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KENNEDY Douglas – Cet instant-là

Réf: re-bdkil
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Description
Avis

Titre original « The moment »

Traduit de l’anglais par Bernard COHEN

Extrait

1/   J’ai toujours voulu m’échapper. Cette pulsion m’habite depuis mes huit ans, depuis ma première découverte des délices de l’évasion.

   C’était un samedi de novembre et mes parents se disputaient à nouveau. Rien d’exceptionnel à ça : ils se chamaillaient sans arrêt. A l’époque, nous habitions un quatre-pièces au coin de la 19e Rue et de la Deuxième Avenue. J’étais un gosse de Manhattan pure souche. Mon père était cadre dans une agence de publicité, un « administratif » qui avait toujours rêvé d’être un « créatif » mais n’avait pas le « don des mots » pour concevoir des slogans publicitaires. Maman était femme au foyer, après une brève carrière d’actrice qui avait précédé ma venue au monde. L’appartement était exigu – deux chambres tout en longueur, un petit salon et une cuisine – salle-à-manger encore plus étriquée, bref un espace incapable de contenir les frustrations que mes parents se jetaient réciproquement à la figure jour après jour.

   C’est seulement des années plus tard que j’ai commencé à comprendre l’étrange dynamique qui s’était instaurée entre eux, ce besoin irrépressible de s’emporter à propos de tout et de n’importe quoi, de vivre dans un éternel hiver d’insatisfaction. En ce temps-là, je savais uniquement que ma maman et mon papa ne se supportaient pas. Le samedi de novembre en question, une de leurs disputes s’étaient envenimée. Mon père avait dit quelque chose de blessant, ma mère l’avait traité de salaud avant d’aller s’enfermer dans leur chambre, claquant la porte derrière elle. J’ai levé les yeux de mon livre. Papa agrippait d’une main la poignée de la porte d’entrée, visiblement prêt à l’ouvrir et à s’en aller loin de tout ce gâchis. Il a fouillé la poche de sa chemise pour en sortir une cigarette, qu’il a coincée entre ses lèvres et allumée. Quelques longues bouffées lui ont permis de reprendre le contrôle sur sa fureur. C’est alors que j’ai posé la question qui me démangeait depuis des jours :

   - Je peux aller à la bibliothèque ?

   - Pas possible, Tommy. Je file au bureau. J’ai un travail à terminer.

 

2/   - Je suis un camé assez pointilleux, m’a annoncé Fitzsimons-Ross tout en sirotant la tasse de thé que je venais de lui verser.

    Sans commentaire, je lui ai tendu la liasse de billets, sept cent deutschemarks. Il a sorti une clé de sa poche, l’a fait glisser sur la table dans ma direction.

   - C’est pour vous. Vous vous installez quand vous voulez.

   - Je pensais apporter mes affaires demain et emménager pour de bon vendredi.

   - Comme vous voulez. Ne vous inquiétez pas. Tout est clair et net, ici. Les choses sont sous contrôle.

    Je n’ai rien dit. Il faisait visiblement d’énormes efforts pour rester lucide en dépit de la sérieuse dose d’héroïne qu’il avait dû prendre. C’était un aperçu de la dualité infernale d’Alastair Fitzsimons-Ross que j’allais découvrir peu à peu. La rudesse de ses manières, l’agressivité de ses propos – et leurs relents antisémites qui allaient se faire plus explicites encore par la suite -, le fait que je l’aie surpris en train de se shooter ou, plus tard ramassé dans sa chambre un petit voyou kurde qu’il avait ramassé dans les toilettes de la gare la plus proche, tout cela n’importait en aucune façon. L’essentiel, c’était de préserver les apparences. Il était résolu à se montrer sous son meilleur jour même si, comme j’allais m’en rendre compte, la façade du cynique au langage de charretier craquait quelquefois.

 

3/   Résumé

   A la fois drame psychologique, roman d’idées, roman d’espionnage, mais surtout histoire d’amour aussi tragique que passionnée, une œuvre ambitieuse portée par le talent exceptionnel de Douglas Kennedy.

   Ecrivain new-yorkais, la cinquantaine, Thomas Nesbitt reçoit à quelques jours d’intervalle deux missives qui vont ébranler sa vie : les papiers de son divorce et un paquet posté d’Allemagne par un certain Johannes Dusmann. Les souvenirs remontent…

   Parti à Berlin en pleine guerre froide afin d’écrire un récit de voyage, Thomas arrondit ses fins de mois en travaillant pour une radio de propagande américaine. C’est là qu’il rencontre Petra. Entre l’Américain sans attaches et l’Allemande réfugiée à l’Ouest, c’est le coup de foudre.

   Et Petra raconte son histoire, une histoire douloureuse et ordinaire dans une ville soumise à l’horreur totalitaire. Thomas est bouleversé. Pour la première fois, il envisage la possibilité d’un amour vrai, absolu.

   Mais bientôt se produit l’impensable et Thomas va devoir choisir. Un choix impossible qui fera basculer à jamais le destin des amants.

   Aujourd’hui, vingt-cinq ans plus tard, Thomas est-il prêt à affronter toute la vérité ?

 

Descriptif

Editions Belfond année 2011 ISBN 9782714443984, Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché grand format de 15,7x24,2 cm, 506 pages



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