneau pacifique et qu’il pourrait lui en cuire de m’avoir joué ce sale tour avec les flics, je m’arrêterais même un moment devant la vitrine sans le lâcher du regard. Et je me masserais le menton, pour le glacer d’épouvante. Gros vieux, fébrile, mentalement instable, l’ennemi idéal à terrasser d’un battement de cils : parfait pour se faire la main, pour entrer dans la partie. Je lui foutrais la trouille de sa vie, à cette blatte. A nous deux, vieil homme.

 

3/   Résumé

   Halvard Sanz est un gentil garçon. Signe particulier : doué pour les catastrophes en série. Il y a des gens qui n’ont pas de chance, mais qui, genoux à terre, toujours se relèvent. Halvard est de ceux-là. Quête initiatique, roman picaresque, amour allégorique, loufoques aventures servies par une verve intarissable… mais le chameau sauvage dans tout ça ? Quand vous en connaîtrez le principe, comme Halvard, vous verrez la vie déféremment.

   « Philippe Jaenada possède un art consommé de la mise en scène burlesque qui, au hasard de situations abracadabrantes, parle avec élégance du malaise existentiel contemporain. » Jean-Rémi Barland. Lire

 

Descriptif

Editions J’ai lu Nouvelle génération 4952 année 2007 ISBN 9782290349533, Etat général Moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x18 cm, 384 pages



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